Parmi les dernières innovations en date du Gouvernement, le lancement de la Grande Ecole du Numérique qui vise à stimuler  la formation française dans les métiers du numérique, avec pour ambition d’atteindre le nombre d’au moins 10 000 diplômés d’ici à la fin 2017. Pouvez-vous nous en présenter les grandes lignes ?


Nous avons lancé ce programme en partant du constat qu’il existait un manque de « couteaux-suisses du numérique » en capacité de répondre aux besoins des entreprises notamment des PME pour qu’elles puissent basculer dans cette transition numérique. Pourtant le capital humain est là avec ces jeunes que nous appelons les « digital natives » qui sont instinctivement très doués. Nous devions donc faire coïncider ces deux réalités afin de poursuivre un objectif double : accompagner la transition numérique des entreprises et mieux former les jeunes, et en particulier les non diplômés afin qu’ils puissent développer et adapter leurs compétences au marché du travail. A l’instar de ce que nous avons développé pour la French Tech, nous nous appuyons sur des communautés au niveau local afin de créer un réseau à l’échelle nationale. Nous avons, en ce sens, lancé un appel à projets auquel énormément d’acteurs publics, associatifs et privés  ont répondu avec enthousiasme. Je pense notamment à Capgemini, la Société générale, Google ou la Caisse des dépôts et consignations.

Selon un rapport de la DARES[1], 50 000 emplois seraient actuellement non pourvus dans le domaine du numérique comme des développeurs, intégrateurs ou encore animateurs de réseaux sociaux. Pensez-vous être en capacité de répondre à cette demande ?

Après seulement une année d’existence, nous avons déjà pu labelliser 171 premières formations « Grande école du Numérique » qui permettent d’accéder aux métiers que vous évoquiez. Encouragés par ce succès, nous avons lancé un second appel à projets, à la fin du mois d’août (toujours en cours) qui a suscité le même engouement. Enfin, dernière étape en date, le lancement par le président de la République au début du mois d’octobre du « Groupement d’Intérêt public » (GIP) qui est la structure chargée de pérenniser la Grande École du Numérique, que ce soit en matière de financement ou encore concernant l’octroi de titres officiels pour les formations suivies. La Grande École du Numérique est un projet collectif pour répondre à des besoins immédiats. L’une de mes grandes fiertés personnelles est que cette formation accueille d’ores et déjà 38% de femmes, à l’inverse d’autres formations dites classiques des métiers du numérique. Le développement de ce secteur ne doit pas être un facteur d’exclusion mais d’émancipation pour tous. L’enjeu social ne doit pas être accessoire mais prédominant. Je pense, par exemple, à la nécessité d’accompagner les populations face à la dématérialisation des services publics. C’est un pays tout entier que nous devons embarquer dans la grande aventure de l’innovation.  

 

[1] Direction de l’animation, de la recherche et des études statistiques.

 

  • Pages :

  • 1
  • 2