Roxanne Varza est la directrice du plus grand campus de start-up au monde. Inauguré fin juin, Station F a pour objectif d’incuber 1 000 jeunes pousses. Portrait. 

Née en 1985 à Palo Alto (Californie), au cœur de l’écosystème, Roxanne Varza revient sur les récentes polémiques qui ont émergées dans la Silicon Valley. « C’est hyper triste de voir ça ! Après Uber, les investisseurs… voilà Google à son tour touché par le scandale du sexisme. J’ai l’impression que c’est de pire en pire », se désole-t-elle. Assise sous l’imposante verrière de Station F, la directrice du campus géant de start-up imaginé et financé par Xavier Niel [voir son interview page 146 du magazine], n’a « jamais entendu ce genre de problème en France ». Pour cette américaine, d’origine iranienne et française de cœur et d’adoption (elle a fait une demande de naturalisation en janvier 2017), « il y a une différence culturelle énorme » entre la France et les Etats-Unis. « Là-bas, raconte-t-elle, quand un nouvel employé arrive dans une entreprise, on lui donne un document gros comme un dictionnaire dans lequel sont énumérées les choses à faire et à ne pas faire pour éviter les situations compromettantes. » Comme ne jamais fermer la porte d’un bureau pour un rendez-vous, par exemple. Une rigidité qui n’empêche apparemment pas les dérives, constate cette américaine qui n’a aucune envie de retourner « dans la Valley »


C’est d’ailleurs par la France, et non par sa proximité géographique avec la Silicon Valley que Roxanne Varza a mis un pied dans la tech. « J’ai toujours été intéressée par la France », souligne-t-elle dans un français sans accent. Après une licence en littérature française obtenue à UCLA en 2006 et un échange universitaire à Bordeaux, elle rentre aux Etats-Unis et commence à travailler pour Business France. Son rôle : convaincre les entreprises américaines à aller s’installer en France. « J’entendais souvent dire qu’il ne se passait rien en Europe alors qu’il y avait surtout de très nombreuses opportunités de créer de belles choses. À l’inverse, j’avais l’impression que tout existait déjà à San Francisco. » En 2009, elle s’expatrie à son tour. D’abord comme étudiante. De 2009 à 2011, elle suit un double cursus Sciences Po / London School of Economics et commence à écrire pour la version française de Tech Crunch. En 2010, elle croise une première fois Xavier Niel. « J’étais très impressionnée de voir qu’il lisait Tech Crunch. » Trois ans plus tard, alors qu’elle travaille chez Microsoft, il la contacte pour lui confier la gestion de son nouveau bébé.

Roxanne Varza parle avec calme et sérénité, ses grands yeux marron posés avec bienveillance sur son interlocuteur. « Bienveillance », c’est un terme qu’elle est ravie de voir chaque jour mis en pratique depuis l’inauguration du campus, le 29 juin. Elle était alors montée sur scène, au centre du hall immense de l’ancienne Halle Freyssinet, sous les regards de 2000 convives, dont le président de la « start-up nation » Emmanuel Macron. Elle avait fait la claque, à sa manière, fraîche et enthousiaste : « y a-t-il des entrepreneurs ici ? ».

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