Après avoir emballé le Pont Neuf en 1985 et  le Parlement allemand dix ans plus tard, Christo et sa femme Jeanne-Claude avaient pour projet d’empaqueter l’arc de triomphe. Leur neveu Vladimir Yavachev a réalisé leur souhait à titre posthume.



Admiré, photographié ou encore critiqué, l’Arc de triomphe n’a jamais fait autant parler de lui depuis qu’il est paré de sa nouvelle robe. Imaginée en 1961, par Christo et Jeanne-Claude, l’œuvre a nécessité 25 000 mètres de tissu, 3 000 mètres de cordage et l’intervention de nombreux techniciens et corps de métiers différents pour un budget total de 14 millions d’euros.
Aujourd’hui décédés, les deux artistes contemporains, rendus célèbre par le gigantisme de leurs réalisations éphémères, n’ont pas eu le temps de voir leur œuvre révélée au public. C’est donc pour leur faire honneur que Vladimir Yavachev, successeur et neveu de Christo, a continué à réaliser leurs ambitions. Nous l’avons rencontré. 

Comment se fait-il que vous ayez décidé de succéder à votre oncle ? Comment avez-vous procédé pour créer une œuvre qui lui ressemble ? 

Vladimir Yavachev : Je travaille avec mon oncle depuis mes 17 ans, je l’ai accompagné dans tous ses projets depuis. J’ai appris sa vision des choses et sa façon de travailler. C’est normal d’avoir continué le travail que j’ai commencé avec lui. La seule chose qui a changé pour moi, c’est que maintenant je réponds à des interviews. Concernant les créations des œuvres, avant son décès, Christo m’a fait promettre que je mènerais à bien la réalisation de l’Arc. Pour nous aiguiller, il nous a laissé des recommandations spécifiques, non pas seulement à moi, mais à toute l’équipe ; nous savions ce que chacun devait faire pour pouvoir finir le projet .

À travers la réussite de l’emballage de l’Arc de triomphe, avez-vous le sentiment d’avoir  réalisé le souhait de votre oncle ? 

V. Y. : Oh, eh bien, nous l’avons fait ! Nous sommes allés au bout du processus ! J’espère avoir réalisé à titre posthume le souhait de mon oncle. L’Arc de triomphe emballé ressemble à ce que Christo a dessiné. C’est en équipe que nous avons travaillé dessus et nous nous sommes vraiment appuyés sur les dessins et les recommandations que mon oncle a laissés donc je pense qu’on a réussi tous ensemble.

Vladimir Yavachev : J’ai promis à mon oncle de réaliser une autre œuvre, que j’ai vraiment envie de faire d’ailleurs. Ce sera le Mastaba à Abu Dhabi cette fois-ci. 

Qu’est-ce que vous avez ressenti quand vous avez vu le résultat final et quand le public a commencé à découvrir l’œuvre ? 

V. Y. : C’est malheureux, mais je n’ai pas encore eu la possibilité de voir l’Arc face au public ? Depuis la fin de l’emballage, je suis extrêmement occupé. J’espère pouvoir y aller demain, ce sera sans doute une grande émotion. 

Quel regard avez-vous sur les retours et les polémiques autour de l’Arc de triomphe ?

V. Y. : Chacun a son opinion et je pense que les opinions sont personnelles. Vous savez l’art, c’est de l’art, chacun l’interprète comme il l’entend. Mon oncle et Jeanne-Claude ont travaillé sur la liberté et en liberté.  

Le 3 octobre prochain, l’Arc de triomphe reprendra son allure habituelle. Avez vous d’autre projets d’autres monuments à emballer ?

V. Y. : J’ai promis à mon oncle de réaliser une autre œuvre, que j’ai vraiment envie de faire d’ailleurs. Ce sera le Mastaba à Abu Dhabi cette fois-ci. 

 

 

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