L’analyse de la surmortalité par les données transmises par l’Insee prouve que l’apparition l’épidémie de Covid s’est concrétisée par une mortalité record en France. De quoi faire taire les «covidosceptiques»… explication.

 

Même s’il s’agit des décès toutes causes confondues – la cause des décès n’est pas indiquée, car l’Institut n’a pas accès à cette donnée médicale -, le premier bilan provisoire du nombre de décès en France en 2020 publié par l’Insee permet de se faire une idée de l’impact de l’épidémie de Covid. Rappelons qu’à travers la source de données de l’Institut, seules des informations démographiques (date et commune de décès, année de naissance, sexe) sont enregistrées, aucune précision sur les causes médicales de décès n’est disponible.

 

Une surmortalité indéniable

Les chiffres de l’Insee sont encore incomplets sachant que les décès de fin d’année n’ont pas encore été tous transmis : « Ce nombre reste toutefois encore provisoire et pourrait être révisé à la hausse dans les prochaines semaines », prévient l’Institut. Le calcul de la mortalité dépend en effet de la remontée des actes de décès enregistrés en mairie, laquelle peut prendre un peu de temps en période de fin d’année.

Ainsi, à la date du 15 janvier, 667 400 décès toutes causes confondues ont été enregistrés en 2020, soit 9 % de plus qu’en 2018 ou 2019. L’excédent de mortalité par rapport à 2019 de 53 900 décès se répartit sur deux périodes qui correspondent aux pics d’épidémie : deux périodes de hausse de mortalité dont l’une débute aux environs de mi-mars et dure jusqu’à fin avril, et l’autre du 1er septembre au 19 octobre.

 

Pas d’excès de mortalité avant 65 ans

Il est important de noter que sur l’année 2020, la hausse de mortalité a concerné uniquement les personnes âgées de 65 ans et plus et de manière homogène :  +10% quelle que soit la tranche d’âge. Elle reste négligeable en dessous de 65 ans (+2% entre 50 et 64 ans, -1% entre 25 et 49 ans et -6% pour les moins de 25 ans). On remarque, qu’à contrario, le confinement a eu un effet protecteur sur la mortalité des jeunes de moins de 25 ans à partir de mars 2020, dont certaines causes de décès, comme par exemple les accidents de la route, ont connu une chute au printemps. Autre élément d’analyse : une forme d’inégalité femme- homme devant le virus. « Par rapport à la mortalité attendue, la proportion de décès en excès chez les hommes était supérieure à celle chez les femmes », explique Anne Fouillet, responsable de la surveillance de la mortalité à la Direction Appui, Traitements et Analyses des données (DATA) de Santé publique France

 

Une disparité régionale de la surmortalité

Les cinq régions métropolitaines ayant les plus forts excédents de mortalité par rapport à 2019 sont l’Île-de-France (+18 %), l’Auvergne-Rhône-Alpes (+14 %), le Grand-Est (+13 %), la Bourgogne-Franche-Comté (+11 %) et les Hauts-de-France (+ 10 %). Dans les outremers, Mayotte enregistre également un fort excédent (+24 %).

Les régions les plus épargnées, où « il fait bon vivre » avec moins de 5 %, voire aucun décès supplémentaire, sont la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine, les Pays-de-La Loire, l’Occitanie, La Martinique, la Guyane et La Réunion.

 

En savoir plus  : la surveillance de la mortalité en France 

Chaque jour, l’Insee envoie à Santé publique France des données démographiques contenues dans le volet administratif du certificat de décès et enregistrées la veille par les communes transmettant les informations à l’Insee sous forme dématérialisée. Une des missions de Santé publique France est l’analyse en routine des fluctuations de la mortalité toutes causes confondues, tout au long de l’année.

 

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