Treize soldats américains ont été tués jeudi 26 août dans un attentat suicide suivi d’une fusillade devant l’aéroport de Kaboul, une attaque qui aurait été revendiquée par l’État islamique. Le bilan de l’attaque s’élève pour l’heure à 90 morts et plus de 160 blessés.

 

Selon l’AFP, l’État islamique a revendiqué l’attentat à l’aéroport de Kaboul. Les militaires sur place pensent qu’un seul kamikaze s’est fait exploser devant l’Abbey Gate, comme l’a déclaré le général Kenneth McKenzie, chef du commandement central américain, lors d’une conférence de presse jeudi après-midi.

Une quinzaine de soldats américains ont été blessés dans l’attaque, tandis que les États-Unis comptent toujours le nombre de victimes afghanes. Une deuxième bombe a explosé près de l’hôtel Baron, à l’extérieur de l’aéroport de Kaboul.

L’État islamique-Khorasan, la branche locale du groupe terroriste, a déclaré être à l’origine de multiples attentats à la bombe et assassinats et est soupçonné d’en avoir commis d’autres, comme l’attentat à la bombe contre une école pour filles en mai.

Les États-Unis ont annoncé qu’ils continueront à évacuer les Américains et les Afghans, faisant ainsi écho à une déclaration du secrétaire à la Défense, Llyod Austin : « Nous ne serons pas dissuadés de la tâche à accomplir ».

« Nous pensions que cela arriverait tôt ou tard », a déclaré le général McKenzie, « et nous nous attendons à ce que [ces] attaques continuent. »

Pour éviter d’autres attentats, les États-Unis se coordonneront avec les talibans, qui gardent le périmètre de l’aéroport, afin de fermer les routes qui pourraient être utilisées pour d’éventuels attentats suicides à la voiture piégée. Durant la conférence de presse, avant que l’État islamique ne revendique l’attentat, le général McKenzie a déclaré que les États-Unis trouveraient les auteurs de l’attaque à l’aéroport de Kaboul et « prendraient des mesures à leur encontre. »

Jeudi matin, plusieurs pays avaient élevé leur niveau d’alerte autour de l’aéroport de Kaboul. Un haut responsable de la Défense britannique a déclaré à Sky News, avant l’attentat, qu’il y avait un risque d’une « attaque imminente et mortelle ». L’ambassade des États-Unis à Kaboul a émis une alerte mercredi soir pour que les Américains présents à plusieurs portes d’entrée de l’aéroport « quittent immédiatement les lieux » en raison des menaces pour leur sécurité.

Le président américain Joe Biden a évoqué le risque d’une attaque à plusieurs reprises la semaine dernière. Il a par ailleurs utilisé cet argument pour justifier le non-report de la date limite du 31 août pour le retrait des troupes : « Chaque jour où nous sommes sur le terrain est un jour de plus où nous savons que l’État ismalique-Khorasan cherche à cibler l’aéroport de Kaboul ». Depuis que les talibans ont pris le contrôle du pays, des milliers de civils se sont rassemblés devant l’aéroport, créant ainsi une cible gigantesque pour une potentielle attaque. La foule elle-même est dangereuse. Selon Associated Press et le New York Times, au moins sept personnes sont décédées des suites d’une crise cardiaque, de suffocation ou d’écrasement par la foule, dont un enfant de deux ans qui a été piétiné à mort.

La France s’est engagée à accueillir « plusieurs centaines » d’Afghans supplémentaires, a déclaré jeudi 26 août le président Emmanuel Macron. Par ailleurs, l’ambassadeur français devrait bientôt quitter Kaboul.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Graison Dangor

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