Mardi, Amazon a annoncé le premier décès lié au coronavirus parmi ses effectifs. Les employés du groupe sont de plus en plus nombreux à exiger des conditions de travail plus sûres dans les entrepôts, déplorant le peu de mesures mises en place pour protéger les salariés.

L’employé en question était manager des opérations dans l’entrepôt de Hawthorne, en Californie. Il a perdu la vie des suites du Covid-19 le 31 mars dernier.


Pour l’instant, il est difficile de savoir avec certitude à quel endroit il a été contaminé. L’homme avait travaillé pour Amazon jusqu’au 6 mars avant de prendre des congés au Mexique, prévus depuis plusieurs mois. Une fois revenu aux États-Unis le 20 mars, il a commencé à présenter des symptômes six jours plus tard, et n’a pas survécu au virus.

Amazon a communiqué l’information aux employés du site le 31 mars, peu après avoir appris la nouvelle. L’entreprise n’a pas souhaité répondre à nos questions concernant le nombre de cas à l’entrepôt de Hawthorne.

La porte-parole du groupe Kristen Kish a déclaré : « Nous sommes attristés par le décès d’un membre de notre équipe de management à Hawthorne, en Californie. Nous pensons à sa famille et ses proches, et soutenons ses collègues ».

À ce jour, des salariés d’au moins 74 entrepôts Amazon aux États-Unis ont été contaminés par le coronavirus. De nombreux salariés et groupes de défense estiment que le groupe n’a pas pris suffisamment de mesures pour protéger les travailleurs, alors qu’une partie de ceux-ci ne peut pas se permettre de rester à la maison.

Pour rappel, les employés d’Amazon se plaignent depuis plusieurs semaines : manque de gel hydroalcoolique et de lingettes désinfectantes, non-application des mesures de distanciation sociale, insuffisance de congés payés. Des petits groupes de salariés ont organisé des grèves à travers le pays, exigeant une fermeture temporaire des entrepôts Amazon afin de les nettoyer.

En réponse, le groupe a déclaré qu’il contrôlerait la température des employés et fournirait des masques, afin de faire face à la hausse de la demande, provoquée par le confinement qui fait exploser les chiffres de la vente en ligne. Amazon a également embauché 80 000 travailleurs supplémentaires pour les entrepôts depuis le 16 mars. Le salaire minimum a été augmenté, passant de 7,25 $/heure en moyenne à 17 $.

Des groupes de travail ont fait entendre leur voix pour critiquer la gestion d’Amazon, s’associant au discours de Bernie Sanders, qui réclame des conditions de travail plus sûres. Début avril, le groupe avait remercié l’employé américain Christian Smalls, qui travaillait en entrepôt, après qu’il avait organisé une petite grève. De même, deux employés de bureau ont été renvoyés pour avoir dénoncé publiquement le traitement des salariés par Amazon et critiqué la politique climatique du groupe.

Amazon nie toutefois avoir renvoyé Christian Smalls en représailles de sa manifestation, affirmant qu’il n’avait pas suivi les consignes indiquant de rester à la maison après avoir été en contact avec un employé contaminé. Le groupe affirme par ailleurs que les deux autres employés renvoyés avaient enfreint des politiques du règlement intérieur, sans toutefois préciser lesquelles.

 

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