L’innovation médicale, ou MedTech, est un secteur en plein essor en France. La e-santé représente environ 2,7 milliards d’euros et 28 à 38 000 emplois en France, selon les derniers chiffres de la Direction Générale des Entreprises. Sites et applications de prise de rendez-vous, objets connectés, big data, imagerie médicale, robots… Voici le classement des start-up médicales au service des patients et des soignants.

La même réalité se cache derrière les termes de MedTech, e-santé, télémédecine ou eHealthTech. Il s’agit de sociétés qui proposent des solutions directement utilisables par le patient ou l’équipe médicale : robots chirurgiens, sites de prise de rendez-vous, objets connectés permettant de mesurer les pulsations cardiaques ou le nombre de pas effectués dans la journée… Ce classement ne prend donc pas en compte les entreprises de la BioTech (pharmacie et recherche en biotechnologie), mais se concentre sur les start-up de la médecine. Les critères retenus sont les montants levés, la visibilité, le nombre de salariés et la nature de l’innovation apportée.


En France, l’e-santé s’évaluait à 2,7 milliards d’euros et rassemblerait entre 28 000 et 38 000 emplois, selon l’étude « e-santé : faire émerger l’offre française en répondant aux besoins présents et futurs des acteurs de santé» commandée par la Direction Générale des Entreprises et réalisée par les cabinets Care Insight et Opusline, en 2014.

Le guide des start-up de la e-santé proposé en 2016 par France eHealthTech, estime que 51 % des jeunes pousses médicales sont installées en Île-de-France. 57 % embauchent moins de cinq équivalents temps plein. Côté développement, 31 % d’entre elles n’ont pas de chiffre d’affaires, 25 % empochent moins de 100 000 euros par an, 25 % de 100 à 499 000 euros. Et 68 % recherchent actuellement des fonds. Ce qui pourrait indiquer une fragilité du secteur. Enfin, les start-up de la MedTech se répartissent ainsi : 63 % s’adressent au grand public, patients et professionnels de santé, 57 % aux établissements.

Plusieurs entreprises françaises du secteur de la e-santé ont été rachetées par des grands groupes étrangers. C’est notamment le cas de MedTech, une start-up de conception de robots chirurgicaux reprise par Zimmer, ou de Withings, une gamme d’objets connectés (balance, montre, babyphone…) rachetée en 2016 par Nokia. Ces start-up n’apparaissent donc pas dans ce classement.

1. Carmat : cœurs artificiels

Composé à partir du nom du cardiologue Alain Carpentier et de l’entreprise Matra, Carmat a permis la première greffe d’un cœur artificiel. Fondée en 2008, l’entreprise a implanté le premier cœur artificiel en 2013. Carmat a suspendu les essais après le décès du dernier et cinquième patient greffé en 2016. En mai 2017, l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments (ANSM) a autorisé l’entreprise à reprendre ses essais qui permettraient à des personnes condamnées de bénéficier d’un cœur artificiel.

L’entreprise a reçu 33 millions d’euros de BPI France à son lancement en 2008. Après plusieurs augmentations de capital (16 millions en 2010, 29,3 millions en 2012, 5,3 millions en 2014, et 11 millions en 2015) l’entreprise renforce ses fonds propres de 50 millions d’euros en 2016. La même année, elle a dépensé 14 millions d’euros en R&D. Au 31 décembre 2016, 56 personnes étaient employées par Carmat. 

2. Doctolib : prise de rendez-vous

Fondé en 2013, Doctolib propose un service très simple : permettre aux patients de prendre rendez-vous avec un médecin généraliste ou un spécialiste en quelques clics, 7/7 et 24/24. La plate-forme est synchronisée avec l’agenda du soignant. Pour le patient, c’est la possibilité de trouver un praticien rapidement et de ne pas perdre de temps lors de la prise de rendez-vous. Pour le médecin, c’est l’assurance de réduire le temps de gestion de secrétariat et de voir le nombre de rendez-vous non honorés diminuer puisque un SMS est envoyé au patient afin qu’il n’oublie pas la date, l’heure et l’adresse de sa consultation.

En avril 2017, la start-up employait plus de 300 salariés. Elle a levé 50 millions d’euros depuis son lancement. 19.000 praticiens sont disponibles sur l’application et 8 millions de patients consultent le site chaque mois. Doctolib vient également de signer un contrat avec l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP).

3. Mon docteur : prise de rendez-vous

Concurrent direct de Doctolib, également fondé en 2013, Mon docteur permet de trouver un médecin proche de chez soi et prendre rendez-vous en ligne. Pour les praticiens, Mon docteur propose également un agenda connecté à partager avec les secrétaires médicaux. Enfin, un système de rappel du rendez-vous évite l’absentéisme. Soutenu par Lagardère active, qui a injecté 15 millions d’euros, Mon docteur espère être utilisé par 20 % des praticiens d’ici 2018. Le site gère plus d’un million de rendez-vous par mois et emploie 200 salariés.

4. Robocath : des robots pour le cœur

Pour améliorer les conditions de travail du personnel soignant, Robocath propose un télémanipulateur de cathéter qui éloigne le cardiologue des appareils source de rayons X. Fondée en 2009 par le docteur Bencteux, la start-up est en train de boucler une levée de fonds, ce qui devrait lui permettre d’entrer dans la phase d’industrialisation de son produit. Il s’agira de sa troisième levée de fonds, l’entreprise avait déjà levé 900.000 euros en 2015 et 600.000 en 2013.

5. HAPPYneuron : stimuler les capacités cognitives

Mémoire, concentration, logique, langage… : HAPPYneuron, du groupe SBT, propose des solutions pour améliorer les performances et stimuler les capacités cognitives. 200 jeux sérieux pour enfants, adultes, personnes âgées ou souffrant de déficiences visuelles et auditives sont développés par HAPPYneuron. Disponibles en onze langues, les outils ont été utilisés par 21.115.184 utilisateurs dans le monde. La start-up se présente comme le leader européen de la simulation cognitive.

6. Santech : au service des anciens

Comme l’indique l’entreprise, « Santech édite une plateforme logicielle innovante conçue spécifiquement pour la e-santé. » Elle permet aux acteurs de santé de proposer des solutions sur mesure de prévention destinées au grand public. Elle est également utilisée « par les acteurs du maintien à domicile des personnes âgées ou dépendantes ». Par exemple, la start-up fondée en 2012 propose le service Aide et moi : cette application adaptée aux seniors leur permet d’être plus facilement en contact avec leurs proches et de se coordonner avec les aidants. De leur côté, ces aidants ont accès à un agenda partagé et un cahier de liaison.
Fin 2016, l’entreprise comptait 15 salariés et un chiffre d’affaires de 1 million d’euros en 2017.

7. UmanLife : carnet de santé connecté

La start-up se présente comme un coach bien-être et santé. Lancé en 2011, UmanLife permet de contrôler ses addictions, se donner des objectifs, surveiller son alimentation… L’entreprise surfe sur la vague healthy en proposant aux utilisateurs de prendre leur vie en main avec l’aide de ce coach numérique. Synchronisation des objets connectés, conseils, partages d’expériences, programmes de training… La start-up a remporté six trophées et compte dix collaborateurs.