Agilité, résilience et innovation sont trois forces des start-up françaises pour transformer la crise en opportunité. A condition d’actionner les bons leviers pour bâtir son plan de rebond et d’avoir les moyens de les mettre en œuvre.

Les licornes occupaient encore une place de choix dans l’actualité début 2020. Et puis la Covid19 est passée par là et plusieurs d’entre elles ont été malmenées par les tensions économiques, contraintes à licencier massivement. On se souviendra des annonces faites par Uber et consorts au printemps dernier dont les marchés ont subi de sévères rétractations.


Au même moment, des start-up françaises bouclaient des méga-levées de fonds : ContentSquare levait 174 millions d’euros, Back Market 110 millions d’euros et Alan 50 millions d’euros, cette dernière étant reconnue par CB Insights comme l’une des futures licornes mondiales. Une bonne nouvelle car il est important que davantage de nos start-up deviennent des licornes si on veut maintenir l’ambition française de « start-up nation » et enrichir notre tissu d’ETI.

 

De fructueuses ressources entrepreneuriales

Certes, les repères sont en train de changer tout autant que les priorités économiques et de consommation. Le Président de la République s’est engagé en faveur d’une relance « forte, écologique, souveraine et solidaire » lors de son allocution du 14 juin 2020. Mais force est de constater que les entrepreneurs français ont de tout temps démontré une grande capacité de résilience, d’agilité et d’innovation qui peut les faire gagner.

Certaines start-up n’ont d’ailleurs pas attendu et l’ont démontré pendant le confinement : à l’image de celles qui disposaient d’imprimantes 3D et les ont utilisées pour répondre aux besoins du secteur médical en équipements de protection ; ou encore de biotech qui ont fait travailler leurs équipes sur la mise au point de kits de diagnostic et de tests ou sur la recherche de vaccins.

Une étude BVA pour EDF parue le 13 juillet 2020 souligne d’ailleurs que 90% des Français font confiance aux PME qu’ils savent être des rouages-clés pour relever notre pays.

 

4 leviers à actionner

Pour relever ces défis et s’approprier les nouveaux codes et priorités économiques du « monde d’après », les start-up ont quatre leviers à actionner :

  • Ajuster leur stratégie de développement en tenant compte des nouvelles priorités observées sur leur(s) marché(s). La digitalisation accélérée des processus et des organisations peut jouer le rôle d’accélérateur et leur ouvrir des portes. Les innovations tech sont en effet essentielles à l’incontournable transformation digitale des acteurs économiques français. Si la start-up tient compte des adaptations des schémas logistiques et d’approvisionnement, ou encore des évolutions des relations commerciales internationales, alors elle a toutes les chances de tirer son épingle du jeu en ayant un horizon suffisamment large pour assurer sa croissance.
  • Repenser leur démarche de partenariat pour multiplier les opportunités de business croisé et s’approprier les règles du « chasser en meute » entre start-up.
  • Travailler leur raison d’être, qui va servir de colonne vertébrale au plan de croissance, faire le lien entre l’activité et la valeur sociétale créée, fixer un cap mobilisateur pour les équipes en place et attractifs pour les talents à recruter
  • Et surtout, ne jamais céder aux sirènes de l’attentisme et élaborer rapidement un plan de rebond qui va permettre la mise en œuvre opérationnelle de cette stratégie ajustée.

 

Toujours et encore : la force est dans l’exécution du plan

Car tout entrepreneur expérimenté vous le répétera : la clé du succès reste et restera l’exécution du plan prévu. Pour cela, la start-up doit se donner les moyens d’exécuter le plan. Trois points de vigilance à avoir sur ce sujet :

  1. Consolider sa trésorerie et son BFR grâce aux dispositifs disponibles (PGE, French Tech Bridge de Bpifrance, remboursement accéléré du CIR, etc.).
  2. Travailler sa stratégie marketing pour dépasser la promotion d’une offre et raconter comment cette innovation va changer le monde et répondre aux contraintes, enjeux et aspirations actuels. Pour réussir, il faudra que le fondateur de la start-up lui-même s’investisse dans le sujet et s’approprie le pitch.
  3. Ajuster son organisation: sur ce sujet, les start-ups ont une longueur d’avance et l’ont montré pendant le confinement. Reste à tirer les leçons de cette période particulière pour revoir sa gestion du travail et la rendre plus performante – en maniant autrement le télétravail, en imaginent d’autres modèles par exemple. Il sera aussi essentiel que la start-up se dote d’un comité de direction apte à prendre les décisions délicates qui ne manqueront pas d’arriver par les temps troublés à venir.

 

Les start-up comme les PME ont un vrai rôle à jouer dans la relance. Elles peuvent devenir le fer de lance de l’innovation française à un moment où les cartes du jeu économique mondial vont être redistribuées. N’attendez plus, transformer la crise en opportunité et donnez corps à la « licorne nation » !