Il a la couleur du burger, la saveur du burger et pourtant ce n’est pas un burger comme les autres… son steak à base de protéines alternatives réconcilie les véganes, les végétariens et les flexitariens qui peuvent en faire griller sur leur BBQ sans consommer ne serait-ce qu’un seul gramme de viande. Le marché de la viande alternative est en plein essor.

 


Le burger vegan : un nouvel eldorado

Le marché de la vente de burgers végétariens est la nouvelle cible des fast-foods et des géants de l’agro-alimentaire ? Selon JPMorgan, le marché de la “viande végétarienne” pourrait atteindre 100 milliards de dollars d’ici 15 ans. Un contexte d’urgence climatique lié au Covid-19 qui met au défi les géants de l’agroalimentaire de s’adapter à cette nouvelle demande de protéines alternatives d’origine végétale et dont le bilan carbone est moins lourd que celles issues de l’élevage industriel.

 

Depuis six mois  le géant américain du fast-food Burger King propose dans 25 pays d’Europe un hamburger sans viande, prenant ainsi de cours son concurrent McDonald. La société néerlandaise The Vegetarian Butcher (Le Boucher Végétarien), rachetée il y a quelques mois par le géant Unilever assure la fabrication de leurs “Rebel Whoppers” sans viande.

Dans la nouvelle bataille que se livrent les grosses entreprises de l’agroalimentaire, Nestlé vient de perdre -débouté par le tribunal de grande instance de La Haye- contre la start-up américaine Impossible Foods, spécialisée dans la viande à base de plantes. En jeu le nom d’Increvable Burger que Nestlé a donné à son produit veggie phare, car trop proche et donc susceptible « d’induire en erreur le consommateur » de celui d’« Impossible Burger » de la société éponyme. Un échec judiciaire dans un marché qui n’a fait que croitre avec le confinement, puisque selon les données Nielsen les ventes des steaks végétaux ont bondi de 265 % en mars et en avril comparé à l’année précédente aux Etats-Unis contre 39 % pour la viande traditionnelle… Avec pour obligation de retirer les anciens lots des rayons sous peine d’une amende de 25.000 euros par jour, Nestlé a annoncé faire appel. Néanmoins il aurait déjà prévu de lancer en Europe une nouvelle version de son burger issu d’une nouvelle recette qui s’appellera le « Sensational Burger ».

 

De la viande vegan mais pas si bio ?

Le journal le Monde rappelle que le « végétal n’est pas forcément synonyme de naturel » avec des recettes qui rivalisent d’additifs pour donner au steack végétal une texture, un aspect et une saveur similaires à la viande de bœuf dont la controversée « léghémoglobine » : un extrait du soja et une protéine « liée chimiquement à une molécule non-protéique, l’hème, qui donne à la léghémoglobine sa couleur rouge vif. » et qui provient d’une levure génétiquement modifiée.

 

L’occasion de rappeler que depuis plusieurs années “la technologie alimentaire  s’intéresse également à  la fabrication à base de cellules souches « d’une « viande in vitro », aussi appelée viande cultivée, viande artificielle, « clean meat » (« viande propre ») ou même « pure meat » (« viande pure »)”. La viande cellulaire est née des recherches de la NASA, qui, depuis 2001, cherche un moyen pour diminuer la quantité de nourriture embarquée lors des voyages spatiaux lointains. Le premier steak in vitro a été présenté le 5 août 2013 à Londres : un steak de 142 grammes qui a coûté… 142 millions d’euros.