Le PDG d’Uber, Dara Khosrowshahi, a déclaré mardi que le géant du transport envisagerait « toutes les options » si les électeurs californiens rejettent la « Proposition 22 » et qu’ils décident que les chauffeurs soient considérés comme des employés plutôt que des entrepreneurs indépendants.

Faits clés

  • Dans une interview accordée à la conférence Tech Live du Wall Street Journal, M. Khosrowshahi a déclaré : « Nous ferons de notre mieux pour maintenir notre activité en Californie… L’endroit où nous opérerons en Californie est pour l’instant un point d’interrogation, de même que la taille et l’échelle des entreprises. »
  • M. Khosrowshahi n’a pas donné plus de détails sur les « options » envisagées par Uber, mais a déclaré précédemment que la société envisageait un modèle dans lequel des opérateurs de flotte indépendants utiliseraient la marque Uber sous licence.
  • L’entreprise a également déclaré qu’elle serait obligée de limiter le nombre de chauffeurs sur la plate-forme, d’augmenter les prix pour les clients entre 25 et 100 %, d’instituer des horaires et des postes de travail obligatoires pour les chauffeurs et de réduire le service dans les zones suburbaines et rurales si nécessaire pour faire des chauffeurs des employés.

Contexte clé

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a signé l’année dernière un projet de loi, AB5, qui exige que les conducteurs basés sur l’application soient reclassés comme employés. Dans un ultime effort pour combattre la loi, des sociétés telles que Uber, Lyft et Doordash, soutiennent une mesure électorale qui, si elle est adoptée, exempterait les chauffeurs de covoiturage et de livraison de l’AB5. La « troisième voie » créerait également certaines protections pour les conducteurs, qu’ils n’ont pas à l’heure actuelle, comme un salaire de base de 120 % du salaire minimum, des subventions pour les soins de santé et des indemnités pour les frais de véhicule et l’assurance accidents du travail.

Principales critiques

Les militants syndicaux affirment qu’Uber ne fournit pas aux conducteurs des protections de base, telles que les soins de santé, la protection des salaires et la possibilité de se syndiquer, parce qu’ils ne sont pas des employés. Ils affirment que les protections décrites dans la proposition 22 sont inadéquates, soulignant une analyse du Centre du travail de l’Université de Californie à Berkeley qui a révélé que le salaire minimum prévu par la proposition 22 ne serait que de 5,64 dollars par heure (soit 4,77 euros), en raison de lacunes et de coûts cachés. Ils affirment également que rien n’empêche Uber et Lyft d’offrir de la flexibilité aux employés, bien qu’Uber ait repoussé cette idée.

Tangente

Les sociétés de production ont dépensé plus de 115 millions de dollars (soit 97,3 millions d’euros), pour inonder les ondes en Californie avec des publicités apparemment ininterrompues en faveur de la « proposition 22 ». Uber, en particulier, a inondé son application de messages  « Yes on Proposition 22 ». Cependant, on ne sait pas encore comment cette campagne publicitaire va influencer l’opinion publique. Un sondage réalisé en septembre par l’Institut d’études gouvernementales de l’Université de Berkeley a révélé que 39 % des électeurs sont susceptibles de voter oui, tandis que 36 % voteraient non et que 25 % sont encore indécis.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Rachel Sandler

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