EXCLUSIF / Une belle histoire, made in France, avec des airs de Silicon Valley, c’est Alan, qui grâce à un principe de responsabilité distribuée et à de fortes valeurs humaines, continue d’innover dans les services de santé. Dans ce but précis, la néo-assurance lève 185 millions d’euros en 2021. Rencontre avec les membres fondateurs d’Alan dans ses locaux au bord du canal Saint-Martin.

Transformer la santé pour la rendre plus personnelle en fournissant un vrai compagnon qui aide à avoir la bonne information, la bonne prévention, et le soin adapté tout en gérant rapidement les remboursements, voilà l’objectif d’Alan. Aujourd’hui, ce sont plus de 9000 entreprises qui sont assurées chez la jeune pousse en France, en Espagne et en Belgique.

 

Répondre à chaque question de santé

Né dans une famille de médecins, Jean-Charles Samuelian apprend à coder à l’âge de 12 ans. Après des études d’ingénieurs et une première aventure entrepreneuriale, l’idée lui vient : utiliser la technologie au service de l’humain dans le domaine de la santé. Alan naît alors en février 2016 de la conjoncture de son parcours et de sa rencontre avec Charles Corintin. « Transformer la santé, c’est la plus belle chose que l’on pouvait faire », déclare le CEO de la néo-assurance. Et c’est un pari gagné pour les jeunes entrepreneurs, puisqu’aujourd’hui, Alan couvre 160 000 personnes et compte 350 salariés. « C’est une expérience de santé au panel très large, avec un super net promoter score, soit un taux de recommandation, plus élevé que celui de Netflix et bien au-dessus dans l’industrie de la santé ». Une fiabilité qui ne sert qu’à renforcer la solidité de l’assurance française au sein de son secteur. Une solidité qui est plus qu’assurée puisque Alan fait partie depuis deux ans de l’indice Next 40, qui classe les startups les plus prometteuses de l’hexagone. Si la société insuffle un vent nouveau dans le marché de l’assurance santé, c’est pour simplifier l’usage de la complémentaire santé, souvent décriée par sa complexité, mais aussi pour tirer son marché vers le haut. « Nous essayons un tout nouveau niveau de service de santé qui n’existait pas dans cette industrie en suivant un credo : faire en sorte que demain, la santé des français soit meilleure, simple d’accès et qu’ils en soient acteurs grâce à l’application Alan », explique Jean-Charles Samuelian.

 

Une culture d’entreprise unique

Avant d’être une assurance complémentaire santé, Alan, c’est surtout une culture bien définie et construite au gré d’une véritable aventure humaine. Une culture d’entreprise qui s’est présentée naturellement lorsque Jean-Charles et Charles réfléchissent en 2016 à la mission de leur jeune pousse. « En parallèle de l’effort business, l’équipe s’est tout de suite posé deux questions : quels seraient les bonnes méthodes de travail pour réussir très vite à pénétrer un secteur extrêmement règlementé et quelles seraient les valeurs qui permettraient d’y parvenir », observe Diane Rivière, People and culture lead d’Alan. Ces valeurs qui ont émergé aux débuts de l’entreprise, que celle-ci a décliné et perfectionné, c’est d’abord la fearless ambition, ou une ambition sans limite pour oser disrupter un secteur dénué d’acteurs nouveaux en France depuis 30 ans. Un véritable exploit sur les premières étapes du lancement, pour la responsable RH de la néo-assurance. Sa deuxième proposition de valeur, c’est une obsession quotidienne de servir les membres de la meilleure façon possible. « L’état d’esprit de chaque collaborateur est d’abord de penser à l’impact et la valeur générée pour les membres qui rejoignent la communauté d’Alan ». Autour de cette ambition et de cet esprit de service, la société s’est développée en fonctionnant selon le principe de la responsabilité distribuée, en faisant confiance à ses recrues et en les laissant en autonomie. Un aspect idéaliste rendu possible grâce à une transparence radicale de toute l’information au sein de l’entreprise. Chez Alan, il n’y a pas de comité de direction. C’est une organisation distribuée sans hiérarchie dans laquelle chacun peut avoir accès aux informations qui concernent les sujets les plus sensibles de l’entreprise. Un tel esprit qui a de quoi renforcer les équipes et qui fonctionne aussi par le fait que tous les salariés sont actionnaires d’Alan. « On croit en la croissance individuelle et collective. On a ce souci d’investir dans chacun des alaners qui nous rejoint et que cet investissement rayonne sur notre écosystème », analyse Diane Rivière. « On est très attentifs à avoir un parcours de recrutement constructif, qui aide tout le monde à grandir. On est dans une culture assez directe du feedback et on éduque beaucoup sur la manière de donner ce retour pour qu’il soit vécu avec bienveillance ». Chez Alan, tous les employés sont impliqués dans le recrutement, quel que soit leur métier ou leur ancienneté. Chaque personne a un coach, qui est un employé plus ancien et dont le but est d’accompagner la personne dans son développement.

 

Made in France… and Silicon Valley

Le mode de fonctionnement transparent et distribué de la scaleup n’est pas sans rappeler celui opéré dans la Silicon Valley. Et pour cause, deux des membres fondateurs ont vécu une aventure entrepreneuriale à San Francisco avant de rentrer en France. À la création du géant de l’assurance santé, Jean-Charles Samuelian, Charles Corintin et Rob Zyskowski s’inspirent de leurs expériences personnelles pour définir cette culture si particulière dans un esprit de complémentarité. L’entreprise se créé entre Paris et San Francisco, et bon nombre de talents sont recrutés dans la Silicon Valley car ceux qui ont de l’expérience notamment dans les GAFAM connaissent les enjeux de l’hypercroissance. « Ces gens-là ont vu des entreprises transformer des industries et avoir ces talents en France, ça fait une vraie différence », explique Jean-Charles Samuelian. Pour le CEO d’Alan, c’est cette mission de simplifier la santé qui attire ces talents d’outre-Atlantique, mais aussi le cadre de travail dans lequel règne une transparence radicale et une confiance unique. C’est le cas pour Rob Zyskowski, pour qui le projet Alan est de suite une évidence. Dans un rôle de crew lead, cet ingénieur venu de San Francisco se concentre ainsi sur le leitmotiv de l’entreprise : unit for better life, ou la recherche de solutions pour simplifier la vie des personnes sur les sujets de santé. Dans cet optique, la startup développe des services tels que les medical chats, les notifications de prévoyance ou encore Alan Map, la carte des médecins. Pour cultiver ces projets, ce sont près de 90 collaborateurs, de product managers aux designers en passant par les datascientists qui travaillent de manière multifonctionnelle. « Les équipes s’auto-gèrent e possèdent des objectifs clairs », explique Gabriel Hubert, Product Lead de Alan. « Le but est d’aligner ces objectifs avec la stratégie de l’entreprise puis de laisser les collaborateurs faire ce qu’ils font de mieux grâce à la responsabilité distribuée ».

Un coup d’accélérateur

Entre medtech et fintech, Alan fait partie des startups inclassables du secteur technologique, s’adressant aussi bien à des restaurants qu’à des auto-entrepreneurs en passant par des groupes de dizaines de milliers de personnes. « Le service que nous avons créé utilise la technologie pour traiter aussi bien une petite entreprise qu’un grand groupe, tant qu’il remet l’humain au centre », observe son fondateur. « La moitié des collaborateurs travaillent sur la partie technologie car pour donner de la simplicité aux gens, il faut construire de la complexité en interne, et c’est en attirant des talents extraordinaires et en leur donnant du pouvoir que nous allons y parvenir. Notre application et mise à jour toutes les semaines, la plateforme web tous les jours et c’est cette itération qui nous permet de faire la différence un peu plus chaque jour ». Une différence que Jean-Charles Samuelian entend bien creuser en réalisant une levée de fonds de 185 millions d’euros à une valorisation de 1,4 milliards. « Cette levée de fonds va nous aider à accélérer sur plusieurs points : notre plan de recrutement à 400 personnes, atteindre un million de personnes couvertes d’ici 3 ans et investir dans le produit en France en créant les services d’automatisation pour gérer les grands groupes, en Espagne pour installer un service de conciergerie et en Belgique pour lancer un chat médical et une hot line psychologue. Ce que l’on veut, c’est mettre dans la poche de tous un vrai compagnon de santé. On veut que chaque membre d’Alan ait son “médecin privé”. ».

 

Retrouvez ici l’interview exclusive de Jean-Charles Samuelian :

 

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