Si l’état d’esprit des salariés français s’améliore un peu dans la perspective d’une sortie du confinement, la reprise d’activité laisse toutefois émerger de nouvelles craintes… et de nouveaux espoirs.
 

Il y a une vingtaine de jours, le groupe ITWP publiait une vague d’enquêtes à la fois rassurantes – les salariés s’acclimataient plutôt bien aux nouvelles situations de travail – et inquiétantes – la productivité et l’engagement étaient significativement en baisse. Les salariés à travers le monde faisaient part de leurs fortes inquiétudes pour l’avenir, et un tiers d’entre eux déclaraient que leur état de santé, aussi bien physique que psychologique, s’était dégradé. Alors que le confinement se poursuit, une 2ème vague d’enquêtes a été réalisée pour examiner l’évolution des états d’esprit à la perspective du retour au travail.


 

Le télétravail plus prisé que jamais

37 % des salariés français interrogés travaillent toujours depuis leur domicile tandis que 29 % se rendent sur leur lieu de travail habituel. Les autres, un peu moins nombreux qu’au début du confinement, sont pour la plupart en situation d’arrêt de travail en raison de la pandémie. Les salariés en situation de télétravail semblent s’être progressivement adaptés à leurs nouvelles conditions de travail. Après plus d’un mois de confinement, 77 % d’entre eux indiquent être confiants dans leur capacité à travailler avec moins d’interactions avec leur manager, et déclarent être à l’aise pour communiquer via des outils à distance. Si les salariés sont aussi positifs quant à leur nouvelle situation de travail, c’est peut-être parce qu’ils déclarent bien suivre les recommandations associées au télétravail : échanger régulièrement avec ses collègues, prendre des pauses régulièrement et aménager le poste de travail en fonction de son confort. Au total, les trois quarts des salariés en situation de télétravail déclarent aujourd’hui faire preuve d’autodiscipline. Si faire preuve d’autonomie dans un tel contexte est nécessaire, le travail à distance, pour gagner en efficacité, doit également être facilité par le manager dont les missions doivent se poursuivre à distance. Durant cette période de crise, ils sont plus que d’habitude une courroie de transmission entre l’entreprise et les salariés. Dans ce contexte, les salariés français attendent principalement d’être tenus au courant des différentes décisions prises par l’entreprise, à l’image du recours au chômage partiel ou de la date de reprise de l’activité. 

 
L’engagement et la productivité à l’épreuve

Il y a trois semaines, une majorité relative de salariés français estimaient que leur productivité avait baissé, au même titre que leur charge de travail. Le constat est toujours vrai, même si on observe une amélioration en la matière. Il est important de relever en parallèle un niveau d’engagement qui repart à la hausse bien qu’inférieur à celui d’avant-crise. La perception des salariés sur leur état de santé a tendance à s’améliorer, qu’il soit physique ou mental. Ceux qui indiquent se porter moins bien physiquement qu’en temps normal incriminent surtout le manque d’activité physique et une alimentation moins saine. Un quart des salariés dit avoir augmenté sa consommation de cigarettes. Ceux qui se sentent moins bien psychologiquement font part de leurs angoisses, globalement à l’égard du Covid-19 et de l’avenir, mais aussi et surtout pour leur propre santé et celle de leurs proches. Peu de salariés français sont stressés par l’idée de perdre leur emploi, par rapport aux salariés espagnols, australiens ou encore américains. L’état d’esprit s’améliore donc, au fur et à mesure que les français entrevoient les esquisses d’une sortie de confinement, mais nous sommes toujours assez loin des conditions de travail normalisées, propices à une efficacité retrouvée.

Des inquiétudes et des attentes

70% des salariés français évaluent plutôt positivement les communications faites par l’entreprise sur la pandémie et ses conséquences sur le business. Des résultats qui tendent même à se consolider, signe que toutes les parties-prenantes stratégiques de l’entreprise ont pris conscience de la nécessité de communiquer en temps de crise. Si les attentes d’informations demeurent fortes concernant la santé des collègues (40%), ou sur les manières de travailler efficacement dans la période de confinement (31%), les français sont à présent nombreux à souhaiter que l’entreprise leur donne concrètement des informations pratiques sur le retour au travail. En ce qui concerne la perspective du retour au travail, les salariés affichent du soulagement, mais également de la nervosité. Comme pour la gestion de crise, une majorité de salariés dit avoir confiance en son employeur pour organiser au mieux la reprise de l’activité de tous sur le lieu de travail (64%).

Une prédominance de soulagement et une confiance majoritaire dans la capacité de l’entreprise à bien organiser le retour au travail s’accompagne d’une baisse de l’inquiétude sur la plupart des sujets, de la santé des collègues aux perspectives économiques à venir. Si l’on observe une décrue de l’inquiétude en France, de nouvelles questions se posent sur les changements susceptibles d’intervenir dans le monde du travail alors que le déconfinement se profile. Parmi ces changements positifs, on retrouve la propreté des locaux et l’hygiène des salariés, le recours facilité au télétravail et l’utilisation accrue des outils de réunions à distance et des outils collaboratifs. Enfin, si des bénéfices sur le travail sont à attendre en sortie de confinement, 3 salariés français sur 10 pensent qu’ils auront davantage de pression et de charge de travail qu’avant le confinement, et 1 sur 5 craint un accroissement des licenciements. Les niveaux d’inquiétude sur les situations sanitaire et économique tendent à se résorber légèrement, la sortie de crise étant porteuses d’espoirs grâce à la digitalisation et de craintes en vue d’une pression accrue.

 

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