Ces derniers temps, le secteur du tourisme paye le lourd tribut de la pandémie de coronavirus. Les avions sont cloués au sol, les bateaux restent à quai et les trains sont fortement réduits afin d’inciter chacun d’entre nous à respecter les mesures de confinement. Mais pour les pays qui dépendent très largement du tourisme, la situation s’annonce compliquée. Et ce ne sont pas ceux que l’on croit.

Certains se demandent déjà quelle sera leur prochaine destination quand l’activité aura redémarré et que nous pourrons voyager à nouveau. Après le confinement, certains pays auront besoin de plus de soutien que d’autres pour pallier les répercussions économiques de la pandémie.


Le département chargé d’accorder les autorisations de voyage ESTA pour les États-Unis a donc établi une liste des destinations qui reposent le plus sur le tourisme dans leur économie et que vous pourriez envisager pour votre prochaine escapade, une fois la pandémie terminée.

Selon les données récoltées, le Bangladesh est le pays dont l’économie dépend le plus du tourisme, puisque pour chaque touriste, neuf emplois sont liés à l’activité touristique.

A titre d’exemple, les Etat-Unis reçoivent 80 millions de touristes mais le secteur n’emploie “que” 5,8 millions de personnes, soit 8 personnes pour 100 touristes.

La France, elle, reçoit 87 millions de touristes par an, pour 1,3 million d’emplois liés au tourisme, soit moins de 1 emploi pour 100 touristes.

Le top 10 des pays les plus dépendants du tourisme :

 

1. Bangladesh 9 emplois par touriste (944 pour 100)
2. Inde 2 emplois par touriste (172 pour 100)
3. Pakistan 2 emplois par touriste (154 pour 100)
4. Venezuela 1 emploi par touriste (101 pour 100)
5. Éthiopie 1 emploi par touriste (99 pour 100)
6. Madagascar  1 emploi par touriste (93 pour 100)
7. Philippines 1 emploi par touriste (83 pour 100)
8. Guinée 1 emploi par touriste (77 pour 100)
9. Lybie 1 emploi par touriste (68 pour 100)
10. Nigeria 1 emploi par touriste (66 pour 100)

 

 

Jayne Forrester, directrice du développement international au département ESTA, expliquait avant la pandémie : « C’est très positif pour la communauté bangladaise (et pour les touristes qui visitent le pays), car cela signifie que l’économie est florissante et cherche à embaucher ». Aujourd’hui, cette situation expose d’autant plus le pays au chômage en raison du manque à gagner touristique lié au coronavirus.

En deuxième position, mais bien loin derrière le Bangladesh, on retrouve l’Inde, avec 172 postes touristiques pour 100 touristes. Étant donné la taille et la densité démographique du pays, cela correspond à 26 741 000 emplois dans le secteur. Fait intéressant, l’Inde n’est pas seulement une destination touristique florissante, mais aussi l’un des pays qui envoie le plus de touristes, puisque de plus en plus de jeunes Indiens partent à la découverte du monde.

Le classement est largement dominé par des pays asiatiques et africains, avec une seule présence sud-américaine, celle du Venezuela.

Cette liste est basée sur des données montrant la contribution directe du tourisme pour l’emploi, afin d’établir le nombre d’emplois touristiques créés pour 100 visiteurs dans 170 pays du monde. L’an dernier, 1,5 milliard de touristes internationaux ont été enregistrés dans le monde, un chiffre qui devait gagner encore 4 % en 2020 avant que la pandémie de coronavirus ne fasse revoir ces estimations à la baisse.

Le tourisme crée de nombreux emplois, que ce soient des employés de restaurants et de bars ou le personnel des tour-opérateurs, en passant par les guides locaux, les hôteliers, les loueurs de voitures et bien d’autres encore. La plupart du temps, le tourisme est un moteur de la croissance et de l’emploi, puisqu’en 2017, un emploi sur cinq créé dans le monde provenait était lié au tourisme.

Ce que ce classement ne révèle pas en revanche, ce sont les tendances autour de ces chiffres, qui révèlent une alternative intéressante. En 2013, l’Islande ne comptait que sept emplois pour 100 touristes, mais en 2018, ce chiffre a augmenté de 109 % pour atteindre 15 emplois. La Grenade en est un autre exemple : son taux d’emploi dans le secteur touristique est passé de cinq (en 2013) à neuf aujourd’hui, probablement en raison de l’augmentation des prix sur les îles de la Barbade et de Sainte-Lucie, qui ont attiré plus de touristes sur le sol grenadien. Rien qu’au premier semestre 2019, la Grenade a accueilli 318 559 visiteurs, un chiffre impressionnant pour une si petite île.

 

Méthodologie de calcul : 

En utilisant les données de Knoema et de la Banque mondiale, le département ESTA a analysé la contribution directe du tourisme pour l’emploi dans 172 pays. Ce chiffre a ensuite été comparé au nombre de touristes dans chacun des pays, pour connaître le nombre total d’emplois par rapport au nombre total de touristes. De là, le département a pu calculer le nombre total d’emplois créés pour 100 touristes dans chaque pays. Les pays où le nombre de touristes n’était pas disponible n’ont pas été analysés. Pour plus d’informations, les données, qui datent du 15/01/2020, sont disponibles ici.

 

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