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Expérimenter les apprentissages

Apprendre en faisant plutôt qu’en écoutant est une démarche de base des pédagogies actives, et notamment celle de Maria Montessori basée sur l’apprentissage kinesthésique. Ainsi, l’apprentissage se fait au contact du réel, par des mises en situation.

 

Le learning by doing et l’event-based Learning

Ici les apprentissages se font par l’action et la mise en situation : il faut expérimenter, essayer, se tromper pour apprendre… Un peu comme le font spontanément les jeunes enfants !
Et l’apprentissage par projet présente de multiples atouts : il favorise l’entraide et la responsabilisation puisque chacun est garant de la réussite du projet mené collectivement. Si un élève se trouve en difficulté, le groupe va chercher à le faire progresser (c’est quand même radicalement différent de l’approche traditionnelle où on valorise la compétition entre élèves à la poursuite d’une réussite individuelle).
Autre atout : les apprentissages ne sont pas uniquement centrés sur les connaissances théoriques et les compétences techniques mais également sur les savoir-faire et savoir-être comme la résolution de problème, le management ou encore la prise de décision.
Centrale Lille et 42 ont adopté cette méthode d’apprentissage délinéarisée où chacun vient apprendre au fil des problèmes rencontrés et du livrable à produire.

 

La formation expérientielle et le mécénat de compétences

La formation expérientielle consiste à apprendre par l’expérience ainsi qu’apprendre de l’expérience d’un mentor. C’est une approche qui n’est pas nouvelle puisqu’elle est employée par les Compagnons du tour de France en artisanat.
Aujourd’hui, certains ont tiré le fil de cette approche par l’expérience et transposé l’intérêt de la démarche à d’autres types d’organisation et à d’autres métiers. C’est par exemple, le cas du LabRH, qui propose à des entreprises de procéder à des échanges d’employés afin de favoriser le transfert de compétences.
C’est le cas également d’une approche par mise en situation, aujourd’hui utilisée dans la faculté de Médecine Pierre et Marie Curie à Paris pour former les médecins à l’empathie*.
Dans une logique d’intérêt général, certaines entreprises pratiquent également le mécénat de compétences visant à mettre à disposition, sur le temps de travail, les compétences de salariés volontaires. Ainsi, la formation s’inscrit dans le bien commun et permet aux salariés de soutenir l’action d’une association par l’acquisition de nouveaux savoir-faire.

 

* via l’option “médecine théâtre et vidéos” https://www.franceinter.fr/emissions/grand-angle/grand-angle-20-fevrier-2017

 

Autonomiser le parcours de formation

 

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Les nouvelles formes d’apprentissage favorisent les démarches d’autodidacte, a minima sur de micro apprentissages (notamment tous les savoirs disponibles en e-learning, les MOOC entre autres). Leur essor est imbriqué dans les nouveaux usages numériques : avec un besoin d’autonomie dans l’apprentissage accru, le fait qu’un encadrement n’est pas toujours souhaité ni souhaitable, une exigence de respect des rythmes individuels.
Au final, bien appliquée, cette autonomie dans l’apprentissage peut se traduire par une plus grande motivation à apprendre, plus de curiosité et plus de plaisir.

 

L’autoformation

Le digital permet aux apprenants de respecter le besoin d’autonomie dans les apprentissages : nombreuses sont les sources de formations disponibles en ligne comme les MOOC (par exemple celles des universités en ligne dites FUN). Des parcours plus traditionnels favorisent également ce mode d’apprentissage, comme Centrale Lille qui a ainsi remarqué que les apprenants avaient gagné en autonomie dans la construction de leur parcours professionnel d’ingénieur.
En outre, l’autoformation permet à chaque individu de développer ses capacités d’apprentissages et ainsi, d’être en mesure d’inventer des solutions face à de nouveaux obstacles.
Enfin, l’autoformation permet de s’appuyer sur le principe d’auto-efficacité (self-efficacy) cher à Albert Bandura selon lequel, plus un individu a confiance en sa capacité à apprendre, plus il se fixe des objectifs élevés et est engagé dans leur poursuite. Une manière de réduire le taux d’abandon souvent élevé en formations à distance ?

 

La pédagogie par projet (bis) et l’individualisation des rythmes d’apprentissage

Evidemment, toutes ces nouvelles formes d’apprentissage finissent par se recouper à un moment ou à un autre. La pédagogie par projet permet, nous l’avons vu, d’expérimenter les apprentissages. Le Learning-by-doing permet également de respecter les rythmes d’apprentissage individuels, ce que 42 appelle le décloisonnement temporel. Puisque l’apprentissage se fait dans l’émulation d’un projet concret, chacun progresse à son rythme en fonction des situations et des problèmes à résoudre. Comme l’objectif est fixé collectivement, un individu n’est pas laissé « sur le bord de la route » et à la fin du projet, chacun a acquis les compétences et savoir-faire nécessaires.

 

La pédagogie inversée ou flipped classroom

En formation inversée, la théorie est fournie en amont aux apprenants et le temps en présentiel est alloué à la mise en application, à la pratique.
Là aussi, il s’agit de respecter les rythmes et méthodes individuels sur l’étape d’intégration de notions théoriques avant de repasser à une approche collective comme les modes de projet mais également les travaux d’exploration, les activités de recherche et de réflexion en groupe.

 

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