Comment se faire confiance ? Comment cultiver sa curiosité et susciter l’engagement ? À travers 10 séances d’autocoaching, des exercices et des défis créatifs, Valérie Bogaert et Carole Cesareo guident le lecteur pour lui permettre d’exprimer ses talents. Un ouvrage pratique qui vaut qu’on s’y plonge avec envie. Pour les coachs, les formateurs, les managers. Et tous les curieux !


Qu’est-ce que qui prime pour faire jaillir sa créativité ?

Valérie Bogaert : Libérer sa créativité n’est pas l’apanage de quelques individus hors du commun. Trouver de nouvelles idées, des solutions pour s’adapter ou encore collaborer au mieux est à la portée de tous. L’ingrédient incontournable pour que la mayonnaise prenne : commencer par se faire confiance. 

Carole Cesareo : En effet, se faire confiance est essentiel. Cela passe par l’acceptation de sa singularité : chacun son style et la valeur des autres n’enlève en rien à votre valeur ! Autre ingrédient de la confiance : OSER. Faire des choses nouvelles, ne pas se mettre de barrières par rapport à ses idées, aller vers les autres pour tester ses idées… Bref, oser se lancer et se tromper aussi ! Mon expérience de vie aux États-Unis a changé mon regard sur l’échec. Là-bas, l’échec n’en est pas un, il fait partie intégrante de l’expérience. Ce qui prime, c’est l’action : pour que la créativité s’exerce, encore faut-il lui en donner l’occasion !

Face à toutes les contraintes existantes (qu’elles soient légales, sociales, environnementales, etc.), comment croire en soi ?

V. B. :  Cela demande parfois un peu d’audace d’essayer des choses nouvelles, d’expérimenter mais le bénéfice à la clé est réel. Les neurosciences nous apprennent que l’on peut justement passer progressivement d’un mode pilote automatique à un mode adaptatif. Avec le temps, de nouvelles connexions se font dans notre cerveau. Il devient plus facile d’être imaginatif et de considérer alors ces contraintes de manière plus optimiste comme des opportunités.

C. C. :  Croire en soi, c’est avant tout choisir de reprendre la main sur sa vie en faisant taire son critique intérieur et en allant vers ce qui nous porte. En avançant pas à pas, en reconnaissant ses progrès jour après jour, on entretient la confiance. Dans notre monde VUCA (Volatil Uncertain Complex Ambigu), nous sommes de plus en plus interdépendants. La confiance peut aussi venir des autres : il est parfois très utile de s’inspirer des autres ou de savoir s’entourer. 

Carole Cesareo : Je donnerais 3 conseils pour trouver le juste équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle : “Bien se connaître, mettre des limites et cultiver la positive attitude”

Quels conseils donneriez-vous pour trouver le juste équilibre entre vie professionnelle et personnelle ? 

V. B. : Pour ma part je recommande déjà de réaliser honnêtement une introspection de sa vie actuelle. Parfois, elle ressemble à une commode avec des tiroirs très pleins alors que d’autres sont quasi vides. Quels tiroirs sont à réaménager ? Pour y mettre quoi ? Plus de sport, de lien social… ?  Essayez d’être spécifique. Une fois les priorités établies, chacun peut décider d’objectifs concrets à atteindre en gardant en tête qu’il ne s’agit pas d’en faire trop mais plutôt d’y aller pas à pas (d’ici une semaine, un mois, un semestre qu’est-ce que je veux avoir accompli et comment je m’y prends). Ainsi si vous voulez courir un marathon, vous allez commencer par aller acheter de bonnes chaussures de course puis vous entraîner à courir 30 min puis 45 min, et ainsi de suite. L’envie de réaliser vos rêves vous aidera naturellement à rééquilibrer le temps passé au travail tout en gagnant en peps.

C. C. : Je donnerais 3 conseils pour trouver le juste équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle :

  • Bien se connaître. Laisser de la place aux activités qui nous ressourcent, écouter les signaux faibles et garder une certaine distance. Commencer la journée par une séance de yoga par exemple, peut être un bon moyen de ne pas se lancer directement dans sa journée, mais de reprendre le temps de se connecter à ses besoins, à ses envies et ainsi ne pas perdre de vue ses objectifs, la fameuse BIG PICTURE !
  • Mettre des limites. Savoir dire non, gérer ses horaires, savoir s’accorder des temps de déconnexion impliquent d’avoir une vision claire de ses priorités. Faire une carte mentale chaque début de semaine est un bon moyen de garder la vision de ses priorités personnelles comme professionnelles. 
  • Et surtout, cultiver la POSITIVE ATTITUDE, parce que cela procure un mieux-être général !

Pourquoi nos sociétés développées sont-elles finalement si compliquées, où la recherche du point d’équilibre semble chimérique ? 

V. B. : Jusqu’à peu à l’échelle de l’humanité, les hommes vivaient dans un environnement donné, pensant à assouvir leurs besoins primaires : manger, être en sécurité… et il n’était pas vraiment question de quête de sens. Désormais nous pouvons voyager, partir loin de chez nous, découvrir d’autres cultures et cela crée de nouvelles attentes. Et si je vivais à Bali est ce que je ne serais pas plus heureux ? Et si j’étais mon propre patron, ne serait-ce pas mieux pour moi ? Et si je possédais une voiture électrique, j’aurais un impact écologique moindre… C’est légitime de se poser ces questions puisque la seule certitude c’est justement l’incertitude dans laquelle nous évoluons désormais du fait des progrès technologiques. D’après le Forum économique mondial, 65 % des enfants qui entrent en école primaire aujourd’hui exerceront plus tard un métier qui n’existe pas encore. On le comprend, dans ce monde en mutation, la créativité est une compétence essentielle pour cheminer, trouver sa propre voie. La cultiver c’est avancer serein vers demain.

C. C. : Nos propres besoins, notre environnement changent en permanence, c’est pourquoi il est difficile de garder un équilibre, que ce soit au niveau des individus ou des organisations. Se doter d’outils, de méthodes, se former, tester de nouvelles approches est essentiel parce que les vieilles recettes ne fonctionnent plus toujours. Le rôle du collectif notamment évolue et il est indispensable aujourd’hui de s’appuyer sur l’intelligence collective pour que les organisations riment avec harmonie et efficacité. Cela ne s’improvise pas, mais des approches telles que le World Café sont très pertinentes pour faire avancer des projets tout en arrivant à un consensus.


 ➡ Valérie Bogaert est formatrice et enseignante experte en créativité. Sa double expérience en entreprise comme manager en marketing puis en tant qu’artiste plasticienne lui permet d’accompagner chacun grâce à une pédagogie créative unique visant à se faire confiance et explorer de nouveaux chemins.

 ➡ Carole Cesareo s’est lancée dans l’entrepreneuriat aux États-Unis, après 15 ans d’expérience dans le marketing et la communication. Elle accompagne aujourd’hui entrepreneurs, managers et équipes sur la voie de la créativité.