Une nouvelle note de politique générale de l’ONU décrivant les répercussions du Covid-19 sur le secteur du tourisme prévoit des pertes d’environ 1 000 milliards de dollars et plus de 100 millions de licenciements potentiels dans le monde. Le document souligne à quel point la crise actuelle a dévasté l’une des plus grandes activités économiques du XXIe siècle.

Selon les Nations unies, le nombre de touristes internationaux devrait diminuer de 58 à 78 % entre 2019 et 2020, ce qui se traduirait par une baisse du nombre de touristes, entre 850 millions et 1,1 milliard.

La perte de recettes d’exportation du tourisme international devrait se situer entre 910 milliards et 1 200 milliards de dollars. À ce jour, 320 milliards de dollars ont déjà été perdus lors des premiers mois de l’année 2020, soit plus de trois fois la perte subie pendant toute la crise économique de 2009.

On estime qu’environ une personne sur dix dans le monde travaille dans le secteur du tourisme, et on sait que la pandémie de coronavirus a mis en péril 100 à 120 millions d’emplois. Les pertes dans ce secteur devraient réduire le PIB mondial de 1,5 à 2,8 %, selon la période pendant laquelle l’activité touristique reste à l’arrêt.

Les conséquences du ralentissement du tourisme devraient être les plus graves pour les pays les moins avancés, en particulier en Afrique, et pour les petits États insulaires en voie de développement, où le tourisme représente un pourcentage élevé du PIB. Le Covid-19 devrait également entraîner des préjudices pour les femmes et les jeunes, qui représentent la plus grande partie des travailleurs du tourisme.

António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a souligné la nécessité d’une reconstruction du secteur du tourisme « en toute sécurité et de manière équitable, et [qui] ne doit pas avoir d’incidence sur le climat. ». Pour ce faire, les Nations unies ont identifié cinq priorités : atténuer les incidences socio-économiques du virus, renforcer la résilience dans toute la chaîne de valeur du tourisme, optimiser l’utilisation des technologies, favoriser la durabilité, et faciliter l’établissement de partenariats qui aideront le tourisme à réaliser des objectifs de développement durable.

Le secrétaire général de l’ONU affirme que le tourisme « donne aux voyageurs la possibilité de découvrir certaines des richesses culturelles et naturelles du monde et rapproche les peuples, mettant ainsi en lumière notre humanité commune. On pourrait aller jusqu’à dire que le tourisme compte parmi les merveilles du monde. C’est pourquoi il a été si douloureux de voir comment le tourisme a été dévasté par la pandémie de Covid-19 ».

Un chiffre à retenir : 1,5 milliard. C’est le nombre de touristes internationaux en 2019. Au mois de janvier, avant la pandémie de coronavirus, l’ONU indiquait que le secteur du tourisme avait connu une croissance plus rapide que l’économie mondiale dans son ensemble pendant dix ans d’affilée.

Depuis le début de la crise sanitaire, le secteur du tourisme a été confronté à certaines des difficultés évidentes : les croisières sont devenues des vecteurs de transmission du Covid-19, les compagnies aériennes ont licencié de nombreux employés, et les parcs à thème comme Walt Disney ont subi d’énormes pertes et ont suscité la critique outre-Atlantique pour avoir rouvert leurs portes en pleine pandémie. Par ailleurs, les sondages effectués tout au long de la crise sanitaire montrent que les Américains hésitent à voyager à l’international. Un sondage de suivi publié lundi par Morning Consult a révélé que 27 % des adultes américains seraient prêts à ce jour à partir en vacances, tandis que seuls 12 % seraient prêts à voyager à l’étranger.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Alison Durkee

 

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