Le Premier Ministre français, Édouard Philippe, a ouvert la voie mercredi à un traçage “volontaire” en France, via les téléphones portables, pour mieux lutter contre l’épidémie de coronavirus. Ce procédé, utilisé dans certains pays comme Singapour et surtout Israël, est pour l’instant interdit en France pour des questions de protection des libertés individuelles.

“Ces dispositifs en France n’existent pas parce qu’ils ne seraient pas légalement permis”, a dit Édouard Philippe, qui était auditionné par des députés dans le cadre une mission d’information parlementaire sur l’épidémie qui continue de s’entendre en France.


“On pourrait peut-être, sur le fondement d’un engagement volontaire, utiliser ces méthodes pour mieux tracer la circulation du virus et les contacts réalisés par chacun mais nous n’avons pas d’instrument légal”, a ajouté le chef du gouvernement, qui s’exprimait en visioconférence.

“Un tracking volontaire, c’est une question qui est à ce stade encore ouverte”, a-t-il ajouté.

Le Premier Ministre voudrait s’inspirer de l’exemple du gouvernement israélien qui a financé des applications mobiles pour vaincre le virus à dose d’algorithmes. L’une d’entre elles, explore la possibilité de détecter les cas infectieux avec le son de la voix.

Mais la plus connue se nomme “Hamagen“, le Bouclier en français, une application mobile lancée qui permet de recouper les trajets de personnes infectées avec ceux des usagers de l’appli. Le projet est parrainé par le ministère israélien de la santé qui donne en temps réel les données sur les personnes contaminées aux téléphones des utilisateurs de l’application. “L’appli compare votre géolocalisation à celle des patients infectés. Lorsqu’il y a un ‘match’ entre les deux, vous recevez un lien du ministère de la santé vous indiquant la marche à suivre”, à propos du dépistage par exemple, a expliqué le ministère à l’AFP. Hamagen permet aussi aux usagers d’anticiper leur trajet pour éviter des lieux trop exposés au virus. En moins d’une semaine, l’application a dépassé le million de téléchargements et les autorités tentent de vendre le concept à d’autres pays, selon la presse locale.

Selon les autorités israéliennes, avec Hamagen, la population n’est pas suivie à distance par les autorités, elle télécharge “volontairement” une application et les données sont stockées “uniquement sur l’appareil de l’usager”, note sur son blog Omri Segev Moyal, PDG de la start-up Profero qui a évalué l’application pour le compte du ministère de la Santé.