Dans le monde de la start-up, tout est possible. Si les preuves de réussites au niveau international existent, elles n’en restent pas moins fragiles, et cette fragilité est inscrite dans leur ADN.

Depuis une dizaine d’années, elles font parler d’elles, occupent le devant de la scène. Vocabulaire particulier (licorne, pitch), salon international dédié (CES Las Vegas), écosystème favorisant leur développement… les start-up sont à la fois une formidable opportunité pour créer sa boîte, trouver un job en apparence “à la cool” (lire le livre de Mathilde Ramadier), se faire racheter par un géant du web, soit s’enliser dans son propre modèle de développement.


 

Start-up : Une entreprise comme une autre !

On l’oublie trop souvent, certes, au travers de la start-up, il transpire un univers particulier, une façon de penser et d’agir différente de celle de l’entreprise dite « classique ». Cependant, l’obligation de résultat est la même : être rentable, et ce encore plus vite qu’une entreprise dite “traditionnelle”.

Il y a plus de points communs entre la start-up et l’entreprise traditionnelle que ce que l’on croit, sauf que ces points communs sont plutôt en défaveur des start-up.

 

L’humain à la base du schéma de la start-up

Au départ, une start-Up, c’est deux ou trois personnes, en général complémentaires, qui ont une idée et développent un savoir-faire particulier autour d’un produit/service.

Sauf que créer, développer et commercialiser son offre demande de multiples compétences, et le maître mot de la start-up c’est Polyvalence ! Et à deux ou six personnes, ou plutôt, 2 fondateurs, 3 stagiaires et 1 étudiant en alternance, la polyvalence atteint vite ses limitesEn cause bien souvent un défaut de recrutement, car la fonction (ou plutôt la compétence) de DRH n’existe pas en général au sein de l’organigramme.  Non faute de volonté, mais de moyens financiers.

 

Peu de capital au départ de l’activité

Les fondateurs, après s’être réunis autour d’un projet, réunissent leurs économies, font appel à la “love money” et sollicitent des aides pour justement financer leur développement. L’argent fait cruellement défaut, et les entrepreneurs sont donc focalisés sur principalement un seul axe : financer le développement technique du produit (R&D). Cela ne peut se faire que par la levée de fonds, et on assiste à des entreprises qui partent à la conquête de toutes les aides possibles et imaginables. Ce temps passé à cette course à l’argent se fait au détriment du vrai développement commercial de l’entreprise : trouver des clients et dégager de la marge pour ré investir.

 

Une exposition qui est une menace !

Aux effectifs peu nombreux et focalisée sur la recherche de fonds, la jeune entreprise part donc en opération “séduction”. Aidées, hébergées, accélérées, les start-up passent de présentations en présentations, exposent leur business modèle, savoir-faire, stratégie, forces et faiblesses, business plan…. Bref autant d’informations qui sont stratégiquesLes pépinières, incubateurs et organismes tels que le Réseau Initiative n’hésitent pas à promouvoir le succès de telle ou telle start-up qui a levé des fonds ou reçu un prix. L’entreprise y voit une publicité bien méritée quand les concurrents qui font de la veille y voient un élément stratégique. L’évolution de l’offre, et le soutien de la BPI par exemple, permet aux concurrents de redéfinir la stratégie et d’anticiper l’arrivée prochaine d’un nouvel acteur, conservant ainsi un temps d’avance.

 

Une protection du savoir-faire insuffisante.

La start-up pense plus au rêve qu’à l’intelligence économique. La protection du savoir-faire constitue pourtant la base de sa réussite. Préserver des éléments “confidentiels”, et diffuser une culture de la sécurité économique auprès des collaborateurs… ne font pas partie des priorités de l’entreprise. Et pourtant qu’en est-il du salarié, stagiaire ou ex-associé qui connaît tout de la boîte, les projets, les difficultés, la R&D, qui a eu un badge d’accès au bâtiment et au réseau informatique de l’entreprise ?

 

Ces dernières années, les avis et expériences négatives sur les start-up sont venus nuancer cet univers. Il y a encore de belles années à venir pour les start-up qui sauront dépasser ces faiblesses et développer une culture de la sécurité économique. L’environnement high tech évolue à grande vitesse, les créateurs doivent trouver la parade pour ne pas dépendre uniquement d’une hypothétique levée de fonds, mais bel et bien de mieux appréhender leur stratégie et leur développement pour ne pas rester au stade “embryonnaire”.

 

Sources :

Le Monde : Start-up la face cachée de l’hypercroissance. (28/09/2019).

CES : site officiel du CES Las Vegas.

Fnac.com : « Bienvenue dans le nouveau monde » par Mathilde Ramadier . (2017)