COVID-19 | Brian Murphy, PDG de l’espace de travail flexible Breather, a jeté l’éponge sur le modèle économique de sa start-up cette semaine. Manifestement, l’année 2020 a été décisive pour l’ensemble du secteur du coworking. 

 

  « Je me suis rendu à la raison. L’entreprise Breather, dans sa forme actuelle d’opérateur, n’a pas de sens. Je ne suis même pas sûr qu’elle en ait déjà eu », a déclaré Brian Murphy au journal canadien The Globe and Mail lorsqu’il annonçait qu’il licenciait les trois quarts de ses 1 200 employés et qu’il fermait plus de 400 sites aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. 

L’entreprise, autrefois florissante, est la dernière victime du secteur. Lancée en 2012, Breather a levé plus de 100 millions de dollars (presque 82 millions d’euros) en capital-risque, qu’elle a utilisé pour se développer rapidement. Aujourd’hui, Brian Murphy dit qu’il va essayer de passer à une plateforme technologique en ligne, semblable à Airbnb pour les bureaux.

L’incident de parcours de Breather n’est pas un cas isolé. Le mois dernier, l’entreprise Convene a fermé certains de ses sites à Manhattan, en raison du faible volume d’affaires des entreprises clientes. Elle espère plutôt générer des revenus à partir « d’événements virtuels », rapporte The Real Deal. La situation est encore pire chez Knotel, qui fait face à une série de procès pour loyers impayés, et qui a subi des séries répétées de licenciements. L’entreprise était auparavant évaluée à plus d’un milliard de dollars. 

« La pandémie a mis en évidence la nature précaire de la gestion d’une entreprise d’arbitrage de baux », explique Francesco De Camilli, responsable du conseil en matière d’espace de travail flexible chez Colliers International. « Cette période prolongée d’affaiblissement de la demande a provoqué un débat nécessaire sur le partage des risques entre les opérateurs et les propriétaires. »

L’industrie est en plein tumulte depuis la disparition de WeWork, dont la valeur a grimpé jusqu’à un montant incompréhensible de 47 milliards de dollars (38 milliards d’euros) avant de chuter de plus de 90%. Son effondrement, alimenté par les milliards de dollars de la SoftBank et la rhétorique de haut vol du cofondateur Adam Neumann, a suscité une surveillance accrue et a effrayé de nombreux investisseurs potentiels. 

Au début de l’été, Forbes a rapporté que Knotel avait tenté de lever jusqu’à 100 millions de dollars, bien qu’il semble que ces fonds n’aient jamais abouti. Elle a également cherché à conserver un minimum d’élan par le biais de webinaires et d’autres événements en ligne. Cet été également, la start-up Primary, cofondée par Lisa Skye Hain, deuxième employée de WeWork, a annoncé son intention de se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites.

« L’entreprise type (espace de coworking) a probablement vu ses revenus baisser de 25 à 50 % », explique Jamie Hodari, le PDG d’Industrious, une société de travail collaboratif qui s’en sort mieux que beaucoup de ses concurrents, grâce à son modèle de gestion de l’immobilier plutôt que de location. « Il y a un calcul de base : vous pouvez supporter ou non une baisse de revenus dans cette fourchette. »

Les survivants s’accrochent à l’espoir d’un avenir plus prometteur, notamment à la demande renouvelée de bureaux, qui a chuté de 45 % cette année, selon CBRE. 

« C’est une crise uniquement liée à l’immobilier », a déclaré Amol Sarva, le PDG de Knotel, à Forbes cet été. « Je pense qu’il n’y a jamais eu un jour dans l’histoire de Google où les employés ont été inquiets quant à l’avenir d’Internet. »

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Noah Kirsch

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