Depuis son passé de It-girl, précurseur du phénomène des influenceurs, à la campagne événement pour la Maison Lanvin en tant qu’égérie, Paris Hilton a définitivement dépassé son image d’héritière. Brique par brique, l’entrepreneure s’est constitué un empire à 4 milliards de dollars à travers sa société Paris Hilton Entertainment Company. Pour Forbes, l’icône blonde rétablit quelques vérités. Entretien exclusif

 

Pour ces personnes qui ne vous ont jamais rencontrée, mais qui aiment vous définir : qui êtes-vous, Paris Hilton ?

Paris Hilton : Je suis avant tout une entrepreneure, une boss, ma chère ! Mais aussi une artiste, designer, auteure, DJ et activiste.

S’appeler Paris Hilton vous a favorisé dans le domaine des affaires ?

P.H. : Bien au contraire ! J’ai dû me battre et travailler deux fois plus dur à chaque étape. À cause de mon nom de famille, tout le monde pensait – à tort – que les portes du business m’étaient grandes ouvertes. Loin de là. Aujourd’hui, je suis fière du succès de mon entreprise Paris Hilton Entertainment Company. Mon empire n’est pas un accident.

En travaillant sur ce sujet, j’ai effectivement découvert que la Paris Hilton Entertainment Company avait généré près de 4 milliards de dollars depuis sa création en 2006. Quelles ont été les clefs pour bâtir un tel groupe et, surtout, pour perdurer ?

P.H. : Le groupe que j’ai fondé se compose de 45 magasins de marques et 19 gammes de produits, et opère dans les domaines de la mode, le bien-être et les médias. Je suis implantée dans le monde entier. J’ai par ailleurs lancé 27 parfums et remporté de nombreuses distinctions, notamment le prix du meilleur parfum grand public 2019 décerné par les WWD (World beauty awards) pour ma fragrance Electrify. Les clefs pour bâtir, développer cet empire comprennent beaucoup de travail acharné, de la passion, un réel dévouement et une éthique de travail. Je suis toujours à l’écoute des tendances et des opportunités à saisir. Au niveau de ma branche média, je tire parti du numérique, de l’audio, de la télévision et des réseaux sociaux pour inspirer, responsabiliser et créer un impact positif durable à travers ma plateforme.

Paris Hilton @ Maison Lanvin

 

Être une marque globale, cela a toujours été votre stratégie ?

P.H. : Oui. Depuis que je suis petite fille, j’ai de grands rêves. Je m’inscris dans une lignée d’entrepreneurs, le sens du travail, l’éthique coule dans le sang de ma famille. Cependant, ce n’était pas un objectif en soi d’être une marque globale, de connaître un tel succès mondial.

Aujourd’hui, vous misez beaucoup sur les podcasts en investissant financièrement. Vous venez de lancer également le podcast « This is Paris » en association avec iHeartRadio. Quels sont vos objectifs ?

P.H. : J’ai créé ce podcast dans l’idée d’instaurer un espace sûr pour mes amis, mais aussi pour simplement m’amuser à interviewer des personnes inspirantes que j’aime. Après avoir été interviewée tant de fois au fil des ans, j’étais tellement excitée d’inverser les rôles, de ne plus être au centre de l’attention. J’adore cette expérience !

Vous êtes une femme de pouvoir. Difficile néanmoins d’occulter que de très nombreuses femmes entrepreneures se heurtent régulièrement à un plafond de verre, tout en étant exposées au sexisme. C’est vrai aux États- Unis, en France et ailleurs. Quels sont vos conseils pour réussir dans le milieu des affaires quand on est une femme ambitieuse ?

P.H. : Pour réussir, il faut vraiment suivre ses rêves, y croire. Il faut accepter de travailler dur pour les concrétiser. Il est également très important de vous entourer d’une équipe de collaborateurs en qui vous pouvez vraiment avoir confiance, des gens qui ont votre intérêt à cœur. Aussi, il faut faire en sorte que tout le monde se sente valorisé, et instaurer un climat bienveillant. De cette manière, les femmes augmentent leurs chances de réussite en s’armant davantage.

Que vous dit votre flair de « boss » en matière de prochaine révolution ?

P.H. : J’ai senti très en amont la montée en puissance des NFT, non fongible tokens [dits « jetons non fongibles », ce sont des éléments cryptographiques et virtuels sur la blockchain avec des codes d’identification uniques et des métadonnées renseignant l’auteur, la signature, la date… qui les distinguent les uns des autres, NDLR]. Ainsi, je vois l’art numérique comme l’avenir, dans le sens où la technologie NFT et les blockchains redonnent le pouvoir au créateur. L’art numérique devient essentiel.

Vingt ans se sont écoulés depuis l’émission culte de téléréalité, The Simple Life. Quel regard posez-vous sur cette nouvelle génération d’influenceurs ?

P.H. : J’ai toujours été fière d’être une pionnière ! Quand on y pense, c’est tellement incroyable de voir que dans le monde d’aujourd’hui, toute personne possédant un téléphone a la capacité de créer une marque en utilisant son talent ! J’adore le fait d’avoir été tellement en avance sur mon temps et d’avoir créé ce nouveau moyen d’expression. Un mode de vie qui peut vous permettre de gagner votre vie sur les réseaux sociaux.

Trouvez-vous qu’il y a encore de l’authenticité aujourd’hui ?

P.H. : Il est très important d’être vous-même, authentique. Alors oui, il y a certainement des gens qui ne le sont pas envers leur personal branding. Cependant, vous avez tout à gagner en restant fidèle à vous-même.

Paris Hilton
Paris Hilton @ Maison Lanvin

 

Évoquons votre collaboration avec la maison Lanvin. Il y a beaucoup de bruit médiatique autour… En quoi vous reconnaissez-vous dans les codes de la maison Lanvin ?

P.H. : Travailler avec la maison Lanvin a été une expérience magnifique ! J’ai vraiment adoré le résultat de la campagne sous l’objectif du tandem de photographes Mert & Marcus. Après le shooting, je me suis sentie incroyablement bien, avec un sentiment de confiance, de puissance, de chic et d’élégance. J’ai toujours été fan de l’univers créatif de la griffe et j’admire l’œuvre de la fondatrice, Jeanne Lanvin. L’accueil du public a été tellement positif que j’attends avec impatience mes prochaines collaborations avec l’équipe.

« Les gens voient enfin la vraie Paris », avez-vous confié à l’issue de la séance photo. Cette collaboration aura-t-elle été un exercice libératoire, un moyen de faire tomber le masque ?

P.H. : Pour les besoins du shooting, j’ai délaissé ma longue chevelure pour un carré et j’ai complètement adhéré à ce principe d’empowerment féminin prôné par la maison Lanvin depuis sa genèse. Je suis coincée depuis longtemps dans ce personnage de « Paris Hilton », dans ce rôle léger que l’on m’a assigné. À mes yeux, cette campagne est une étape supplémentaire qui me permettra de prouver que je suis autre chose. Tout arrive pour une raison. J’ai eu tellement de leçons de vie, cela a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui.

Lanvin est la plus ancienne maison de couture française. Quelle relation entretenez-vous avec la France ?

P.H. : J’aime la France, et je suis si heureuse que ma mère m’ait nommée en hommage à la plus belle ville du monde, Paris.

 

La parole est à Lanvin :  

Pour la plus ancienne maison de couture française, la star américaine incarne la femme Lanvin telle que projetée aujourd’hui : « Paris Hilton est une femme multifacette, élégante, sophistiquée, véhiculant ce fameux chic inné des Parisiennes. Chez Lanvin, nous avons toujours perçu cette profondeur qui émane de cette pionnière à jamais à l’origine du phénomène des influenceuses. Ce personnage de Paris Hilton roulant en Ferrari rose et parlant avec une voix de petite fille, ce n’est certainement pas la Paris Hilton de tous les jours. Notre directeur artistique, Bruno Sialelli, a trouvé très intéressant de travailler cette dualité selon un registre d’images néo-bourgeois, toujours très couture. À contre-emploi, Paris Hilton rend hommage à l’esthétique de Jeanne Lanvin et à son patrimoine immensément riche. »