« Je suis comme je suis, Je suis faite comme ça… » En écrivant l’un de ses plus beaux poèmes, Jacques Prévert dressait le portrait d’une femme libre, de celle qui s’affranchit de tous les codes… Une femme qui s’assume avec panache, à la manière de Sandra Sisley, une influenceuse et fêtarde invétérée (c’est ainsi qu’elle se définit) qui mène d’une main de maître son agence de communication et d’événementiel Sandra & Co. Son énergie contagieuse enflamme depuis cinq ans les nuits de Cannes où elle ouvre une suite durant le festival : sur le rooftop qui domine le Palais se succèdent les équipes de films, les journalistes, les comédiens et les noctambules dans une joyeuse confusion encadrée par une équipe de choc de quinze personnes. Rencontre en direct de Cannes.

 


Suite Sandra & co de Sandra Ssiley à Cannes
Suite Sandra & co de Sandra Sisley à Cannes

 

Comment définir l’agence Sandra & co ?

C’est de l’événementiel et où je fais des passerelles entre des gens qui ont du talent… C’est mon talent à moi et cela me procure toujours beaucoup de plaisir !

 

Et durant le festival de Cannes, que se passe-t-il dans votre suite ?

Tout au long de la journée il y a les Press junket, c’est-à-dire des équipes de films qui viennent rencontrer les journalistes et faire des séances de shooting. Des rendez-vous auxquels j’ajoute un grain de folie et d’humour en animant la journée avec un bingo ou encore la fashion police (décryptage en direct de la montée des marches depuis la vue privilégiée de la terrasse). Et puis le soir, il y a les soirées de films et toujours plus de folie, voire, quelqu’un qui termine dans la piscine. J’aime faire les choses sérieusement sans me prendre au sérieux.

 

Vous faites également partie du monde des influenceurs ( 90k followers Instagram)…

Oui, j’aime beaucoup animer mon compte Instagram même si ce n’était pas lié à mon activité d’événementiel au départ. J’ai débarqué sur les réseaux sociaux à la suite d’une déconvenue sentimentale. Pour être transparente – comme je tiens toujours à l’être – à la suite de cette rupture où je m’étais fait « larguer », je ressentais un mélange de honte sociale et de culpabilité. M’exprimer sur Instagram à ce moment de ma vie m’a libérée et je l’ai fait avec spontanéité, sans masquer la réalité, comme ma tête d’un lendemain de fête ou encore la fatigue d’une maman qui court partout. Cette sincérité « sans fard » à travers ma personnalité très extravertie a fédéré des femmes qui se sont senties concernées. Attention, à aucun moment je ne me sens contrainte, et je pourrais arrêter immédiatement si j’en avais marre.

 

Que pensez-vous des « trolls » qui n’apprécient pas toujours la liberté que vous incarnez ?

Oui, j’ai une personnalité clivante qui n’a pas peur d’être sexy, de se montrer, de s’exprimer. Je comprends que des personnes n’aiment pas ou se sentent « agressées » par cette exposition où je ne m’impose aucun carcan, mais j’assume ce que je suis. C’est le prix à payer sur Instagram mais je ressens majoritairement de la bienveillance. La dérive des posts haineux, de ceux qui manquent d’éducation et de courage, est malheureusement plus fréquente sur Twitter.

 

Marguerite Yourcenar a dit «  le conformisme est une très mauvaise maladie ».

Je me sens guérie ! Aujourd’hui, j’essaie de vivre en accord avec mes envies sans être enfermée dans le ghetto de la femme parfaite, ou plutôt calée sur un modèle politiquement correct.

 

Cette liberté d’esprit vous la conservez dans votre vie professionnelle ?

Oui, je suis entrepreneuse pour pouvoir à la fois gérer ma vie de famille, mon indépendance financière et mon autonomie artistique et de décision. Etre indépendante c’est pouvoir choisir sa prison, c’est ce que j’ai fait en travaillant beaucoup pour être bonne dans ce que j’entreprends.

 

La petite phrase qui vous trotte dans la tête ?

« Ne te venge pas, sois heureuse, c’est pire » : l’aptitude au bonheur est le meilleur moyen de se protéger. Il faut se débarrasser de l’amertume et aller de l’avant.

 

Vos projets à venir ?

Un projet caritatif de rallye automobile de femmes en Laponie. J’avais déjà organisé une course « Talent Pointe » au Mans avec des femmes inspirantes ( photographes, actrices, entrepreneuses…) qui couraient chacune pour une association. J’ai eu envie de renouveler ce moment très fort qui permet de fédérer les femmes autour de causes importantes et de créer du sens, mais avec un peu plus de contrainte : cela devrait être fantastique !