Les millionnaires de la planète sont aujourd’hui en mal de liquidités. C’est en tout cas ce qu’affirme un rapport de Capgemini, qui souligne la perte de 2 000 milliards de dollars dans le monde en 2018.

Le World Wealth Report 2019 de Capgemini analyse les Ultra high-net-worth individuals, soient les personnes qui pèsent au moins 30 millions de dollars. La part de cette population aurait ainsi reculé de 4 %, et leur richesse aurait chuté de 6 %. Ce fléchissement a ainsi engendré 75 % du recul global des richesses mondiales.


La deuxième catégorie la plus touchée est celle que le rapport appelle les « millionnaires intermédiaires » (ou High-net-worth individuals), qui pèsent entre 5 et 30 millions de dollars. Cette population représente 20 % du recul global des richesses. En revanche, les « millionnaires next-door », qui ont une fortune entre 1 et 5 millions de dollars, restent les moins touchés par ce déclin, alors qu’ils représentent 90 % des millionnaires concernés.

Le recul des richesses est surtout provoqué par la Chine, puisque la région Asie-Pacifique représente 100 milliards de dollars de pertes. La part des millionnaires intermédiaires a en effet chuté de 2 % et leur richesse de 5 %. Le rapport note que : « La Chine est responsable à elle seule de plus de la moitié (53 %) de la région Asie-Pacifique, et de plus de 25 % des pertes de richesse chez les millionnaires intermédiaires.

Le rapport ajoute que la fortune des millionnaires intermédiaires est également en déclin dans d’autres régions : -4 % en Amérique latine, -3 % en Europe et -1 % en Amérique du Nord. Le Moyen-Orient, lui, est l’exception qui confirme la règle, avec 4 % de richesse en plus pour les millionnaires intermédiaires qui sont 6 % supplémentaires, notamment grâce à un PIB robuste et un marché financier prospère.

Cliff Evans, vice-président chez Capgemini, a déclaré à Forbes que les milliardaires (qui constituent le haut du panier) ne sont pas protégés contre l’actualité du marché mondial, qu’il définit d’ailleurs comme une « période d’incertitude élevée ». 

Il ajoute : « Sans vouloir distinguer les milliardaires, je ne pense pas qu’ils soient protégés contre quoi que ce soit. Ce sont eux qui connaissent aujourd’hui les plus grandes pertes ».

Après une période de croissance de 7 ans, Cliff Evans estime que ce ralentissement provient des incertitudes quant aux relations diplomatiques entre la Chine et les États-Unis et de la pression sur le yuan qui en découle. Selon le rapport, la Chine est responsable de 53 % des pertes globales pour la région Asie-Pacifique, et les marchés chinois ont perdu plus de 2 500 milliards en capitalisation boursière l’an passé.

Bien que Bernard Arnault ait récemment fait les gros titres en devenant le troisième milliardaire (et le premier Européen) à valoir plus de 100 milliards de dollars, l’Europe est pourtant responsable de 24 % des pertes de richesse, avec plus de 2 000 milliards perdus par les millionnaires intermédiaires en 2018.

Selon le rapport de Capgemini, l’Europe a perdu 0,5 % de sa population de millionnaires intermédiaires, avec un pic de 3 % au Royaume-Uni. De plus, la croissance économique britannique est à son plus bas depuis 2012, en partie à cause de la « paralysie politique provoquée par le Brexit », qui fait peser de nombreuses incertitudes sur le marché. Des secteurs phares, tels que l’industrie et la construction, connaissent notamment un déclin marqué.

En revanche, l’Amérique du Nord était l’une des seules régions à enregistrer une augmentation de sa part de millionnaires intermédiaires (0,4 %), même si leur richesse a chuté de 1 %. Le rapport ajoute que : « Les millionnaires intermédiaires aux États-Unis ont fait mieux que dans d’autres pays développés, et ce grâce à la croissance économique. Le PIB américain a en effet augmenté de 3 % en 2018, contre déjà 2 % en 2017, avec une diminution nette du chômage et une légère augmentation des salaires ».