Le cours de l’or est sur ses plus hauts annuels et il redécouvre actuellement ses niveaux de l’année 2013, un cycle haussier qui avait disparu depuis plus de 6 ans pour le marché des métaux précieux. Avant de revenir sur l’analyse technique du cours de l’or et de mettre à jour les objectifs haussiers, revenons sur le schéma général d’aversion au risque qui se développe en bourse cet été.

Risque de Hard Brexit avec l’arrivée de Boris Johnson au poste de Premier Ministre britannique, absence d’accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis, tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz et guerre des changes sont les quatre piliers déstabilisateurs pour les marchés actuellement.

En ce qui concerne la guerre des changes, nous n’en sommes pas encore à l’étape du contrôle des changes par l’exécutif américain mais clairement, Donald Trump a bien l’intention de jouer son rôle dans l’évolution des taux d’intérêt et du dollar US, pour soutenir la compétitivité changes des entreprises américaines.

Cela rappelle que la guerre des changes (une des dimensions de la guerre commerciale) fait partie intégrante des facteurs fondamentaux ayant un impact fort sur le Forex, aux côtés de la politique monétaire des Banques Centrales et des statistiques macro-économiques.

Depuis le début du mois de juillet, les grands indices boursiers internationaux étaient alignés sous des niveaux de résistances techniques majeures, dont le proxy principal est l’indice S&P 500, au contact de son record historique à 3000 points. L’indice CAC 40 évoluait aussi sur ses plus hauts historiques en lui réintégrant les coupons de dividende détachés (CAC 40 global return) mais l’indice parisien standard, le fameux PX1, testait ses sommets pluriannuels en place depuis 3 ans, soit les 5600/5650 points, un seuil technique qui fait obstacle à l’avancée des cours depuis le début du mois de juillet.

Le socle fondamental essentiel de la hausse des actifs cycliques depuis le mois de janvier 2019 (certains secteurs d’activité cyclique ont tout de même échappé à ce mouvement haussier) est la courbe des taux d’intérêt du marché, avec un spectre général des taux qui est soit négatif, soit en train de tendre vers 0. Même le compartiment du high yield voit sa rémunération chuter, pourtant les risques sont bel et bien présents. Cet environnement des taux est aussi un fort facteur de soutien pour le métal jaune.

La hausse des actions s’est largement construite sur la perspective de voir Etats-Unis et Chine redonner une allure positive au commerce mondiale, la Réserve Fédérale (FED) adopter un cycle baissier de ses taux d’intérêt, ainsi que de voir la Banque Centrale Européenne (BCE) basculer son taux de refinancement en territoire négatif et engager un nouveau programme de Quantitative Easing (QE).

Mais les déceptions sont nombreuses vis-à-vis de toutes ces attentes, au final, l’once d’or voit son aspect refuge battre son plein.

Les 3 piliers fondamentaux de la hausse de l’Or :

  • Le maintien des taux d’intérêt au niveau actuel avec des politiques monétaires très accommodantes.
  • Absence d’un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis pour enfin renverser à la hausse l’allure du commerce international. C’est d’autant plus important pour la Zone Euro que le secteur manufacturier de l’Allemagne est sur une pente très dangereuse. La guerre des changes est une sous-dimension.
  • Double risque politique & géopolitique, à savoir un hard Brexit, une instabilité gouvernementale en Italie et des tensions géopolitiques sous contrôle en particulier dans le détroit d’Ormuz.

En guise de conclusion, l’analyse technique du cours de l’or argumente toujours en faveur de la hausse vers la résistance à 1550$, soit le seuil de fin de tendance haussière qui remonté au printemps 2013.

Cours de l’or : graphique en données hebdomadaires réalisé avec TradingView