Les entreprises déjà rodées avec les vaccinations anti-grippales devraient être autorisées à proposer le vaccin anti-covid. Un moyen d’accélérer la campagne de vaccination, qui nécessite de nombreuses garanties, en particulier le maintien de la chaîne du froid. Le point avec Adrien Content, cofondateur de Koovea, spécialisé dans la technologie de suivi de température.

Depuis quelques mois, les entreprises peuvent mener sur site des campagnes de dépistage du covid pour les salariés volontaires. Elles pourront prochainement leur proposer le vaccin. Une possibilité entérinée par le ministère du Travail qui voit “les entreprises comme une partie intégrante de la stratégie nationale de lutte contre l’épidémie“. Une partie du protocole pourrait être inspirée de ce qui est fait déjà avec la vaccination contre la grippe en entreprise – depuis plus de 20 ans – sur la base du volontariat (lettre circulaire du 26 avril 1998 relative à la pratique des vaccinations en milieu du travail par les médecins du travail).

Vaccination et rupture de la chaîne du froid

Se pose dès lors la question de la température de certains des vaccins comme celui de Pfizer-BioNTech qui doit être maintenue à -70°C (grand froid). Dans un article du Figaro, paru dimanche 3 janvier, un conseiller du Premier ministre estime en qu’ « entre 25 et 30% des doses de vaccin pourraient être perdues » en France, en raison de problèmes logistiques. Cela représenterait une perte de 50 à 60 millions de doses sur les 200 millions commandées par la France. Adrien Content, cofondateur de Koovea, spécialiste de la chaîne du froid et acteur de la campagne de vaccination confirme que la rupture de la chaîne du froid représente chaque année dans le monde une perte de 35 Mds de dollars, et qu’elle n’est pas sans conséquences pour la santé : « En cas de non-respect de ces températures et donc de la chaîne du froid,  l’impact peut être critique, il entraîne une diminution du principe actif, perte totale d’efficacité, voire accentuation des effets secondaires. ». Pour garantir un suivi de température de bout-en-bout, depuis les transporteurs de santé spécialisés jusqu’aux plateformes de distribution, en passant par l’acheminent final (dernier kilomètre) par les répartiteurs pharma avant d’arriver dans les entreprises où la « logistique des vaccins nécessiterait ensuite un transport par caisse isotherme et un stockage en frigo sur site », ce spécialiste propose des outils (sondes de température miniaturisées) de supervision connectée en temps réel.

Reste la question du professionnel de santé autorisé à procéder à la vaccination ? « Nous avons encore peu de recul là-dessus. La vaccination doit être réalisée par un professionnel de santé : médecins, infirmiers, pharmaciens,… des personnes susceptibles de se déplacer sur les lieux de travail, mais nous avons encore peu de recul là-dessus. » Le gouvernement qui tente d’accélérer le rythme de vaccination avec un objectif d’un million de doses hebdomadaires en mars prochain, autorise désormais les infirmiers -mais pas les pharmaciens- à pratiquer les injections « à condition qu’un médecin puisse intervenir à tout moment ».

De son côté le Medef se montre favorable à l’idée de mener des vaccinations covid en entreprise notamment pour sécuriser la reprise d’activité : “C’est d’abord l’intérêt des salariés, puis le nôtre après. Parce que moins on a d’arrêts maladie, mieux on se porte”, a expliqué Franck Allard au micro de BFM BusinessPour Adrien Content, « il n’y a pas de limite au nombre de vaccinations en entreprise à condition que les moyens soient mis derrière : nombre de personnel soignants, nombre de vaccins et espace de stockages adéquats. »

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