Avec l’évolution des manières de travailler, la transformation des organisations, les nouveaux usages et besoins induits par le numérique vient l’évolution – nécessaire – des contours de la formation professionnelle.

 


Les nouvelles démarches se multiplient (auto-formation, enseignement par les pairs, réseaux d’entraide…), chacune avec des sources d’inspiration variées (et souvent mixées) : les grandes méthodes pédagogiques nées dans l’entre deux guerres comme Montessori, Decroly, Freinet, Steiner ; les découvertes en sciences cognitives ; mais aussi les méthodes de travail issues de l’IT…
A l’origine de ce renouveau des modes de formation, une envie : celle de trouver la, ou plutôt les méthodes qui permettront de mieux apprendre selon trois grands principes. Le premier principe, le plus vital, celui de réintroduire le plaisir d’apprendre. C’est le principe des pédagogies actives qui recherchent une expérience « joyeuse et enrichissante » de l’apprentissage. Le second principe, est d’en finir avec l’enseignement vertical, c’est-à-dire celui qui oppose sachant et apprenant. Enfin, le dernier, est de susciter l’intérêt et la curiosité pour réveiller la créativité.

 

Décloisonner la formation

 

nouveaux-modes-formation

 

A la fois induit par les innovations digitales et les modes de travail de l’IT, plus participatifs, la formation évolue progressivement d’une approche verticale (un formateur omniscient debout devant une classe de formés ignorants) vers une formation collaborative. Chacun devient acteur de sa formation, et en ce sens les outils numériques sont d’une grande aide.
La révolution est majeure car elle permet également aux apprenants de passer d’une posture individualiste et compétitive à de l’entraide entre les apprenants.

 

L’apprentissage par les pairs ou le Peer-to-peer Learning

C’est toute la démarche du Peer-to-peer Learning, qui supprime le lien de subordination entre les étudiants et les formateurs. Dans cette approche, chaque participant est tour à tour apprenant et formateur. Dans cette logique, c’est le collectif qui permet à chacun d’apprendre et de progresser. Et l’enjeu est bien là : faire progresser le groupe et non le seul individu.
Et ça marche ! L’école 42 qui utilise cette méthode pédagogique a ainsi été élue meilleure école de code du monde.*

 

* Le classement 2017 des meilleures écoles de code a été établi par la plateforme de programmation informatique ludique CodinGame, il couronne un trio d’écoles françaises: l’école 42, l’Ensimag Grenoble et l’Insa Toulouse sur un panel de 13.000 étudiants issus de 700 écoles.

 

La co-formation

Également utilisée par 42, la co-formation favorise une forme d’entraide intéressante : elle est basée sur le croisement des savoirs et des pratiques et s’enrichit du mélange des profils. En terme de stimulation de la créativité, la co-formation est une richesse hors du commun. D’un point de vue RH, c’est une formation « sur le tas » au management de la diversité. Que du positif en somme !

 

Le social Learning et les réseaux d’entraide

L’apprentissage social est une forme d’apprentissage par l’observation des autres et qui ne nécessite pas toujours une mise en application. Cette approche a notamment été théorisée par Albert Bandura, psychologue canadien. Ainsi, c’est par la « connexion aux autres »* que se fait l’apprentissage et en ce sens, les outils digitaux permettent de démultiplier cette forme d’apprentissage par la création de réseaux d’entraide. Les apprenants créent des groupes de discussions, des espaces de travail virtuel, commentent les publications des autres sur Facebook. Ils renouvellent ainsi le partage d’information, le travail collaboratif et la co-construction.
Là aussi, l’apprentissage se fait sans l’intervention d’un « sachant » unique.

 

* citation de Frédéric Domon dans le Nouvel Economiste

 

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