Face à l’effondrement des Bourses, la Banque Centrale Européenne (BCE) reprend l’initiative. A l’issue d’une réunion imprévue mercredi soir, la BCE a lancé un nouveau programme d’achats d’obligations de 750 milliards d’euros, en laissant entendre qu’elle pourrait privilégier les achats de titres émis par les pays européens les plus en difficulté financièrement.

“Le plan qui a été annoncé par la Banque centrale européenne est le bon plan, c’est le plan qui était attendu par l’ensemble des Etats membres de la zone euro”, a immédiatement commenté Bruno Le Maire sur France Inter.


“C’est un plan qui est massif (…) qui va avoir un impact économique fort et c’est un plan qui va avoir un impact politique majeur: il va permettre d’éviter la fragmentation dans la zone euro, il va permettre de réduire ce qu’on appelle les spreads, c’est-à-dire les écarts de taux d’intérêt qui peuvent exister entre la dette française, italienne, espagnole ou allemande”, a ajouté le ministre français de l’Economie.

Selon les autorités françaises, avec cette intervention massive, judicieuse, on évite le risque de fragmentation de la zone euro.

« Il n’y aura pas de limites à notre engagement envers l’euro » a assuré Christine Lagarde, la patronne de la Banque centrale européenne,

Reste à savoir si le bazooka dégainé par la BCE sera suffisant pour faire revenir la sérénité sur les Bourses mondiales, qui ont connu un effondrement sans précédent ces dernières semaines.

” La BCE annonce l’élargissement des actifs éligibles à son programme d’achats de titres d’entreprises (CSPP) et l’assouplissement des règles d’éligibilité. La levée de la contrainte de la clé de capital, que nous avions renoncé à espérer avant la réunion de jeudi dernier, est une mesure essentielle pour assurer des frappes ciblées, que la BCE ne pouvait s’autoriser jusqu’alors. La levée de cette contrainte permet, en outre, d’atténuer les pressions baissières sur les taux des pays du noyau dur “, analysent les experts de RichesFlores Research.

En d’autres termes cela donne la flexibilité pour acheter des titres de la dette italienne ou espagnole sans avoir à acheter davantage de titres allemands ou français, comme c’était le cas pour les autres programmes jusqu’alors mis en place. Sur le papier cela signifie moins d’injections de liquidité pour plus d’efficacité.

Les principales places financières ont ouvert en hausse ce jeudi : le CAC 40 rebondit de près de 4 %, tandis que le FTSE, à Londres, prend 1,5 %.