Magazines, ateliers, guides, boutiques… Avec Fou de Pâtisserie, Muriel Tallandier et Julie Mathieu surfent avec succès sur la nouvelle passion française : « la pâtisserie ».

Alors que la croissance économique en France bat de l’aile, que nos concitoyens sont épuisés et déprimés par les crises sanitaires et sociales, la pâtisserie connaît un engouement sans précédent. Les rayonnages des libraires croulent sous les ouvrages spécialisés, les programmes de télé comme « le meilleur pâtissier » cartonnent (cinq mille candidatures à chaque édition, trois millions de téléspectateurs par épisode), les ateliers sont surbookés par des amateurs passionnés ou des cadres en reconversion. Dans sa nouvelle École Ducasse à Meudon, les formations dédiées à la pâtisserie et à la boulangerie font le plein. Une France de passionnés de poche à douilles qui exhibe fièrement ses soirées « sugar porn » sur Instagram ou Pinterest.

S’il y a bien une personne que la folie pour la pâtisserie n’étonne pas, c’est Julie Mathieu, cofondatrice avec Muriel Tallandier du magazine Fou de Pâtisserie, le tout premier média français exclusivement dédié à l’univers de la pâtisserie de chefs. Dès son numéro un, en 2013, le bimestriel séduit 60 000 passionnés et s’impose très rapidement comme la référence du secteur. « Nous nous sommes lancées dans le sillage des premières émissions de télé qui sont devenues un phénomène » explique Julie Mathieu.

Les recettes du succès ? « Nous avons magnifié le travail des grands oubliés de la cuisine française, les pâtissiers, dont certains commençaient à devenir de véritables stars, comme Pierre Hermé, Yann Couvreur ou Christophe Michalak » ajoute Muriel Tallandier.

Fortes de leur magazine et d’une communauté de plus en plus puissante (600 000 abonnés sur Instagram, 300 000 sur Facebook et une chaîne Youtube), Muriel Tallandier, éditrice de magazines pour enfants (Tchoupi, Sam le Pompier, etc.), entrepreneure et spécialiste des médias, et Julie Mathieu, historienne, passée par les sciences et l’univers politique, se sont très vite diversifiées.

Pour fidéliser leur communauté, tous les mois, elles organisent des ateliers à destination des passionnés de pâtisserie : rencontres et dégustations avec les plus grands pâtissiers, visite des laboratoires de palaces, masterclass privées.

En 2018, elles déclinent le magazine dans un premier livre « Fou de Pâtisserie », devenu la « bible » des grands classiques de la pâtisserie française (sorti en octobre 2018 aux éditions Marabout), adapté aujourd’hui en Allemagne, en Corée du Sud et jusqu’en Chine.

Surtout, les deux femmes décident de décliner le concept en boutiques pour proposer chaque jour le meilleur de la haute pâtisserie française signée des plus grands chefs pâtissiers réuni dans un seul et même lieu. Trois premiers magasins voient le jour dans les quartiers branchés de Paris (Montorgeuil, rue des Martyrs). Auxquels sont venus s’ajouter un pop-up store et un espace de dégustation au cœur du BHV Marais, puis un salon de thé en plein cœur du quartier Saint-Germain.

Et les deux femmes ne comptent pas en rester là. Car si 2020 n’a pas permis de poursuivre le développement à la vitesse qu’elles auraient souhaitée, 2021 s’annonce comme une année d’accélération pour Fou de Pâtisserie. « Nous allons continuer à nous développer en lançant le premier guide des grands pâtissiers à l’occasion des premiers trophées de la profession » explique Muriel Tallandier. Une façon pour Fou de Pâtisserie de s’imposer comme le « Michelin » des pâtissiers en décernant, non pas des « macarons », mais peut-être des « éclairs » pour continuer à mettre en lumière la profession.