Plébiscitée autant par nos enfants – du CE1 à la Terminale – que par les professeurs, la plateforme Kartable est devenue en moins de 10 ans la référence numérique incontournable du contenu scolaire en France. Sa nouvelle offre de cours particulier à volonté au prix ultra compétitif devrait révolutionner cette pratique élitiste, notamment pas son prix. Rencontre avec la co-fondatrice Sarah Besnaïnou.


 

Désirée de Lamarzelle : Votre plateforme d’apprentissage s’oriente vers le cours particulier. Qu’est-ce qui a motivé ce tournant ?

Sarah Besnaïnou : Nous avons l’ambition de révolutionner le secteur du soutien scolaire traditionnel que nous jugeons trop onéreux et trop peu accessible pour une grande partie des familles les plus modestes. En France, un enfant sur 4 prend des cours particuliers en dehors de ses heures de classe. Cela a un coût, en moyenne 150 euros par an et par enfant. Ce que nous proposons est une offre de cours en visio, en illimité, pour toutes les matières, du CE1 à la Terminale au prix de 39,99 euros – soit le prix d’une seule heure de cours particulier traditionnel. Nous sommes les seuls à faire cela, ce qui s’inscrit dans la lignée de notre raison d’être : rendre l’éducation de qualité la plus accessible possible.

 

Que dit cette consommation de cours particulier de notre système d’éducation ?

S. B. : On ne peut pas attendre d’un professeur qui est face à une classe de 30 élèves qu’il ait la capacité de s’adresser à chacun d’eux de manière individualisée en une heure de cours. C’est normal. Les familles françaises se tournent alors vers des options de cours particuliers, mais cette option reste un luxe et la majorité des familles ne peut se le permettre. C’est injuste. Grâce à notre technologie, nous avons pu créer une offre de cours personnalisés et très abordables pour rendre accessible au plus grand nombre le soutien scolaire.

 

Outre le problème de classe engorgée qui se pose, est-ce la solution de rallonger les journées déjà chargées des élèves ?

S. B. : L’école publique est une chance et une fierté pour la France. Nous souhaitons participer à l’effort nécessaire pour qu’elle préserve sa qualité et son attractivité. Pas question de rallonger les journées des élèves ! Les élèves font leurs devoirs le soir, du temps est prévu pour cela. Nous faisons au contraire en sorte de leur faire gagner du temps pour qu’ils les fassent de manière efficace.

 

Vous parlez de démocratisation du cours particulier car trop élitiste par son prix ?

S. B. : En France, 1 élève sur 4 a recours à du soutien scolaire, cela représente dans le budget des familles, une dépense moyenne colossale de 1500 euros par an, et par enfant. La mission que nous nous sommes fixée dès 2013 avec mon associé était de démocratiser les cours de soutien scolaire en les rendant financièrement accessibles, même pour des familles modestes. Proposer des cours de soutien abordables est une mesure d’égalité des chances et c’est ce qui nous motive chaque jour pour imaginer de nouveaux produits.

 

Sarah Besnaïnou : Selon moi, être entrepreneure c’est surtout avoir le sens de l’aventure. Le chemin est long et souvent semé d’embuches, mais entreprendre m’a permis de répondre aux problématiques d’un secteur tout en ayant un réel impact dans la vie de millions d’élèves

 

Que contient exactement votre formule ? 

S. B. : Dans notre nouvelle formule à 39,99 euros par mois sans engagement, tout est inclus, en illimité : les cours en visio – tous les soirs de la semaine, sur toutes les matières du CE1 à la Terminale – l’aide aux devoirs par chat, et tous nos contenus scolaires. Très concrètement, un élève de 4e qui souhaite réviser son contrôle de mathématiques du jeudi sur le théorème de Pythagore et son contrôle d’histoire du vendredi sur les Lumières pourra s’inscrire aux visio de la semaine pour se faire réexpliquer les chapitres, ou poser toutes ses questions à notre équipe (500 professeurs connectés chaque soir) et utiliser tous les contenus pédagogiques mis à disposition sur notre site pour, par exemple, faire des exercices supplémentaires.

 

Cela ne pourra néanmoins pas pallier la fracture sociale numérique. Y a-t-il des projets en développement en ce sens ?

S. B. : Nous sommes parfaitement conscients de cet enjeu. La pandémie a montré à quel point, lors de la fermeture des écoles, la continuité pédagogique a été un véritable défi pour les élèves sous-équipés. Nous travaillons d’ailleurs en ce moment à la création d’une bourse KARTABLE pour aider les élèves et les familles qui en ont le plus besoin.

 

Comment vous définiriez-vous comme entrepreneuse ?

S. B. : J’ai fait un choix qui a étonné beaucoup de mes camarades de promo (HEC) : poursuivre dans le secteur de l’enseignement grâce à l’entrepreneuriat. J’ai apporté toutes mes idées et ma capacité d’innovation au service de ma passion pour l’éducation. Selon moi, être entrepreneure c’est surtout avoir le sens de l’aventure. Le chemin est long et souvent semé d’embuches, mais entreprendre m’a permis de répondre aux problématiques d’un secteur tout en ayant un réel impact dans la vie de millions d’élèves.

 

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