Les supporters qui souhaiteront assister aux matchs de la Coupe du monde 2022 à Doha, au Qatar, devront être vaccinés contre le covid-19. C’est ce qu’a annoncé le Premier ministre qatari lundi 21 juin. Bien que controversée, cette stratégie est de plus en plus adoptée. Les organisateurs des grandes compétitions sportives à travers le monde se demandent comment accueillir en toute sécurité les sportifs et les supporters alors que la pandémie est toujours en cours et que la campagne de vaccination avance inégalement d’un pays à l’autre.

 

Lundi 21 juin, le Premier ministre du Qatar a annoncé que le pays avait prévu d’offrir des vaccins aux supporters souhaitant assister au tournoi et qui n’auraient pas pu être vaccinés d’ici là.
En NFL, les Buffalo Bills sont devenus la première équipe à exiger de leurs supporters qu’ils prouvent leur statut vaccinal pour assister aux matchs. Cependant, un responsable du comté d’Erie, propriétaire du stade, est revenu sur cette décision et a déclaré que les supporters non vaccinés seraient à nouveau les bienvenus en raison du faible nombre de cas de covid-19 dans le comté.
Pour les Jeux olympiques (JO) de Tokyo cet été, les autorités japonaises limitent le nombre de spectateurs nationaux (les spectateurs internationaux ne sont pas autorisés) à 10 000 par évènement ou à 50 % de la capacité, en raison des risques liés au covid-19. Les autorités ont par ailleurs déclaré que les supporters n’auraient pas à fournir la preuve d’un test négatif ou d’une vaccination.

Du côté des États-Unis, un certain nombre de ligues et de clubs, comme les Los Angeles Dodgers ou les Yankees, ont décidé de séparer les supporters vaccinés et les supporters non vaccinés. Généralement, le public non vacciné doit se conformer à des exigences plus strictes en matière de distanciation sociale et de port du masque. Ces exigences plus sévères expliquent pourquoi certains stades n’étaient pas remplis alors que les supporters étaient à nouveau autorisés à assister aux rencontres.

Enfin, à Wimbledon, le public devra également fournir une preuve de vaccination contre le covid-19 ou un test négatif afin de pouvoir assister aux matchs.
En laissant le choix entre une preuve de vaccination ou un test négatif, les organisateurs des grandes compétitions sportives à travers le monde reconnaissent implicitement le déploiement inégal, et à ce jour incomplet, de la campagne de vaccination. Pour des évènements internationaux tels que la Coupe du monde ou les JO, l’on pourrait se diriger vers des exigences en matière de vaccination plus strictes, car la maîtrise inégale de la pandémie de covid-19 et de ses variants à travers le monde risque d’importer le virus ou d’aggraver la situation dans le pays organisateur. Toujours pour ce type d’évènements, cela pose également de nombreux problèmes, notamment en ce qui concerne les types de vaccins approuvés et l’impossibilité pour une grande partie de la population mondiale d’accéder aux vaccins, alors que les nations riches accumulent les stocks. À l’échelle nationale, comme en Floride, des lois interdisant les « passeports vaccinaux » pourraient compliquer ces exigences.

Par ailleurs, les exigences pour les sportifs eux-mêmes ne sont pas identiques. La décision de ne pas exiger de vaccins pour les participants aux marathons de Boston et de New York cette année a fait l’objet de nombreuses critiques, les organisateurs reconnaissant les risques de sécurité posés par les personnes non vaccinées. Le scepticisme et l’hésitation des sportifs ainsi que leur insistance sur le fait que leur statut vaccinal relève du domaine privé se sont également avérés être un problème. De nombreux sportifs de ligues comme la NFL, où les vaccins ne sont pas obligatoires, ont été critiqués pour avoir mis en danger la santé et les performances de leurs coéquipiers en refusant de se faire vacciner.
Les compétitions organisées à l’échelle internationale doivent être déplacées, parfois dans un délai très court, pour s’adapter aux changements de politique locale et à la situation pandémique. L’UEFA a ainsi prévenu qu’elle pourrait déplacer la finale de l’Euro 2020, qui devrait se tenir le 11 juillet à Wembley (Londres), si l’Angleterre n’accorde pas à certains invités une dérogation de quarantaine à l’arrivée. La finale de la Ligue des champions, initialement prévue à Istanbul, a été déplacée à Lisbonne en mai dernier, en raison des restrictions imposées par l’Angleterre qui auraient ainsi privé de nombreux supporters d’une finale 100 % anglaise (Manchester City contre Chelsea).

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Robert Hart

<<< À lire également : Copa América au Brésil : 50 cas de covid parmi les joueurs et les staffs techniques >>>