Le déconfinement progressif questionne notre rapport au travail, en termes de rythme, de relations et d’organisation. Une vaste enquête a été menée sur les attentes des Français pour le « retour au bureau » et les conséquences que la crise sanitaire aura sur l’organisation du travail. Son initiateur est La Villa Bonne Nouvelle d’Orange, une communauté de startups dédiées aux nouvelles façons de travailler et à l’agilité collective. Les résultats et verbatims  des 560 répondants permettent de tirer les enseignements suivants sur les besoins des Français.

  1. Besoin de souplesse et d’autonomie dans l’organisation du travail. Les répondants sont en attente d’une organisation multi-sites du travail pour accompagner leur besoin d’autonomie.
    • 62% souhaitent télétravailler 2 jours par semaine
    • Le besoin d’autonomie après le déconfinement apparaît dans le top3 des priorités pour 36,5% des répondants.
  1. Besoin de sens. L’importance de sentir la valeur et l’utilité de son travail ressort sans surprise. La crise du Covid-19 exacerbe cette quête car elle soulève des questionnements pour l’avenir :
    • Les 2 principales priorités des répondants[1] vont dans ce sens : « La quête de sens de son travail », pour 47% des répondants voire « Un changement dans la nature de la relation avec son employeur » (37%).
    • Plus globalement, pendant le confinement, 81% ont réfléchi à l’utilité ressentie de leur travail et 77% s’interrogent sur leur rôle et la suite de leur carrière

Les résultats ci-dessus mettent en exergue la nécessaire évolution du rôle du manager qui doit faire émerger ce sens.


  1. Besoin de coopération et de liens. Si la quête de sens écrase les résultats, lorsque les répondants reviendront au bureau ils souhaitent ensuite y trouver de la chaleur humaine et de la collaboration.
    • Coopération, motivation, liens, confiance, implication sont les principaux mots clés issus des 150 verbatims qui complètent l’étude. Le besoin de maintenir le sentiment d’appartenance à son équipe, de se coordonner et d’éviter l’isolement ressort de cette expérience de télétravail imposé.
    • Les répondants redoutent d’ailleurs les effets du télétravail généralisé sur les liens avec leur collègues (47%). En conséquence, la coopération a été la principale difficulté dans le travail à distance en période de confinement. Le top 3 des difficultés vécues à ce sujet étant : le manque de convivialité dans les relations (45% le placent dans le top 3), la difficulté pour sentir comment vont les autres (32% dans le top 3), la difficulté à ressentir l’accord ou pas sur les propositions voire à faire passer certains messages (31% dans le top 3).
    • L’intention de se former porte d’ailleurs en priorité sur l’intelligence collective pour 52% des répondants, voire sur la posture du manager-coach (35%). Ce chiffre fait écho au fait que 53% des répondants réalisent à travers le confinement, que le contact humain réel est préférable à toute autre forme de relation, plus profond, précieux et efficient.

 

Ressort en filigrane de cette étude le constat que seules la profondeur et la fréquence du contact humain permettent de créer les conditions de la confiance, indispensable pour collaborer à distance.

Comme nous allons encore être privés un certain temps de ce contact, demain, pour créer de la valeur, on se verra moins et il faudra donc se voir « mieux ». Comptons sur les outils digitaux et l’organisation du travail pour nous permettre d’aller chercher cette profondeur et ce « mieux ».

Propos recueillis par Alexia de Bernardy, auteure de « Moteurs d’engagement : 365 actions pour mieux travailler ensemble » auprès des startups lauréates de la Villa Bonne Nouvelle d’Orange : Ask Nath, Autrement Formations, Coachizy, Coworklib, Digital Building Factory, Hono agency, Humoon, laWEbox, My Dynamic Workplace. Retrouvez L’intégralité des résultats.

 

[1] La question porte sur le Top 3 des attentes sur une quinzaine de possibilités