La décentralisation de la Blockchain constitue un attrait majeur pour bien des secteurs d’activité liés à la finance.

Grâce à son puissant pouvoir disruptif (beaucoup de pédagogie est encore nécessaire), la Blockchain pourrait (enfin) en finir avec les points faibles des services financiers tels que nous les connaissons : lenteur, erreur(s) humaine(s), complexité administrative, et bien entendu, coût exorbitant.

Plus largement, nous essaierons également d’en percevoir les effets au niveau des entreprises, et ce, concernant la comptabilité et les potentiels montages financiers.

 

La Blockchain, ce registre ultra-sécurisé et inaltérable

Lier Blockchain et finance est une association très naturelle puisqu’il ne faut pas perdre de vue que cette révolution technologique n’est autre qu’un immense carnet où toutes les transactions sont notées et validées. En ce sens, le terme « disruption » pourrait enfin être utilisé avec pertinence ! Ce mot tiroir convient parfaitement puisqu’il désigne une restructuration d’un écosystème par l’innovation.

Les possibilités offertes par la Blockchain, pour les professionnels comme pour Mr ToutLeMonde, touchent de nombreuses applications : paiements, virements, gestion de l’identité en ligne… Tout serait ainsi beaucoup plus rapide, et surtout, fiable.

Juste un exemple : réaliser un simple virement international nécessite, de nos jours, entre 2 et 5 personnes, 24 heures dans le meilleur des cas et quelques dizaines d’euros. Via la Blockchain : disparition des middle-men (ces intermédiaires si coûteux…), coût de quelques centimes et réalisation en… quelques secondes (tout comme l’intégration sur le carnet comptable « blockchainisé »).

 

Quid de la comptabilité d’entreprise ?

Au niveau des entreprises, la suite logique concerne l’arrivée de la Blockchain dans le monde des experts-comptables. Le principe même de la comptabilité n’est autre que sa double écriture (débits/crédits) vérifiée par des auditeurs.

L’impact de la Blockchain est polymorphe dans le monde de la comptabilité, mais le plus important est relatif au fait qu’il ne sera plus nécessaire de vérifier l’intégrité du livre de compte ! Que la Blockchain de l’entreprise soit publique ou privée, tout est vérifiable est un clin d’œil, et surtout, inaltérable comme souligné plus haut.

En d’autres termes, le métier pourrait changer (travail de fond sur les clés privées des comptes « blockchain » de l’entreprise), mais aucunement être remplacé. La tâche de « correction » étant inutile, l’expert-comptable pourrait alors, par exemple, se consacrer à des audits internes continuels plutôt qu’annuels : idéal pour optimiser la santé financière d’une entreprise.

 

Disparition des frontières « fiscales », une aubaine pour les fiscalistes ?

D’un point de vue fiscal, les possibilités offertes par la Blockchain sont pertinentes, mais il serait tentant d’opter pour certains montages financiers. Bien que le monde du offshore n’ait pas bonne presse, cette disparition des frontières est une réalité.

En effet, créer une structure en restant anonyme est tout à fait possible via un smart contract prédéfini, ou via des partenaires acceptant d’être rémunérés en crypto-monnaies. La question de la mise à jour des standards fiscaux internationaux est plus que jamais à l’ordre du jour, car, une fois de plus, la technologie va bien plus vite que les lois

Comme souligné lors d’une précédente tribune, la Blockchain a un impact bien plus important qu’Internet dans nos vies. Internet n’est qu’une structure permettant d’afficher des contenus, alors que la Blockchain nécessite une refonte de tout un système. Que ce soit l’OCDE, les experts financiers ou encore les entrepreneurs eux-mêmes, il est temps de prendre en compte cette disruption dans le cadre d’une vision à moyen terme (voire court terme)…