Adopté à la fin du mandat de Barack Obama, le visa spécifique pour les entrepreneurs devait entrer en vigueur, aujourd’hui, 17 juillet. L’administration Trump a annoncé en début de semaine qu’elle comptait repousser la mise en place de l’International Entrepreneur Rule au mois de mars 2018. En attendant, c’est l’abrogation de ce qui était déjà surnommé le Visa Start-up.

C’était sur le salon Viva Technology, le président Emmanuel Macron annonçait la mise en route du French Tech Visa, une loi votée sous François Hollande. Un passeport talents pour faciliter la venue et l’installation de jeunes pousses étrangères. Une mesure largement saluée par l’écosystème. Après la sortie de l’Accord sur le climat, Donald Trump réitère dans le registre des décisions à contre-courant. Lundi 10 juillet, son administration annonçait que les start-uppeurs n’auront pas de Visa spécial aux Etats-Unis. L’International Entrepreneur Rule était pourtant attendu pour le 17 juillet.

Approuvé en janvier 2017, dans les derniers jours de la présidence Obama, ce régime particulier devait favoriser l’installation de jeunes entreprises étrangères sur le territoire. Avec ce visa, les entrepreneurs étrangers, dont la start-up était subventionnée à hauteur de 100 000 dollars par le gouvernement américain ou bénéficiant d’investissement à hauteur de 250 000 dollars, de rester deux ans, voire même quatre, sur le territoire américain. Près de 3000 start-up auraient pu être éligibles à ce nouveau programme. Le Département de la Sécurité Intérieure souhaite profiter de ce report pour lancer une consultation publique avant l’abrogation définitive du texte. 

Vives réactions dans l’écosystème

Le petit monde de la tech n’a pas tardé à réagir. Steve Case, l’un des fondateurs de AOL a dénoncé la « grosse erreur » de la suppression du start-up visa. Selon lui, « les entrepreneurs immigrés sont des créateurs d’emplois, ils ne les volent pas ».


Steve Case a également rédigé un post largement relayé, « America will fall behind without immigrant entrepreneurs », dans lequel il mentionnait le Talent Visa français. Autre réaction notable, celle de Gary Shapiro, chief executive du CES (Consumer Technology Association), selon lequel l’abrogation causera des dommages sur l’innovation et la création d’emplois aux Etats-Unis. « Les 44 start-up milliardaires fondées par des migrants aux Etats-Unis ont créé en moyenne 760 emplois américains chacune. »

Déjà, en avril dernier, le président américain avait signé un décret ordonnant aux ministères d’effectuer la réforme totale du programme de visas H1B, largement utilisé dans la Silicon Valley. Le H1B est un permis de travail temporaire destiné aux ingénieurs, scientifiques et informaticiens. Donald Trump souhaite ainsi valoriser deux principes édictés durant sa campagne : acheter américain et embaucher américain. Plus globalement, ces deux réformes de visas spécifiques s’intègrent dans un rejet généralisé de l’immigration. Le décret anti-immigration voulu par Trump est confronté à de nombreuses procédures judiciaires : le 14 juillet, le ministre de la justice Jeff Sessions annonçait qu’il allait solliciter la Cour Suprême, rapporte l’AFP. Le décret anti-immigration interdit l’entrée aux Etats-Unis des ressortissants de six pays musulmans, Syrie, Libye, Iran, Soudan, Somalie et Yémen.