La crise sanitaire se transforme en crise économique. Le PIB (produit intérieur brut) est en chute de 8%, les déficits en hausse. Dans cet océan de mauvaises nouvelles, Forbes France vous propose une sélection de nouvelles qui redonnent du souffle.

Les bailleurs pros suspendent leurs loyers


Les grands bailleurs se mobilisent pour aider leurs locataires durement touchés par la crise sanitaire. Les membres de la fédération des sociétés immobilières et foncières (sfif), composée de sociétés immobilières cotées et non cotées, qui représentent en France 25 millions de m², soit 40% de l’immobilier tertiaire détenu par des institutionnels, ont ainsi suspendu automatiquement les loyers de toutes les PME et TPE qui ne peuvent pas exercer leur activité. Cela représente près de 9 000 locataires, essentiellement des commerces, soit un montant total de loyer de plus de 180 millions d’euros.

De son coté, l’Afilog, association réunissant 120 membres, aux trois quarts des professionnels de l’immobilier logistique (investisseurs, promoteurs, développeurs), relaie l’appel à une solidarité entre bailleurs et petites entreprises locataires qui préconisent la suspension du recouvrement des loyers à partir du 1er avril (pour les périodes postérieures d’arrêt d’activité) pour les TPE et PME (moins de 250 salariés et moins de 50 millions d’euros de CA) appartenant à l’un des secteurs dont l’activité est interrompue en application de l’article 1er de l’arrêté du 15 mars 2020. « Lorsque l’activité reprendra, ces loyers et charges feront l’objet de différés de paiement ou d’étalements sans pénalité ni intérêts de retard et adaptés à la situation des entreprises en question », souligne le communiqué commun, qui relaie l’appel lancé par le Président de la République. Les bailleurs pourront étudier au cas par cas la situation d’entreprises d’autres secteurs dont l’activité est fortement impactée par la crise sanitaire.

BpiFrance accélère sur les prêts garantis

Quelque 150 000 entreprises françaises ont obtenu un accord en vue d’obtenir un prêt garanti par l’Etat pour un montant total représentant 22 milliards d’euros, a annoncé mardi le directeur général de bpiFrance Nicolas Dufourcq sur BFM Business. Pour permettre aux entreprises de faire face au coup d’arrêt à l’économie provoquée par l’épidémie de coronavirus, le gouvernement a mis sur pied un dispositif de prêts garantis par l’Etat pour un total pouvant atteindre jusqu’à 300 milliards d’euros. Le directeur général de bpiFrance, acteur clef du dispositif des prêts garantis, a ajouté que 40 milliards d’euros de demandes supplémentaires étaient en cours d’examen.”Je pense que nous passerons les 100 milliards d’euros sans hésitation”, a-t-il dit.

Les assureurs mettent (enfin) la main à la poche

Alors que la plupart des entreprises ne sont pas couvertes pour les risques liés à l’interruption d’activité découlant du confinement, le gouvernement avait jusqu’ici jugé insuffisante l’action des assureurs. Les acteurs du secteur des assurances en France, pressés par le gouvernement d’investir davantage pour soutenir une économie malmenée par la crise sanitaire, proposent désormais de porter à près de 2,5 milliards d’euros leur participation à l’effort national. Dans le détail, les assureurs français proposent “d’investir 1,5 milliard d’euros sur des PME, notamment des PME de santé, dans le cadre d’un fonds qui se trouve à la Caisse des dépôts et consignations”, a annoncé Bruno Le Maire. Les assureurs proposent également de doubler leur participation au fonds de solidarité pour les TPE, indépendants, micro-entrepreneurs et professions libérales, à 400 millions d’euros, ainsi que d’accorder 500 millions d’euros de remises commerciales à leurs clients, a précisé Bruno Le Maire.

Cours à distance défiscalisés

Pour tenir compte du confinement et de la nécessité de poursuivre l’enseignement des élèves, le gouvernement a décidé d’étendre le bénéfice du crédit d’impôt aux cours de soutien scolaire réalisés à distance, alors qu’ils devraient normalement avoir lieu à domicile pour ouvrir droit à l’avantage fiscal de 50 % de la somme dépensée. Les cours de soutien scolaire donnés chez les élèves ouvrent droit au crédit d’impôt pour l’emploi d’une personne à domicile. Avec l’instauration du confinement pour lutter contre la progression de l’épidémie de coronavirus – Covid 19, rares sont les professeurs qui se déplacent. Compte tenu de cette situation et du fait que les établissements scolaires sont fermés, de nombreux parents ont décidé d’inscrire leurs enfants à des cours particuliers à distance, par visioconférence.

Le gouvernement a décidé, à titre exceptionnel et temporaire, de maintenir le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile, même quand le cours de soutien scolaire est donné à distance. Ce crédit d’impôt est égal à 50 % des dépenses engagées dans l’année, dans la limite de 12 000 € par an. Ce plafond peut être majoré de 1 500 € (sans pouvoir dépasser au total 15 000 €) par enfant à charge ou rattaché au foyer fiscal et de 750 € en cas de garde alterné

Assurance auto en baisse

L’assureur mutualiste Matmut a annoncé vendredi 10 avril 2020 plusieurs mesures tarifaires liées à la crise du coronavirus, dont le gel des tarifs des assurances automobile jusqu’à fin 2021, pour un total de 50 millions d’euros. Le groupe, qui constate une chute de 65 à 70 % des sinistres routiers depuis le début du confinement, maintiendra l’ensemble des garanties de ses sociétaires à tarif inchangé durant les 20 prochains mois, détaille-t-il dans un communiqué.

Par ailleurs, les personnes en recherche d’emploi ou qui subiraient une perte d’emploi du fait de la crise Covid-19 pourront aussi bénéficier d’une remise sur leur cotisation annuelle d’assurance automobile. Des réductions sont aussi offertes sur différents contrats d’assurance pour les infirmiers libéraux, les médecins retraités, les kinésithérapeutes et ostéopathes sollicités dans le cadre de la lutte contre le Covid-19