Depuis la séance de bourse du 15 août dernier, les actions du CAC 40 sont dans une dynamique haussière portée par les poids lourds de la cote en terme de pondération (LVMH, L’Oréal, Total, Sanofi…) et par les valeurs à fort bêta et fortement sous pression ces derniers mois, comme les titres Renault et Arcelor par exemple.

Mais la hausse de l’indice parisien se construit aussi sur les valeurs défensives, celles à l’aspect « refuge » le plus évident, comme Pernod-Ricard qui a annoncé cette semaine des résultats en amélioration et surtout, un programme de rachat d’actions qui ne manquera pas de plaire aux actionnaires. Notons que l’action de Pernod-Ricard inscrit de nouveaux plus hauts historiques.

C’est justement tout le paradoxe actuel des indices boursiers, globalement en tendance haussière depuis le début de l’année et qui voient cohabiter dans la hausse des titres fortement cycliques et défensifs.

Les thèmes d’inquiétude fondamentale sont nombreux pour les marchés financiers à la rentrée, une conjonction de risques et faits négatifs qui soulève une question auprès des analystes financiers : pourquoi la tendance des indices boursiers n’est-elle pas baissière au regard de la réalité macro-économique et géopolitique ?

Considérons ici l’indice CAC 40 comme notre proxy pour représenter le marché actions. La performance de l’indice parisien depuis le début de l’année 2019 dépasse les 13%, l’essentiel de la hausse ayant été réalisée lors des 4 premiers mois de l’année. Depuis le « sell in May and go away », le cours du CAC 40 construit une séquence de marché sans tendance, au sein d’un range entre le support majeur à 5200 points et la résistance majeure à 5600 points (moyenne des plus hauts annuels depuis l’année 2017).

CAC 40 – graphique journalier, source TradingView

Les actions des secteurs d’activité tiennent le choc à chaque fois que le cours du CAC 40 teste les 5200 points. Dans le rebond du 15 août par exemple, c’est l’action TOTAL qui a aussi tenu un fort support technique à 43 euros. Je peux aussi citer l’exemple de la forte reprise récente de l’action Arcelor ou encore du titre Renault sur les 50 euros.

Si le CAC 40 s’apprécie de 13% depuis le début de l’année, il n’en a pas pour autant attirer les capitaux, avec un volume d’échange moyen faible et surtout, la part des actions dans les gestions classiques est au plus bas depuis 10 ans, presque au niveau du marché du crédit. Ce déplacement des capitaux n’augure rien de bon à vrai dire.

Les capitaux qui ont quitté les classe d’actifs des actions sont allés vers deux marchés : le marché du crédit (les obligations) et le marché de la liquidité. Dans les hedge funds, des trades alternatifs sont ouverts via les contrats futures sur l’once d’or aussi, avec une forte hausse du volume institutionnel sur les derniers mois.

L’once d’or gagne 20% depuis le début de l’année, le contrat de taux allemand (le Bund) 10%, en terme de performance et de volume, les capitaux se dirigent donc vers les valeurs « refuge ». Un risque sous-jacent est présent sur les marchés financiers cette année, sans les Banques Centrales, les marchés actions auraient déjà cédé comme au dernier trimestre 2018.

PERFORMANCE COMPAREE DU CAC 40, DE L’OR ET DU CONTRAT DE TAUX BUND DEPUIS LE 1ER JANVIER