La recherche scientifique est plus scrutée que jamais avec la progression galopante du virus Covid-19. Si une majorité des français croient à l’efficacité de la choloroquine, des nombreux essais prometteurs sont en cours pour soigner les maux ou stopper dans son élan la viralité de la maladie. Le point sur les pistes de remède.

 

Le secteur de la recherche tourne à plein régime depuis que le coronavirus responsable de pneumonies parfois mortelles, est apparu début décembre 2019. Si les chercheurs chinois ont remonté la piste d’une contamination jusqu’au Huanan Seafood Wholesale Market de Wuhan, aucun modèle animal n’a été clairement défini même si les analyses génétiques actuelles désignent comme probabilité sérieuse la chauve-souris. Un défi pour la recherche qui doit se passer d’une base d’étude précieuse dans cette « course contre la montre ». En attendant « les scientifiques ont adopté une autre stratégie : ils testent des produits virostatiques connus pour être actifs contre le VIH, le virus Ebola, le MERS-CoV ou le SARS-CoV et qui devraient permettent de lutter contre ses symptômes. Dans la plupart des cas, les données abondent sur leur sécurité et leur tolérance. » peut-on lire dans l’article publié le 11 février sur Medscape (édition allemande). Parmi les principaux projets en cours, certains essais retiennent l’attention de toute la communauté scientifique et politique.

 

 

L’hydroxychloroquine

Parmi les médicaments susceptibles d’être administrés, celui qui fait le plus parler de lui dans cette épidémie -depuis le 25 février dernier lors de la conférence du professeur français Didier Raoult- c’est la chloroquine. Ce médicament antipaludique connu depuis très longtemps constituerait une piste de recherche prometteuse contre le covid-19. Il fait également l’objet d’une recherche des scientifiques chinois publiée dans la revue BioScienceTrends² menée dans une dizaine d’hôpitaux chinois depuis le début de l’épidémie de Covid-2019. En France la fameuse hydroxychloroquine fait partie de l’essai clinique européen baptisé « Discovery » contre le Covid-19 et dont les résultats ne seront pas connus avant fin avril.

 

Le remdésivir (GS-5734)

Il n’est pas nouveau, fabriqué par le laboratoire Gilead Sciences, il a d’abord été développé comme virostatique contre les virus d’Ebola et de Marburg. Efficace sur un patient soigné au CHU Pellegrin de Bordeaux, il fait également parti de l’essai « Discovery ». Dans un communiqué du 4 avril 2020, Daniel O’Day, le CEO de Gilead annonce avoir mis en place des “programmes d’accès complémentaires” pour mettre le médicaments expérimental à disposition des hôpitaux pour les patients gravement malades qui ne peuvent pas participer aux essais cliniques en cours. Mais il rappelle que cela «  reste un médicament expérimental » dont les seules les données existantes sur son efficacité contre le MERS-CoV sont tirées d’études in vitro et chez la souris. D’après le Wall Street Journal, Gilead prévoirait de réaliser une étude en Chine.

 

Dans les deux cas, ces médicaments malgré des résultats prometteurs restent expérimentaux : leur sécurité et leur efficacité ne sont pas encore connues à moyen et long terme. Sans oublier le risque de troubles cardiaques dans la prise de la Chloroquine où il est primordial de mettre en garde contre toute forme d’automédication la population.

 

Plusieurs vaccins sont également à l’essai contre le Covid-19
Dont un aux USA dont les essais cliniques débuteront en avril 2020, et un autre en France (Institut Pasteur) « basé sur celui de la rougeole » qui devrait être testé en septembre 2020.

 

La thérapie passive par anticorps et transfusion de plasma

Cette piste qui consiste à prélever du sang chez les patients infectés mais rétablis, afin d’en extraire les anticorps viraux qui seront transfusés aux malades, est à l’étude car elle avait déjà montré son efficacité lors de la pandémie de grippe H1N1 en réduisant la charge virale des malades. 

 

Des essais dont on attend beaucoup avec la progression mondiale de la maladie; mais aussi parce qu’il faudra peut-être continuer à se protéger pour les années futures…

<<< À lire également : COVID-19 : La Chaleur Va-T-Elle Permettre De Ralentir L’Épidémie ? >>>