On dit que c’est la femme la plus puissante d’Europe. Ursula von der Leyen présidente de la Commission européenne depuis 2019, montre qu’elle peut durcir le ton avec le retard de livraison des vaccins AstraZeneca mais également ses exportations au Royaume-Uni.

 

AstraZeneca doit « rattraper » son retard avant d’exporter en dehors de l’UE

Samedi dernier la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen a tapé du poing menaçant de bloquer les exportations du vaccin AstraZeneca si l’Europe ne recevait pas d’abord les livraisons prévues dans son contrat. Un ultimatum ? Rappel des faits : l’UE s’est fixée comme objectif de vacciner 70% de la population adulte d’ici la fin de l’été. Derrière le profond agacement de la présidente de la commission européenne, on sent l’inquiétude à vacciner efficacement la population menacée par un troisième confinement, qui se mêle à un sentiment d’injustice : alors que le laboratoire AstraZeneca se dit en  mesure de ne livrer -au second trimestre- que 20 millions sur les 120 millions de doses  promises à l’Europe, le Royaume-Uni, quant à lui ne souffre d’aucun retard de livraison.  De surcroit le contrat de l’UE avec AstraZeneca prévoit la livraison de doses produites en Europe, mais aussi au Royaume-Uni. « Or, nous n’avons rien reçu des Britanniques, alors que nous les fournissons, et je suis incapable d’expliquer aux citoyens européens pourquoi nous exportons des millions de doses vers des pays qui produisent eux-mêmes des vaccins et ne nous en envoient pas en retour. » a-t-elle déclaré. « Pourtant 21 millions de doses depuis décembre ont été exportées de l’UE vers le Royaume-Uni, et aucune dose n’a fait le chemin inverse » peut-on lire dans les échos du 23 mars. Un bras de fer avec le laboratoire mais aussi le Royaume-Uni pour « avoir sa juste part » qu’engage sans plus attendre Ursula von der Leyen, qui n’a pas encore trouvé un accord.

 

Qui est Ursula von der Leyen présidente de la Commission européenne ?

Un acte presque politique et qui « donne le ton »  pour la première femme à présider la Commission européenne et qui n’avait pas caché avoir connu des moments de découragement et d’incompréhension pendant sa candidature dans le monde codifié des institutions européennes. Même si elle a baigné dans un milieu politique avec son père haut fonctionnaire européen, à ses débuts Ursula Van der Leyen ne se destinait pas à une carrière de technocrate.  Après des études d’économie à Londres pour finalement bifurquer vers la médecine à Hanovre, elle s’installera quelques années avec son mari directeur d’une société d’études clinique aux États-Unis. A leur retour en Allemagne, médecin et mère de cinq enfants, elle exercera une dizaine d’années à l’hôpital avant de finalement embrasser une carrière politique ascensionnelle aux côtés d’Angéla Merkel. Engagée auprès de femmes, devenue ministre fédérale de la Famille à Berlin, elle se battra pour imposer le droit à une place en jardin d’enfants afin de permettre de concilier vie privée et vie professionnelle. Ministre fédérale du Travail, elle se lancera quatre ans plus tard dans une longue lutte pour imposer un quota de femmes dans les conseils d’administration allemands. Élue à une très faible majorité par le Parlement européen, la fluette femme politique de 60 ans, alias « VDL », membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) n’est pas du genre à se laisser impressionner. Dotée d’une volonté de fer et d’une énergie inépuisable, elle pourrait être la personne de la situation pour trouver des compromis solides.

 

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