23andMe est une société américaine de biotechnologie qui propose une analyse du code génétique aux particuliers. Son immense base de données a servi à l’étude pour mettre en évidence un “gène gay“.  Portrait de sa fondatrice, Anne Wojcicki.

Anne Wojcicki a 45 minutes de retard, fait tellement ancré dans les habitudes du PDG de 23andMe que les employés ont cessé de s’en plaindre. Un jeudi matin d’avril, son équipe attend patiemment son arrivée au siège social de l’entreprise. Elle arrive vêtue d’un short de course, d’un t-shirt sur lequel est inscrit « Yay DNA » et de chaussures de tennis, après avoir pédalé 8 km pour aller travailler alors qu’elle est enceinte de huit mois.

Véritable reflet des passions de Wojcicki, le siège social de 23andMe, situé à Mountain View, Californie, ressemble à un croisement entre une start-up de la Silicon Valley et un club de fitness. Il y a des bureaux sur tapis roulant dans tout l’open space, des machines elliptiques dans les salles de conférence et des vélos Peloton dans la cafétéria, laquelle donne directement sur une salle de sport. Wojcicki reste d’une énergie débordante même après avoir grimpé les quatre étages menant à son petit bureau aux murs de verre, ne faisant qu’une pause pour remplir sa bouteille d’eau en métal. Elle s’assure que ses employés savent que leur bien-être est leur choix quotidien. « Je suis plutôt du genre à dire, ‘Je prends les escaliers et je suis enceinte ! Vous pouvez bien prendre les escaliers aussi !’ »  raconte Anne Wojcicki.

Une telle séance d’entraînement serait beaucoup pour la plupart des futures mamans, mais Wojcicki, qui a 45 ans et deux enfants avec son ex-mari, le cofondateur de Google, Sergey Brin, n’est même pas essoufflée. Et elle est toujours pleine d’enthousiasme lorsqu’il s’agit de ce qu’elle appelle son « premier enfant » : son entreprise vieille de 13 ans, 23andMe. Depuis son lancement, l’entreprise a récolté plus de 10 millions d’échantillons de salive provenant de personnes désireuses d’en savoir plus sur leur arbre généalogique ou ce qui représenterait un risque pour leur santé. Près de 5 millions de clients l’ont fait l’an dernier seulement, générant des revenus estimés à 475 millions de dollars pour l’entreprise, laquelle n’a pas encore réalisé de bénéfices. Classée 33e sur la liste Forbes des femmes les plus riches de cette année, Wojcicki a une fortune estimée à 690 millions de dollars, due en partie à sa participation à 30% dans 23andMe, qui est évaluée à 2,5 milliards de dollars par les investisseurs.

Avant d’en arriver là, Wojcicki a traversé une année horrible qui menaçait de mettre fin à tout ; sa séparation d’avec Brin en 2013 est survenue au moment même où la Food & Drug Administration (l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments) a forcé 23andMe à cesser immédiatement les ventes d’examen médicaux – et elle a également fait face à des sceptiques qui considéraient son entreprise comme un simple tour de passe-passe.

Wojcicki se retrouve aujourd’hui à un tournant de sa vie, tant au niveau personnel que professionnel. Elle se prépare tranquillement à mettre au monde son troisième enfant, cette fois-ci en tant que mère célibataire. « Je suis très obstinée. Quand j’ai envie de faire quelque chose, je le fais. Je voulais vraiment un troisième enfant. Alors, devinez quoi ? Je l’ai fait », dit Wojcicki. « Pour moi, avoir des enfants ne devrait pas être dicté par le fait d’être en relation ou pas. »

Et même si révéler que vous êtes scandinave à 5% ou que vous avez une prédisposition génétique à éternuer au soleil peut être un sujet de conversation intéressant lors d’un cocktail, les ambitions de 23andMe sont bien plus grandes. Wojcicki veut tirer parti de la chute exponentielle des coûts du séquençage génétique et de l’énorme bibliothèque d’ADN de 23andMe pour alimenter une « machine biotechnologique » qui non seulement informera quant aux prédispositions génétiques à certaines maladies mais aidera également à créer les médicaments qui traiteront ces maladies. L’idée de génie réside dans le fait que, si tout se passe comme prévu, 23andMe est gagnant à coup sûr. Les clients paient pour découvrir leur patrimoine génétique, puis l’entreprise utilise ces données pour tirer bénéfice un jour de potentiels nouveaux médicaments. 80 % des clients de 23andMe consentent à ce que leur ADN soit utilisé pour la recherche biomédicale.

« Je me suis dit que c’était formidable que des personnes nous paient pour construire la base de données », raconte Richard Scheller, l’expert scientifique de 23andMe. « Nos clients veulent que leurs données soient utilisées pour aider aux découvertes scientifiques. »

Le dernier chapitre en date de l’histoire de 23andMe a commencé en 2015 avec la création d’un groupe interne de découverte de médicaments. Avec 86 % d’échec lors d’essais cliniques de nouveaux médicaments, le développement pharmaceutique est indéniablement difficile et coûteux. Le coût moyen du développement d’un médicament aux États-Unis est d’environ 2,6 milliards de dollars. Ainsi, en juillet de l’année dernière, Wojcicki a conclu une entente avec le géant britannique GSK (anciennement GlaxoSmithKline – chiffre d’affaires en 2018 : 31 milliards de dollars), qui a investi 300 millions de dollars dans 23andMe et signé un partenariat exclusif de quatre ans pour identifier de nouvelles cibles pharmaceutiques. 23andMe devra partager les coûts de mise au point des médicaments, mais également les éventuels bénéfices.

Un autre secteur de croissance potentielle pour 23andMe réside en une approche plus profonde et plus personnalisée de la santé. Wojcicki veut encadrer les consommateurs en fonction de leurs gènes, en leur donnant plus de contrôle sur leur santé. Cela signifierait plus de partenariats comme celui avec la startup Lark Health de Mountain View, qui permet aux clients de 23andMe de s’inscrire pour un suivi en cas de diabète. Ou encore, cela pourrait signifier que l’application de 23andMe vous rappellera de boire plus d’eau ou de choisir un repas avec des tomates, qui, selon certaines recherches, aide à prévenir l’apparition de la maladie de Parkinson. Wojcicki ne partage pas encore les détails du programme d’encadrement.

Ce ne sera pas une tâche facile. Il n’existe aucune preuve clinique que les personnes qui ont appris par le biais de tests génétiques qu’elles présentent un risque génétique élevé pour une maladie particulière modifient radicalement leur mode de vie pour réduire ce risque. En fait, il existe de nombreuses preuves, tant scientifiques qu’anecdotiques, du contraire. Les humains ont du mal à se défaire de leurs habitudes. Le personnel de Wojcicki prend l’ascenseur lorsqu’elle n’est pas présente.

Mais c’est un pari qu’elle est prête à faire. « Le monde médical a en quelque sorte renoncé à la possibilité d’être davantage en bonne santé », dit-elle. « Je pense que c’est vraiment triste. »

Wojcicki elle-même a presque été forcée d’abandonner il y a six ans. En novembre 2013, elle était occupée à s’adapter à une vie en évolution rapide. Son mari avait déménagé. Elle était mère de deux jeunes enfants et PDG d’une jeune entreprise. Puis, quelques jours avant Thanksgiving, Wojcicki reçoit un SMS de son assistante : un coursier de la FDA aurait un paquet pour elle. « Ne signez surtout pas! » Wojcicki lui avait-elle alors répondu. Il était trop tard. L’avertissement de la FDA avait ordonné à son entreprise de cesser immédiatement de commercialiser ses tests parce que la société n’avait pas fourni suffisamment de preuves quant à leur exactitude. Wojcicki pensait qu’elle pourrait ignorer cette décision. Trois jours plus tard, la FDA rendait publique sa lettre d’avertissement et 23andMe a dû retirer ses tests du marché.

Il s’agit dès lors d’une chute brutale après un départ fulgurant, et beaucoup de ses détracteurs ont rapidement identifié 23andMe comme une autre preuve de l’orgueil des start-up de la Silicon Valley. Ce qui n’est pas surprenant étant donné les liens profonds qu’entretient Wojcicki avec la région. Elle avait grandi sur le campus de l’Université de Stanford, où son père, Stanley, était professeur de sciences physiques. La mère de Wojcicki, Esther, a enseigné le journalisme dans un lycée de Palo Alto et était obsédée par le fait de tout apprendre très tôt à ses trois filles, depuis le nom latin des fleurs à la natation depuis le plus bas âge. « Je m’en suis servi comme expérience éducative », a dit Esther à Forbes en 2018. Tandis que ses sœurs se tournaient vers l’art et les mathématiques, Wojcicki était plutôt une intello mais sociable. « Elle arrivait à charmer n’importe qui », se souvient sa mère.

Wojcicki s’est d’abord battue contre le système de santé lorsqu’elle était jeune diplômée de l’Université Yale et travaillait comme analyste dans une petite entreprise à Wall Street. Les journées passées à des conférences de facturation médicale et les nuits passées à faire du bénévolat à l’hôpital Bellevue de Manhattan lui ont montré à quel point l’industrie médicale se concentrait sur la maximisation des profits, et non sur les soins préventifs.

Le génome humain a été séquencé pour la première fois en 2003, et les scientifiques ont été enthousiasmés par ce que cette trouvaille pouvait débloquer. Wojcicki a fait la connaissance de Linda Avey, qui avait étudié la biologie en première année et créait des programmes de recherche chez Affymetrix, une entreprise d’essais génétiques à Santa Clara, en Californie. Les deux ont commencé à s’échanger des idées lors d’un dîner en décembre 2005. Peu de temps après, Wojcicki et Avey ont décidé de fonder une entreprise ensemble, et Avey a recruté son ancien patron, Paul Cusenza, pour être le troisième fondateur et chef des opérations de la société. « J’ai été époustouflée parce que j’ai immédiatement compris ce qu’un tel projet impliquerait », a admis Linda Avey qui a quitté 23andMe en 2009 pour travailler sur la maladie d’Alzheimer.

Google s’en est bien sorti. Après avoir recueilli 9 millions de dollars auprès de Google, Brin et quelques investisseurs externes comme New Enterprise Associates et Genentech, 23andMe a lancé son premier produit en novembre 2007. Grâce au test de salive (999 $), les clients en apprenaient davantage sur leur ascendance, leur probabilité de devenir chauve et les risques d’être atteint par certains problèmes de santé comme les maladies cardiaques. L’entreprise a contourné la réglementation de la FDA en se présentant comme un moyen ludique pour ses clients d’en savoir un peu plus sur leur ADN, plutôt que comme un outil médical.

En 2007, séquencer tout un génome humain coûtait 300 000 $ contre 50 millions en 2003. Mais 23andMe a produit des rapports pour beaucoup moins cher en utilisant une technologie appelée génotypage, qui permet de vérifier par sondage des parties spécifiques d’un gène à la recherche de mutations connues et liées à certaines maladies, au lieu du séquençage, qui implique la lecture du gène entier.

Pour attirer l’attention d’une foule qui ne sourcillerait pas à la mention du prix de 999 $, 23andMe a organisé des tests de salive lors de divers événements, allant de Davos à la Fashion Week de New York, où des célébrités comme Naomi Campbell, Diane von Furstenberg et Rupert Murdoch ont craché dans de petits tubes. Wojcicki a adoré organiser les événements, mais il a fallu du temps avant que le projet ne soit adopté. Des concurrents comme Navigenics ont disparu. En 2011, quatre ans après son lancement, 23andMe ne comptait que 100 000 clients. Pour certains, ce n’était rien d’autre que le passe-temps de la femme d’un milliardaire.

En 2012, la baisse significative des coûts a permis à 23andMe de baisser son prix à 99 $, ce qui a provoqué une hausse des ventes. L’occasion pour Wojcicki de passer au niveau supérieur. « Nous voulions que cette technologie soit rapidement entre les mains des particuliers », dit-elle. En octobre 2013, 23andMe était en pourparlers avec Target et Wojcicki redoublait d’effort afin de lancer son produit en vente dans leurs magasins avant les fêtes, une décision qui aurait mis le kit de test en rayon à côté des vitamines et des thermomètres. Emily Drabant Conley, chef du développement des affaires chez moi, se souvient de la certitude de Wojcicki lorsqu’un cadre lui assurait qu’il était impossible de respecter l’échéance, « Anne a dit : ‘C’est une entreprise qui a été fondée sur l’impossible.’ »

Mais à la fin, l’impossible a gagné. Il faudra trois années avant que 23andMe n’arrive sur les étagères de Target. D’abord, Anne Wojcicki a dû surmonter la censure publique de l’ordonnance de la FDA de 2013 et reconstruire. Alors qu’elle mange de la pizza et écoute les clients parler lors de la Journée annuelle de l’ADN de l’entreprise, ces journées semblent lointaines. Les tests génétiques sont devenus l’une des tendances sociales déterminantes de la décennie, révélant des membres inattendus de la famille (Wojcicki a trouvé un cousin inconnu auparavant) et aidant même à résoudre des cas de meurtres à froid comme ceux du soi-disant Golden State Killer, qui a été arrêté après qu’un parent eut soumis son ADN à GEDmatch, une base de données généalogiques gratuite.

« Nous avons nos jours où, vous savez, ‘Prime Day’– nous vendons quelques centaines de milliers de kits par jour », dit Wojcicki, se référant à la journée de shopping à prix réduit d’Amazon. 23andMe vend ses tests sur son propre site Web ainsi que par l’intermédiaire de détaillants comme Amazon, Best Buy et Walgreens. Bientôt Wojcicki prévoit d’ouvrir le premier magasin 23andMe dans un centre commercial près de son siège social. « Il m’arrive par moment de me dire qu’une ville entière sera touchée. »

Wojcicki déplore ce qui s’est passé avec la FDA.

Une solution aurait été d’obtenir l’approbation d’un médecin dans le cadre du processus de commande de tests de santé, l’approche adoptée jusqu’à présent par les startups Color et Helix, les concurrents de 23andMe. Mais Wojcicki a maintenu son idée originale d’un kit qui pourrait être vendu directement aux consommateurs.

L’année 2015 marque le début d’un rebond. En février de la même année, la FDA a approuvé un rapport de statut de porteur d’une maladie rare appelée syndrome de Bloom. Après avoir prouvé à la FDA que ses tests étaient précis et faciles à comprendre, 23andMe est devenue la seule société autorisée par la FDA à vendre les rapports de santé génétique directement aux consommateurs. Son concurrent basé en Utah, Ancestry, qui a vendu près de 15 millions de kits d’ADN, n’offre aucun test lié à la santé.

Cette même année 2015, 23andMe s’est mise à signer des accords avec des sociétés pharmaceutiques désireuses de se lancer dans le domaine de la génétique, à commencer par des contrats de plusieurs millions de dollars avec Genentech et Pfizer. Alors que la société vendait les données provenant de clients anonymes et consentants à des tiers, Wojcicki mettait également sur pied un groupe interne de recherche sur les médicaments et exploitait une nouvelle source de revenus : le recrutement de milliers de patients de la base de données 23andMe pour les essais cliniques des sociétés pharmaceutiques.

La grande avancée suivante de Wojcicki a eu lieu en 2017. La FDA donnait son accord au premier rapport de risque pour la santé de 23andMe, lequel informait les clients d’éventuelles mutations génétiques liées à un risque accru de caillot sanguin ou de maladie de Parkinson.

Mais les approbations reçues de toute part n’ont pas dissipé les doutes de la communauté médicale. En fait, si l’on prêtai davantage attention aux petits caractères figurant sur les trousses des kits à 199 $, on verrait que les tests ne sont « pas indicatifs de l’état de santé actuel, et ne peuvent servir à prendre des décisions médicales ». Contrairement à un test de grossesse, les rapports fournis par l’entreprise ne permettent pas de prononcer un diagnostic définitif.

Au lieu de cela, les rapports de santé fournis par les tests de 23andMe servent plutôt à savoir si une personne pourrait transmettre à ses enfants des variantes de maladies héréditaires comme la perte auditive ou la mucoviscidose. Les 12 rapports sur les risques indiquent aux clients s’ils présentent un risque accru d’hypercholestérolémie héréditaire ou de maladie d’Alzheimer tardive. Néanmoins leur portée reste limitée à bien des égards. Étant donné que la plupart des recherches en génétique ont été effectuées jusqu’à présent sur des Européens, les rapports sur les risques s’appliquent rarement aux Afro-Américains ou aux Asiatiques.

« Aucun médecin qui se respecte et qui a souscrit une assurance contre la faute professionnelle ne vous traitera sur la base de votre interprétation d’un test s’adressant directement au consommateur », déclare Mark Rothstein, professeur de bioéthique à l’Université de Louisville.

Parmi les tests proposés par 23andMe, le plus controversé est peut-être celui qui recherche trois mutations liées au cancer du sein, de l’ovaire et de la prostate dans ce que l’on appelle communément le gène Angelina Jolie, BRCA1, et un gène apparenté, BRCA2. Selon certaines critiques, le problème est qu’il existe plus de 1 000 mutations liées au cancer du sein, de sorte que n’en rechercher que trois ne permet pas de présenter le profil de risque complet. Pour couronner le tout, ces trois mutations du gène que recherche 23andMe se retrouvent généralement chez les personnes d’origine juive ashkénaze, soit seulement 2% de la population américaine. Pour la plupart des gens, ce n’est pas pertinent.

« En fait, ce que vous avez, c’est une technologie qui n’est ni si utile [ni] si nuisible ; pour autant, devrions-nous vraiment encourager les usagers à y consacrer 200 $, ou ne devrions-nous pas dépenser 200 $ pour un abonnement auprès d’une salle de sport ? » demande le Dr Jonathan Berg, généticien clinique à l’University of North Carolina de Chapel Hill.

Férue de sport et de fitness, Anne Wojcicki conseillerait sans aucun doute de faire des tests et de faire du sport. Mais pour étayer le côté ‘test’ de l’équation, elle a récemment signé le contrat le plus important jamais conclu avec GSK, lui donnant accès à la base de données génétiques 23andMe, qui contient l’ADN d’environ huit millions de personnes.

 « La taille de l’ensemble de données peut révéler de nombreux signaux que d’autres ensembles de données beaucoup plus petits ne seraient jamais en mesure de montrer », dit Hal Barron, directeur scientifique de GSK. Les premiers résultats sont prometteurs. En seulement dix mois, GSK et 23andMe ont examiné au moins 13 mutations génétiques qui pourraient être la cible de maladies cardiovasculaires et neurologiques dont notamment la maladie de Parkinson.

La recherche de médicaments représente un projet de longue haleine, qui peut prendre de 10 à 15 ans pour porter ses fruits, voire jamais. Dans un avenir plus immédiat, Wojcicki cherche à accroître son activité en passant des tests aux conseils. C’est une évolution attendue, mais il ne faut pas négliger qu’il y a pléthore de concurrents, que ce soit Under Armour ou Apple, proposant des applications de désaccoutumance au tabac aux outils de suivi de régime diététique et d’exercice de sport.

Le jury se demande laquelle de ces applications de sport et bien-être se différencie des autres, ou si 23andMe a un avantage significatif par rapport aux autres. Personne n’a besoin d’un test génétique pour savoir que le tabagisme cause le cancer du poumon ou qu’une mauvaise hygiène alimentaire entraîne l’obésité et des problèmes cardio-vasculaires. Un test génétique ne fournit que des informations personnalisées. Les comportements doivent encore changer. Et de nombreuses études scientifiques suggèrent que le simple fait de donner des avertissements ne suffira pas.

« Il est beaucoup plus facile de quantifier l’impact des médicaments. Il est beaucoup plus difficile de quantifier l’impact de la prévention. Mais je pense que c’est une raison pour laquelle je serai davantage fière », affirme Wojcicki. « Parce que, pour l’instant, personne ne pense qu’on peut y arriver. »

« Je ne crois pas vraiment à cette idée de la Silicon Valley selon laquelle on devrait vivre éternellement », poursuit Wojcicki. « Mais je crois vraiment que les gens veulent vivre jusqu’à 90 ou 100 ans, et surtout en bonne santé. »