Pour la première fois, l’Observatoire Réseau Entreprendre a organisé sa biennale  – un évènement qui a lieu tous les 2 ans – hors de France. C’est dans la capitale belge que l’organisation a réuni 1500 de ses entrepreneurs membres et en a profité pour sonder 14 000 chefs d’entreprise sur leur stratégie d’exportation européenne. Résultats !  

Près de la moitié des dirigeants de TPE-PME estiment que s’exporter à l’international est essentiel. Interrogés par l’Observatoire Réseau Entreprendre*, ils qualifient l’internationalisation de leur entreprise comme « une nécessité incontournable » ou encore « une priorité stratégique ». Mais la réalité est bien différente selon le sondage : seulement 16% d’entre eux sont implantés dans un autre pays et 35% exportent leurs produits.


L’Europe : le premier pas vers l’export  

Pour tous, la première étape est l’Europe. « La proximité géographique et culturelle [lui] donne un atout concurrentiel fort et offre aux entrepreneurs français des perspectives de croissance hors des frontières nationales » explique Frédérique Jeske, la directrice générale de l’Observatoire Réseau Entreprendre. En effet, 62% des dirigeants sondés considèrent le marché européen comme prioritaire dans leur développement à l’international. L’une des raisons les plus évoquées (à 67%) est qu’il est plus simple d’exporter et de s’implanter sur le continent européen que dans les pays qui n’en font pas partie.  

Une tendance que confirme le baromètre 2018 « Start-up, PME et ETI à la conquête du monde » réalisé par Pramex, société de conseil en implantation internationale, et par la Banque Populaire. Si les États-Unis restent le pays favori des entreprises françaises voulant s’exporter avec 16% des projets d’investissements en 2017, l’Europe concentre à elle seule environ 37 % des projets d’implantation.

L’Espagne attire les entreprises françaises

Là encore, ce qui attire les entreprises françaises n’est autre que « la proximité, [les] normes européennes facilitant les flux d’affaires, [la] devise commune (hors Royaume-Uni) et [l’] absence de droit douane. » Parmi les trois principaux pays européens qui attirent le plus d’entreprises françaises, c’est l’Espagne qui remporte la palme avec 8,4% de projets d’internationalisation. S’en suit le Royaume-Uni avec 7 % des projets d’implantation « en raison d’un écosystème financier puissant et d’un droit du travail souple », précise le rapport. Enfin l’Allemagne comptabilise 6,9% des projets d’implantation.

Mais si le marché européen apparaît comme un Eldorado aux yeux des entreprises françaises, des soucis de fonds persistent comme cela a été évoqué lors du « parlement européen des entreprises » ce 10 octobre. Cette journée de débats, organisée dans l’hémicycle du Parlement de Bruxelles a révélé que les patrons européens avaient encore aujourd’hui de nombreuses attentes envers l’Union Européenne (UE). Parmi elles, la promesse d’un marché unique et de ses 500 millions de consommateurs qui n’arrivent jamais par manque d’harmonisation des lois entre les pays, la pénuerie de main d’œuvre qualifiée ainsi que la fuite des talents hors de l’UE, attirés par de meilleures perspectives d’avenir…

* Cette étude de l’Observatoire Réseau Entreprendre a été effectuée en avril 2018 sur la base d’un questionnaire de 30 questions. 1 071 dirigeants ont répondu : 64% possèdent un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 millions d’euros ; 56% ont un effectif inférieur à 10 personnes et 63% sont des lauréats.