Mercredi 29 septembre, le dirigeant suprême de la Corée du Nord, Kim Jong Un, a déclaré qu’il était prêt à renouer le dialogue avec la Corée du Sud dans les prochains jours. Cependant, le leader nord-coréen a rejeté toutes offres de négociation avec les États-Unis. Pyongyang semble vouloir apaiser les tensions dans la péninsule coréenne, tout en creusant un fossé entre Séoul et Washington.

 

Dans un discours prononcé lors de la session annuelle du Parlement nord-coréen, Kim Jong Un a déclaré qu’il était prêt à rétablir les lignes directes de communication intercoréennes, qui sont restées largement fermées depuis plus d’un an.

Malgré cette volonté d’apaisement, Kim Jong Un a accusé la Corée du Sud d’être « encline à mendier un soutien et une coopération extérieurs tout en réclamant une coopération internationale, obéissant ainsi aux États-Unis », a rapporté Associated Press.

Concernant la signature d’un traité de paix pour mettre officiellement fin à la guerre de Corée (1950-1953), comme l’a récemment proposé le président sud-coréen Moon Jae-in, Kim Jong Un a déclaré qu’un tel acte ne pourrait avoir lieu que lorsque « le respect mutuel sera garanti et les opinions injustes et les deux-poids-deux-mesures abandonnées. »

Le leader nord-coréen a adopté un ton plus belliqueux lorsqu’il s’est adressé aux États-Unis, les accusant d’utiliser des « ruses » pour mener une politique hostile et proférer des menaces militaires à l’encontre de Pyongyang. Kim Jong Un a ajouté que le gouvernement Biden, en place depuis huit mois, n’a rien fait pour « abandonner la menace militaire et la politique hostile des États-Unis à [l’égard de la Corée du Nord]. »

Selon le média sud-coréen Yonhap News, un responsable du département américain a rejeté les affirmations de Kim Jong Un : « Les États-Unis ne nourrissent aucune intention hostile à l’encontre de Pyongyang. Nous sommes prêts à dialoguer avec la Corée du Nord sans condition préalable. Nous espérons que Pyongyang répondra positivement à notre proposition ».

La Corée du Nord et la Corée du Sud se sont engagées dans une course effrénée aux armements depuis un mois. Début septembre, la Corée du Nord a procédé à deux essais de missiles balistiques, dont l’un a été lancé depuis un train du « régiment de missiles embarqués » du pays. En représailles, Séoul a testé avec succès un missile balistique lancé depuis un sous-marin, faisant ainsi de la Corée du Sud le septième pays au monde à posséder cette capacité avancée. Les deux essais de missiles balistiques réalisés par Pyongyang ce mois-ci enfreignent une série de résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies. À la demande des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France, le Conseil de sécurité doit se réunir en urgence à huis clos jeudi 30 septembre afin de discuter des actions de la Corée du Nord.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Siladitya Ray

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