Ces dernières années, le marché des produits et services numériques à destination des entrepreneurs est en pleine explosion. Il n’y a qu’à regarder du côté des Next40 ou encore des levées de fonds récentes pour s’en rendre compte. Ce ne sont pas les entrepreneurs qui vont s’en plaindre, d’ailleurs les créations d’entreprises sont elles aussi en forte hausse. 

 


Un marché dynamique

On a longtemps parlé de la transformation digitale des grandes entreprises, mais aujourd’hui, ce sont essentiellement les solutions aux problèmes de tous les professionnels et entreprises (TPE-PME) qui se développent pour faciliter la vie de tous les entrepreneurs. Les produits et services numériques à destination des entrepreneurs ont le vent en poupe, et les levées de fonds en témoignent.

Quelques exemples des dernières levées en date :

  • Qonto a bouclé une levée de fonds record de 104 millions d’euros pour accélérer la croissance de son offre de compte bancaire dédié aux PME et professionnels (janvier 2020)
  • Payfit a levé 70 millions d’euros pour devenir la référence des solutions de gestion en ligne de la paie et des ressources humaines (juin 2019)
  • Alan a levé 40 millions d’euros pour son offre d’assurance santé et prévoyance à destination des entreprises (février 2019)
  • Spendesk a levé 35 millions d’euros pour sa solution de gestion des notes de frais (septembre 2019)
  • Finekcap a levé 39 millions d’euros pour poursuivre le développement de sa solution d’affacturage pour les TPE-PME (juin 2019)

Ce ne sont que quelques exemples, parmi de nombreuses levées, mais toutes ont point commun : ces solutions s’appuient essentiellement sur le numérique pour révolutionner leur secteur, en proposant une expérience quasi 100% en ligne.

 

Quels sont les secteurs concernés ?

La réponse est simple : tous les secteurs sont concernés.

Les plus évidents : les logiciels de facturation et de comptabilité en ligne, qui ont explosé ces dernières années (Henrri, JePilote, Quickbooks, Sage, …). La liste est très longue, et il y a même des logiciels dédiés à certains domaines d’activité (freelances, artisans…).

Quelques secteurs plus complexes ont aussi pris de l’avance “numérique”, proposant ainsi une alternative en ligne sur des secteurs plus traditionnels.

Citons ainsi :

  • Les Legaltech (Legalstart, Captain Contrat, Legalvision…), qui offrent des services de création d’entreprise en ligne, et tous les actes juridiques dont un entrepreneur pourrait avoir besoin (modèles de contrat, modification des statuts…)
  • Les néobanques professionnelles (Shine, Qonto, Anytime…).
  • Le financement professionnel, avec l’affacturage en ligne (Finexkap) ou le financement participatif pour les entreprises (October, Anaxago…).

La paie ou les solutions RH (Payfit), ou même les experts-comptables en ligne (ECL Direct, L-Expert-Comptable,…), ne sont pas en reste non plus. L’assurance professionnelle, quant à elle, se cherche encore un peu. Les barrières à l’entrée sont plus lourdes, et seules Alan (assurance santé et prévoyance) et Seyna (avec une petite offre pour les micro-entrepreneurs) ont réussi à devenir de “vrais” assureurs. Les autres offres sont plutôt proposées par des courtiers (Wemind, +simple, Assurup, Easyblue…), qui permettent de construire des offres d’assurance sur-mesure en s’appuyant sur des assureurs traditionnels.

Enfin, sans rentrer dans le détail, il existe aussi de nombreuses solutions numériques qui répondent à des besoins beaucoup plus spécifiques des professionnels et entreprises : gestion de trésorerie, gestion des factures fournisseurs, achats, supply chain… 

 

Des offres adaptées à tous les entrepreneurs ?

Même si les start-up mentionnées répondent à de nombreux besoins, et simplifient la vie de nombreux entrepreneurs en proposant des services facilement accessibles en ligne, ce n’est pas pour autant que le numérique est la solution la plus adaptée à tous les entrepreneurs.

Déjà, le numérique ne remplace pas l’humain. Certains entrepreneurs préfèrent avoir une relation directe avec leur banquier, leur expert-comptable, leur notaire par exemple. On peut les comprendre, quand on connaît la complexité juridique, fiscale et sociale en France. Il vaut alors parfois peut-être mieux payer un peu plus pour se faire accompagner, et profiter de conseils éclairés, plutôt que de vouloir économiser au maximum en passant par un service en ligne, souvent moins cher, mais aussi parfois moins “sur-mesure”.

Ensuite, au-delà des préférences des TPE-PME, il y a aussi parfois des limites à certaines offres “digitalisées”. C’est le cas de la comptabilité en ligne, dont l’offre est aujourd’hui souvent limitée à la comptabilité de trésorerie (qui ne conviendra donc pas à tous les profils d’entreprise). C’est aussi le cas des néobanques professionnelles, qui ne proposent pas de solution de financement ou d’épargne, et ne permettent même pas d’encaisser des espèces (à cause d’une licence bancaire limitée).

Si elles facilitent dans l’ensemble la vie de l’entrepreneur, les solutions numériques sont donc à étudier au cas par cas, mais à n’en pas douter le marché va continuer à évoluer dans le sens d’une digitalisation de services pour les professionnels et entreprise.