Lors de sa première conférence de presse depuis son abandon à Roland-Garros en mai dernier en raison de problèmes de santé mentale, Naomi Osaka a éclaté en sanglots et a quitté brièvement le podium après qu’un journaliste a semblé se montrer agressif dans ses questions.

 

En plein milieu d’une conférence de presse en ligne lundi 16 août, le journaliste Paul Daugherty du Cincinnati Enquirer a confronté Naomi Osaka sur le choix d’un tel format pour une conférence de presse, avant de faire remarquer que ce format servait les intérêts de la jeune femme de 23 ans.
Naomi Osaka a semblé touchée par les remarques du journaliste, puis a pris le temps de rassembler ses idées. « Je ne suis pas vraiment sûre de savoir comment gérer tout cela », a déclaré Naomi Osaka. Après que le modérateur a passé la parole à un autre journaliste, la joueuse japonaise a semblé pleurer et essuyer les larmes de ses yeux tout en répondant à d’autres questions sur le tennis. Lorsque le modérateur a suggéré à Naomi Osaka de faire une pause, elle a brièvement disparu pendant environ quatre minutes. À son retour, elle a répondu à d’autres questions en anglais, dont une sur ses projets d’aide pour le tremblement de terre qui a touché Haïti.

La quadruple championne du Grand Chelem, dont le père est haïtien et la mère japonaise, a déclaré qu’elle ferait un don pour aider les victimes du séisme.
« Pour Haïti, je dirais que je n’en fais pas assez. Je pourrai faire davantage », a déclaré la jeune joueuse de tennis. « Ce don est la première chose à laquelle j’ai pensé et cela me permettrait de sensibilité le plus grand nombre. […] C’est vraiment effrayant, car je vois les nouvelles tous les jours et, honnêtement, le tremblement de terre était assez proche de l’école de mes parents là-bas, donc je ne sais pas vraiment si elle est encore debout et je n’ai pas encore vu de photos ou de vidéos. »
Il y a un an, Naomi Osaka a sensibilisé le public sur la violence policière et sur la justice raciale en portant sept masques représentant des victimes afro-américaines de violences policières.

Lors des JO de Tokyo, elle est devenue la première joueuse de tennis à allumer la flamme olympique, un honneur qu’elle a qualifié de « sans aucun doute la plus grande réussite sportive et le plus grand honneur que j’aurai dans ma vie. »
Avant les JO, la joueuse de 23 ans s’est retirée de Roland-Garros après avoir reçu une amende de 15 000 dollars pour avoir refusé de donner des interviews aux médias, invoquant des problèmes de santé mentale. Naomi Osaka a ensuite fait l’impasse sur Wimbledon avant de se concentrer sur les JO et la tournée nord-américaine sur terrain dur.
Lorsqu’un journaliste lui a demandé son avis sur la gymnaste Simone Biles, qui s’est retiré de plusieurs épreuves olympiques invoquant également des problèmes de santé mentale, la joueuse de tennis a répondu : « Je lui ai envoyé un message, mais je veux aussi lui laisser de l’espace, car je sais à quel point elle peut se sentir accablée. »
La tenniswoman a également déclaré que selon elle les joueurs et les joueuses de tennis devraient avoir la possibilité de ne pas participer aux conférences de presse s’ils ne se sentent pas à la hauteur. « Peut-être que nous pourrions bénéficier d’une forme de congé maladie », a-t-elle suggéré avant l’incident avec Paul Daugherty. « Nous recevons une amende si nous ne participons pas à une conférence de presse, mais parfois nous nous sentons vraiment tristes, et peut-être qu’il devrait y avoir une règle qui nous permettrait de prendre un jour de congé maladie et de vous répondre par mail ou par d’autres moyens. Encore une fois, je ne parle qu’en mon nom. Je suppose que vous voulez peut-être avoir nos impressions quand nous sortons du court, donc je ne suis pas sûre de ce qui est juste. »
Interrogée sur la manière dont les conférences de presse pourraient être améliorées pour les joueurs, Naomi Osaka a répondu : « Il y a des fois où je dirais qu’il y a des gens que je ne connais pas très bien qui me posent des questions vraiment, mais vraiment délicates, et puis surtout après une défaite, ça amplifie le mal-être. Je ne suis pas une professionnelle des conférences de presse ou quoi que ce soit, mais oui, juste pour rendre l’expérience un peu plus amicale je dirais. »

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Adam Zagoria

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