L’Irlande est devenue dimanche le dernier pays à suspendre l’administration du vaccin Covid-19 mis au point par AstraZeneca et l’Université d’Oxford, après qu’un organisme de réglementation norvégien a signalé que quelques receveurs avaient développé des caillots sanguins à la suite de l’administration de leurs doses. Cette décision fait écho à l’évolution de la situation dans d’autres pays qui ont pris des précautions similaires alors que le vaccin fait toujours l’objet d’essais cliniques aux États-Unis.

 

Principaux faits

  • Le département irlandais de la santé a recommandé que l’administration du vaccin d’AstraZeneca soit « temporairement reportée » dès dimanche matin, citant un rapport de l’Agence norvégienne du médicament qui mettait en évidence quatre cas de « graves événements de coagulation sanguine » chez des adultes ayant reçu le vaccin.
  • Dans un communiqué, le médecin en chef adjoint du pays a déclaré qu’il n’avait pas conclu à l’existence d’un « lien » entre le vaccin et les cas, mais que la décision de suspendre son administration avait été prise par précaution et dans l’attente d’informations complémentaires.
  • D’autres pays, dont l’Islande, le Danemark et la Norvège, ont suspendu la semaine dernière l’administration du vaccin d’AstraZeneca, en raison de préoccupations distinctes concernant la coagulation du sang, mais l’Organisation mondiale de la santé et les autorités régionales ont déclaré que rien ne prouvait que les vaccins étaient à l’origine de la coagulation.
  • Samedi, par exemple, l’Institut norvégien de la santé publique a annoncé que trois agents de santé âgés de moins de 50 ans étaient traités pour des « cas graves de caillots sanguins ou d’hémorragies cérébrales » après avoir reçu le vaccin AstraZeneca, mais a réaffirmé que ces affections n’étaient pas liées de manière concluante au vaccin.
  • Dans le même temps, la région du Piémont, dans le nord de l’Italie, qui compte quelque 4 millions d’habitants, a également suspendu dimanche l’utilisation du vaccin AstraZeneca après le décès samedi d’un enseignant qui avait reçu le vaccin, rapporte Reuters, à la suite de deux décès dans des conditions similaires signalés dans la Sicile voisine.
  • Aux États-Unis, le vaccin AstraZeneca est toujours en cours d’essais cliniques de phase 3 et n’a donc pas été approuvé par la Food and Drug Administration, mais le New York Times a rapporté vendredi que le gouvernement fédéral a acheté environ 30 millions de doses qui sont conditionnées dans un établissement de l’Ohio.
  • « Une analyse de nos données de sécurité portant sur plus de 10 millions d’enregistrements n’a montré aucune preuve d’un risque accru d’embolie pulmonaire ou de thrombose veineuse profonde dans tout groupe d’âge, de sexe, dans un pays donné avec [notre] vaccin Covid-19 », a déclaré AstraZeneca dans un communiqué à CNN vendredi.

 

Citation importante

« Plus de 335 millions de doses de vaccins Covid-19 ont été administrées dans le monde jusqu’à présent, et aucun décès n’a été trouvé comme ayant été causé par les vaccins Covid-19 », a déclaré vendredi Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, faisant écho à la déclaration d’AstraZeneca.

 

Le contexte

Le vaccin AstraZeneca, développé en collaboration avec l’Université d’Oxford, a fait l’objet d’un examen plus approfondi que ses trois homologues approuvés aux États-Unis (ceux développés par Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson). Les essais cliniques du vaccin ont été interrompus au niveau national au début du mois de septembre pendant plus d’un mois après qu’un patient est tombé malade en Grande-Bretagne, mais la FDA a finalement conclu qu’il n’y avait pas de danger à reprendre les essais, qui se sont depuis révélés efficaces à environ 82% pour prévenir la souche Covid-19 la plus courante. En février, le vaccin a été inscrit sur la liste des utilisations d’urgence de l’OMS, ce qui lui a permis de commencer à être distribué dans les pays à revenu faible et intermédiaire. En janvier, le vaccin a reçu l’autorisation d’être utilisé dans l’Union européenne. Son sort aux États-Unis reste toutefois incertain, aucun plan concret d’autorisation d’urgence n’ayant été établi à ce jour.

Le président américain Joe Biden a ordonné jeudi aux 50 États de supprimer leurs conditions d’admissibilité aux vaccins Covid-19 d’ici le 1er mai, ouvrant ainsi les vaccins à tous les adultes américains qui le souhaitent. En date de dimanche, 106 millions de vaccins ont été administrés, selon le CDC.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Jonathan Ponciano

 

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