La crise actuelle nous amène à repenser les fondamentaux de notre organisation économique. Dans un environnement inédit, où les cycles de production et de consommation varieront selon les séquences de la crise sanitaire, les entreprises doivent s’adapter, innover et tendre vers plus d’agilité et d’indépendance, notamment financière.

En cette période de relance économique, il est nécessaire que la solidarité inter-entreprises puisse pleinement jouer son rôle.


Mais également au-delà de cette période, c’est une nouvelle façon de concevoir la politique de financement des entreprises qui voit le jour. Ce nouveau système pourrait s’installer durablement dans la stratégie adoptée par les entrepreneurs et leur direction financière, avec pour mots d’ordre : réactivité et diversification.

Car même au-delà de la période présente, lorsque d’autres cycles de crise aiguë interviendront, comment les PME peuvent-elles anticiper et renforcer leur structure financière ? Qui prendra le relais du PGE (Prêt Garanti par l’Etat) ? Comment optimiser la diversification des ressources financières des PME, entre délais fournisseurs, crédit bancaire, fonds propres, comptes courants et autres leviers de trésorerie ?

Dans cette perspective, le financement inter-entreprises prend tout son sens, c’est un cercle vertueux au sein même de l’écosystème des entreprises.

C’est aussi un élan de solidarité qui voit le jour entre grandes entreprises et PME.

La question se pose alors : comment les grandes entreprises peuvent-elles contribuer à l’unité économique et au soutien des plus petites entreprises ? L’interconnexion entre ces deux familles est au cœur de notre modèle économique. Tantôt clients, sous-traitants, fournisseurs, partenaires…les grandes entreprises et les PME ne peuvent pas vivre les unes sans les autres. Surtout dans un contexte où la relocalisation et la nécessité de bénéficier d’industries, de technologies et de savoir-faire français s’impose de plus en plus comme une évidence.

Le crédit inter-entreprises est alors une réponse. Sous forme de prêt ou via une émission d’obligations, il a pour double objectif :

  • Créer une solidarité économique entre entreprises ;
  • Rémunérer la trésorerie des entreprises qui sont en excédent de liquidités.

L’exemple des émissions d’obligations BtoB ou peer to peer bonds.

Si une entreprise souhaite jouer ce rôle essentiel de solidarité inter-entreprises, et qu’elle dispose d’un excédent de trésorerie, alors elle peut souscrire par exemple à des émissions d’obligations simples : titres non convertibles en capital, amortissables, et générant des rendements attractifs (entre 7% et 12% par an).

Ainsi, du point de vue de l’entreprise financée (l’émetteur), une émission d’obligations permet d’anticiper et de renforcer sa structure financière de quasi-fonds propres. Ce n’est pas un financement d’urgence mais bien un outil de consolidation et de pérennisation des ressources financières.

Du point de vue de l’entreprise souscriptrice (l’investisseur), une souscription d’obligations permet de dynamiser le rendement d’une partie de sa trésorerie, de se porter solidaire avec d’autres entreprises et d’en faire bénéficier son image.

Solidarité et image de marque.

Enfin, participer à un financement inter-entreprises est par la même occasion un moyen privilégié de communication institutionnelle, notamment pour les grandes entreprises qui peuvent renforcer leur image de marque et d’institution responsable et solidaire. Cette unité entre tous les acteurs économiques, et notamment de solidarité entre grandes entreprises et plus petites, sera sans doute l’une des clés à a reconstitution du tissu économique, à un moment stratégique où les PME sont appelées à jouer un rôle grandissant dans l’indépendance industrielle et technologique de la France.

Restons solidaires, soutenons les PME.