L’Election de Donald Trump jette un froid sur le monde

En cette fin d’année, la volatilité sur les marchés financiers restera élevée et les investisseurs devraient se montrer particulièrement prudents. L’élection de Donald Trump à la tête de la présidence des Etats-Unis rajoute une dose substantielle d’incertitude sur le plan économique et géopolitique. Le consensus des économistes estime que son programme va diminuer le potentiel de croissance américain à long terme et alourdir significativement le poids de la dette. En parallèle, sa vision protectionniste, illustrée par sa volonté d’imposer des droits de douane élevés sur ses principaux partenaires commerciaux, à savoir la Chine et le Mexique, devrait mener à des représailles encore difficiles à évaluer aujourd’hui. De même, si elles se concrétisent, ses prises de positions en termes de politique étrangère sont susceptibles d’entraîner la démission de plusieurs diplomates et déstabiliser les relations existantes. A ce titre, l’Union Européenne est particulièrement exposée avec les conflits Syriens et Ukrainiens. Enfin, son soutien à l’industrie pétrolière et à une indépendance énergétique est un paramètre à prendre en compte pour l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

L’OPEP n’est pas au bout de ses peines

L’OPEP doit finaliser son accord de réduction de la production le 30 novembre. Il est censé porter sur une période d’un an (révisable au bout de 6 mois) et devrait ramener l’offre cumulée de pétrole des pays membres entre 32.5 et 33 millions de barils/jour contre près de 34 millions actuellement.  Certains pays notamment l’Iraq et l’Iran ne souhaitent pas se plier à un ajustement à la baisse alors que dans le même temps, l’Arabie Saoudite (principal producteur) a répété vouloir conserver ses parts de marché. L’élection de Donald Trump, synonyme d’augmentation de l’offre américaine complique d’autant plus la réussite de ce projet. Un échec aurait pour conséquence une forte chute des cours du brut ce qui bien évidemment porterait préjudice aux indices boursiers (et inversement).

L’incertitude politique menace désormais l’Union Européenne

En Europe, le référendum italien pourrait de nouveau ébranler la stabilité de l’Union Européenne déjà fragilisée par le vote du Brexit. Le 4 décembre, les Italiens seront appelés aux urnes pour se prononcer sur la réforme constitutionnelle proposée par Matteo Renzi. Ce dernier ayant lié son sort à l’issue du référendum risque d’être victime d’un vote « sanction » à l’encontre de son gouvernement. A moins de quatre semaines du vote, les derniers sondages continuent de donner le « non » vainqueur. De nouvelles élections sont à craindre dans la mesure où le mouvement eurosceptique  « Five Star » gagne de plus en plus de terrain. Ce scénario serait d’autant plus catastrophique que le gouvernement cherche à séduire les investisseurs pour recapitaliser plusieurs banques en difficulté. Le même jour, les autrichiens  devront  choisir à nouveau  leur futur président alors que l’extrême droite, portée par le candidat Norbert Hofer, a de sérieuses chances de l’emporter.  De même, les développements autours du Brexit apporteront également leur pesant d’instabilité. La Haute Cour de justice de Londres a annoncé jeudi 3 novembre que le gouvernement ne pourra pas déclencher l’article 50 sans l’aval du Parlement, ébranlant ainsi le calendrier de Theresa May qui souhaitait amorcer la procédure de séparation début mars.

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