Il existe en France une compétition féroce entre les start-up qui désirent lever des fonds. Une compétition saine peut être bénéfique pour l’écosystème en général. Mais si ces dernières font partie des meilleures dans le monde, elles sont confrontées à un plafond de verre qui les empêche d’exploiter pleinement leur potentiel. Nous avons interrogé Hosni Zaouali, Executive Course Facilitator à l’université Stanford et fondateur du VC-BootCamp.

 


Quel est l’état actuel de l’écosystème d’innovation français ?

Hosni Zaouali : Aujourd’hui, les start-up françaises font comme toutes les autres start-up dans le monde : elles survivent grâce à une combinaison de subventions et de capital-risque. Ceci étant dit, les start-up françaises témoignent d’un énorme potentiel. Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, le machine learning, le deep learning et les neural networks, nous allons enfin voir un rapprochement s’effectuer entre le monde entrepreneurial français et les institutions universitaires qui se spécialisent dans les mathématiques. En effet, nous avons en France une tradition mathématique qui va peut-être enfin servir aux start-uppeurs se spécialisant dans l’intelligence artificielle. La seule question qui reste en suspend est de savoir si ces start-up vont pouvoir s’épanouir en France ou si elles se verront récupérées par les firmes de capital-risques étrangères.

 

Que manque-t-il à l’écosystème français pour valoriser au mieux ses innovateurs ?

Hosni Zaouali : Pour exploiter son potentiel pleinement, il manque à notre écosystème deux composantes clés :

  • Plus d’angel investors prêts à investir des petites sommes dans des dizaines de milliers d’idées embryonnaires.
  • Plus de firmes de capital-risque capables d’injecter des sommes conséquentes dans des idées qui démontrent un grand potentiel.

Malgré leur potentiel extraordinaire, si ces start-up ne trouvent pas les investisseurs capables d’oser croire en leur réussite en France, elles iront simplement chercher ailleurs.

 

CEO qui examine un contrar

 

Quel intérêt représentent les start-up françaises pour un investisseur étranger ?

Hosni Zaouali : Les fonds d’investissements étrangers le savent bien : il y a en France une recrudescence de start-up innovantes et même révolutionnaires. Et vu que les venture capitalists français n’ont pas encore acquis l’expertise, ni la culture des investissements en Serie C – D – E, les VCs de la Silicon Valley, de la Chine ou même d’Israël accèdent à nos perles avec un minimum d’effort. Parfois, sans même avoir à se déplacer. Ce sont nos start-up qui vont jusqu’à faire le voyage pour aller les séduire. Posons-nous alors la question de savoir combien de nos talents ont fait leurs valises pour San Francisco, New York ou Toronto.

 

Existe-t-il des solutions pour que nos start-up séduisent davantage le capital ?

Hosni Zaouali : Il est essentiel de multiplier les rapprochements entre les start-uppeurs français et le capital américain.

Si la réussite de notre écosystème d’innovation est aussi entre les mains de nos investisseurs, il nous faut donc les aider à acquérir les mêmes armes que leurs confrères américains ou chinois. Pour ce faire, il est important de multiplier les échanges. Cela peut se matérialiser par des voyages d’affaires en délégation, des événements professionnels croisés ou encore des initiatives telles que les bootcamps pour start-up, etc… Le but est de faire se rencontrer VCs et innovateurs dans des conditions favorables à l’investissement.