Mmmh est un Chatbot bientôt disponible au grand public sur Messenger qui permet à ses utilisateurs de poser toutes sortes de questions sur leur alimentation : comment cuisiner le potimarron, que peut manger une femme enceinte, quelle recette faire avec les restes du réfrigérateur, comment avoir une alimentation équilibrée, quelles sont les protéines autres qu’animales… Pensé par Hugo Caffarel, un ancien de Michel & Augustin, et Maxime Patte, un ancien de Carrefour, l’outil ludique espère donner goût à la cuisine et éclairer les consommateurs sur les produits qu’ils achètent.

Prononcer le nom de leur start-up revient à engloutir goulûment une bouchée de madeleine de Proust. Une courte onomatopée qui nous replonge en enfance, au temps des goûters extraordinaires attendus à humer la tarte encore chaude. « Mmmh », quatre lettres qui font monter la salive aux babines. Quatre lettres qui permettent surtout de discuter avec un chatbot, sur Messenger. Ouvert le 1er avril 2017, le service sera disponible aux 3000 pré inscrits dès le 15 septembre, avant d’être accessible au grand public d’ici la fin de l’année. S’il est évocateur, Mmmh est surtout très efficace : ce chatbot propose en effet des conseils – recettes, nutrition, composition des ingrédients… – et répond aux questions variées et pointues des internautes. De la composition de l’eau au choix d’un melon en passant par les bienfaits du miel et les idées recettes adaptées à un sportif, une femme enceinte ou une personne allergique.

100 carottes !

« Nous voulions revenir aux fondamentaux du mieux manger », explique Hugo Caffarel, CEO et cofondateur de la jeune pousse avec Maxime Patte. Les deux jeunes entrepreneurs prétendent appartenir à la « génération poissons panés », « des adultes qui ont reçu plus jeunes leur éducation alimentaire le midi à la cantine et le soir devant des poissons panés. » Une génération qui a aujourd’hui conscience de l’importance d’une alimentation saine et équilibrée, mais qui, par manque de temps, de motivation, ou d’argent et surtout, de repères, ne sait pas par où commencer pour changer ses habitudes alimentaires.

Mmmh propose donc d’être un accompagnateur personnalisé et ludique. Un système de carottes, la monnaie interne, permet à l’utilisateur de « grignoter sa cagnotte » comme il le souhaite : recevoir des conseils d’experts, des recettes personnalisées… Camille Ungerer est la nutritionniste en chef de l’équipe, elle réalise les recettes sur mesure, en fonction des goûts et des intolérances de chacun. « Pour les questions plus techniques, nous effectuons une sorte de devis pour voir en combien de temps et combien de carottes nous pouvons répondre. »  

Pour obtenir des carottes, il suffit de souscrire un abonnement sans engagement entre 2 et 30 euros selon les fonctionnalités, et se prendre au jeu, les progrès de l’internaute lui donnant accès à de nouveaux services. Et en 2018, il sera même possible de dépenser les carottes accumulées chez les partenaires de la « Nouvelle Distribution », sélectionnés avec soin.

« Supermarché idéal »

La Nouvelle Distribution, une expression qui n’est pas sans rappeler le « Supermarché idéal » imaginé en 2016 par Hugo Caffarel. Cette année-là, le jeune nîmois diplômé de l’ESC Dijon mettait fin à trois ans de collaboration chez Michel & Augustin et se lançait en solo en gagnant un concours de pitch organisé par Les Echos Start. Il voulait alors « réinventer le modèle du supermarché traditionnel en fédérant des groupes de consommateurs, de producteurs, de startupers, d’influenceurs et d’employés autour d’un lieu unique proposant une nouvelle façon de faire ses courses. » Avec ce pitch, Hugo séduit Maxime Patte, diplômé de Supelec et Sciences Po, le jeune homme effectue alors un graduate program chez Carrefour. L’entente est immédiate. « Nous nous connaissions depuis trois mois, Hugo faisait un tour de France des entrepreneurs et j’ai décidé de quitter mon job », raconte Maxime.    

Quinze personnes sont sélectionnées en mai 2016 sur la page Facebook du Supermarché idéal pour lancer la nouvelle aventure : « elles ont complété un questionnaire sur leurs habitudes alimentaires, leur pire souvenir culinaire, s’ils cuisinaient avec leurs parents… Puis nous sommes allés chez eux durant trois heures, nous avons ouvert leur frigo et leurs placards. » Pendant le mois suivant, les deux compères répondent sur Whatsapp à toutes les questions posées par ces quinze premiers utilisateurs. « Certaines questions étaient tellement pointues que nous avons demandé à des experts de répondre. L’aspect conversationnel a été particulièrement apprécié car l’alimentation est quelque chose de très personnel. » Mais surprise, certaines personnes n’osent pas entrer en contact. « Nous leur avons donc spontanément envoyé des conseils, pour aiguiser leur curiosité », indiquent les deux entrepreneurs. En septembre, ils décident d’ouvrir le service à de nouveaux utilisateurs, mais face aux 2000 nouveaux inscrits, Whatsapp qui ne permet pas d’envoyer plus de 300 messages en même temps, ferme le compte la veille du lancement. Un mal pour un bien, Mmmh verra le jour sur Messenger.  

Nos propres cobayes

Lauréat du concours Digital Impact organisé par La Ruche et son incubateur La Social Factory, Mmmh bénéficie de dix mois de bureaux, d’incubation et de mentoring dans les locaux de La Ruche dans le 20ème arrondissement de Paris. Un joli coup de pouce pour la petite entreprise qui en a profité pour s’agrandir, se structurer et faire des choix stratégiques. « En novembre 2016 nous avons proposé deux solutions aux utilisateurs :  ils avaient le choix entre un service gratuit financé par la publicité et la revente de données OU un service payant sur abonnement mais avec la garantie d’être 100% indépendant et confidentiel. » Les internautes ayant répondu à 50/50, Hugo et Maxime tranchent en fonction de leurs convictions : « nous avons opté pour un service uniquement accessible sur abonnement. Toujours 100% indépendant et confidentiel. » L’équipe amorce actuellement une levée de fonds qui permettra de consolider l’équipe actuelle actuellement composée de cinq personnes. « Nous sommes les premiers utilisateurs de l’outil et nos propres cobayes », indiquent-ils. Si Hugo a arrêté d’aller en grande distribution, « sauf pour les produits ménagers », Maxime s’est mis à la cuisine.