EXCLUSIF | Selon une étude de l’éditeur Adobe, que Forbes publie en avant-première, 2020 a donné un sérieux coup d’accélérateur à la digitalisation des documents. Une tendance qui devrait permettre à Adobe d’imposer sa solution Sign sur le marché et de booster encore sa notoriété en France.

Qui se cache derrière les logiciels stars que l’on utilise tous comme Photoshop, Acrobat ou Première Pro ? L’éditeur de logiciels américain Adobe, qui porte le nom d’une petite rivière en Californie Adobe Creek, cultive la discrétion. Pourtant, la société crée en décembre 1982 par deux anciens de Xerox, John Warnock et Charles Geschke est devenue un géant mondial du logiciel.

Tout a démarré chez Xerox ou les deux hommes travaillaient à la création d’un langage de description de page nommé Interpress, le précurseur d’Adobe PostScript  et du format PDF. Ils se sont donc lancés dans l’aventure et ont quitté Xerox pour créer Adobe. Dans les années qui ont suivi, le lancement de deux applications révolutionnaires, AdobeIllustrator et AdobePhotoshop, allait transformer de manière fondamentale la qualité et l’esthétique des contenus créés pour l’impression, puis pour la vidéo, le cinéma, le web et les mobiles.  

« Notre croissance s’est toujours faite par l’amélioration de nos produits stars comme Indesign, Première Pro ou Illustrator, mais surtout par l’acquisition successive de nouvelles pépites pour défricher de nouveaux secteurs, notamment dans le marketing digital ou le cloud » explique Luc Dammann, le patron d’Adobe en Europe.

En 2013, Adobe a racheté l’entreprise française Neolane pour 600 millions de dollars renforçant son leadership sur le marché des logiciels français dédiés à la gestion de campagnes marketing. En décembre 2014, c’est la banque de photographie Fotolia, devenue Adobe Stock qui tombe dans son escarcelle pour 800 millions de dollars.

Pour accompagner la révolution de e-commerce, Adobe rachète en 2018 la plateforme de sites de e-commerce Magento, pour 1,7 milliard de dollars, puis Marketo pour près de 5 milliards de plus. En janvier 2019, Adobe annonce l’acquisition d’une autre pépite française, Allegorithmic, une entreprise française spécialisée dans les logiciels de création de textures.

Mais avec la crise sanitaire, c’est une autre technologie d’Adobe qui cartonne : Adobe Sign, une solution de signature électronique. Selon une étude, que Forbes publie en avant-première, 2020 a donné un sérieux coup d’accélérateur à la digitalisation des documents. Une tendance qui devrait permettre à l’éditeur Adobe d’imposer sa solution sur le marché et de booster sa notoriété en France.

Adobe a, en effet, observé une accélération massive de l’adoption des signatures électroniques, se traduisant par une progression mondiale de 300 % des transactions Adobe Sign au cours de la dernière année. Une tendance très visible en France qui se distingue particulièrement par sa maturité sur ce marché avec une fréquence d’utilisation de la signature électronique en tête de peloton : 67 % des Français d’entre eux déclarant avoir déjà signé électroniquement un document au cours des deux dernières années, devant les États-Unis (65 %) et Singapour (59 %).

Cette tendance s’est fortement renforcée en 2020, 57 % des consommateurs européens déclarant avoir signé davantage de documents numériques au cours des six derniers mois que sur la période fin 2019/début 2020. En effet, la crise sanitaire a également mis en lumière le caractère fastidieux et contraignant des processus papier.

De nombreux changements dans les pratiques numériques induits par la pandémie perdureront post-crise. Presque 4 Européens sur 5 (79 % ; 81 % pour le Royaume-Uni et la France ; 75 % pour l’Allemagne) déclarent qu’ils continueront à signer des documents électroniquement après la crise sanitaire. Les jeunes consommateurs sont d’ailleurs un vivier important de cette adoption plus massive des e-signatures : 55 % des Européens ayant e-signé pour la première fois en 2020 proviennent de la génération Z.

Les signatures électroniques sont loin d’avoir révélé tout leur potentiel, notamment au niveau de l’expérience utilisateur qui parfois freine son adoption. 53 % des Français (57 % pour le Royaume-Uni, 59 % pour l’Allemagne) ont en effet déclaré avoir rencontré des difficultés dans un processus d’e-signature. Le marché européen est cependant prêt, 69 % de ses concitoyens déclarant souhaiter que davantage d’entreprises proposent cette fonctionnalité (même son de cloche pour les organisations publiques, à 66 %).

La digitalisation des documents devrait également continuer à innover pour s’installer définitivement dans le quotidien des Français, notamment chez les plus jeunes consommateurs qui ont pour beaucoup vécu leurs premières expériences de signature électronique.

Pour Luc Dammann, la signature électronique est une révolution aussi importante que la création du PDF. « Pour Adobe, c’est une façon de montrer que l’on continue à faire la course en tête en matière d’innovation et pas seulement pour améliorer nos produits ».

Et Luc Dammann de rappeler qu’en France, Adobe est une référence également en termes de “marque employeur”. « Nous allons embarquer toutes nos équipes (500 personnes) dans un nouvel immeuble rue Lauriston, le OneParis, tout en gardant notre équipe de développement à Clermont-Ferrand. Nous allons proposer une approche hybride et flexible du travail, mi présentielle, mi-distancielle”, explique Luc Damann.

Plus original, Adobe a versé à chacun de ses salariés une allocation de 500 euros pour aménager son espace de travail à domicile. Enfin, l’entreprise a libéré un « family day », un vendredi toutes les 3 semaines, pour remercier ses collaborateurs des efforts et des contraintes liés au télétravail.

De quoi faire d’Adobe France, une entreprise modèle comme le montre son bon classement dans le Great Place to Work 2021.

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