Le mini-Netflix est là. Annoncée depuis plusieurs mois, la plateforme de streaming vidéo en format court Quibi a fait son arrivée le 6 mars en France. Dans un contexte particulier et un secteur extrêmement concurrentiel, le service propose ses contenus gratuitement pendant trois mois, espérant convaincre le plus grand nombre.

Quibi est une plateforme imaginée pour un usage en mobilité. Appuyé par un financement de deux milliards de dollars, c’est sur un concept inédit que la nouvelle plateforme mise pour réussir son entrée sur le marché. Si elle part d’une idée originale, elle pourrait néanmoins connaître des débuts difficiles.


Un nouveau modèle de vidéo

Créée par deux géants de la tech, Jeffrey Katzenberg, co-fondateur de Dreamworks SKG et Meg Whitman, ancienne CEO d’eBay et Hewlett-Packard, la plate-forme Quibi est conçue pour un visionnage rapide. Dans le bus ou lors d’une pause sur son lieu de travail, elle mise sur la consommation de vidéos sur le pouce réalisées à l’aide d’outils optimisés pour la diffusion sur smartphone. Un concept qui n’a pas encore été investi par la concurrence, et qui pourrait constituer un véritable atout sur le marché. Les premières productions du service peuvent compter sur un certain nombre de figures de l’univers cinématographique, à l’image de Liam Hemsworth, Sophie Turner ou encore Idris Elba. Documentaires, comédies, sports, une cinquantaine de prestations sont déjà disponibles. Pour garantir le succès de son lancement, la plateforme offre également les trois premiers mois à ses utilisateurs. 

 

Un pari audacieux

Outre les mastodontes du secteur du divertissement que sont Netflix, Amazon Prime Video ou le nouveau venu Disney+, Quibi sera aussi en concurrence avec des services gratuits tels que YouTube, mais aussi Instagram ou TikTok, de par son format smartphone. La plateforme devra présenter un programme phare à la manière de ses concurrents si elle entend prospérer. Ce service de streaming “nomade”, avec des programmes courts spécifiquement conçus pour les téléphones mobiles mais “en qualité hollywoodienne” est souvent présenté comme un mini-Netflix. À la différence de ses homologues, les contenus de Quibi seront diffusés par tranches de dix minutes maximum, des “bouchées” (“quick bites” en anglais, abrégé en Quibi). Tous les programmes sont réalisés à la fois en format vertical et horizontal, passant automatiquement de l’un à l’autre lorsque le spectateur incline son téléphone. Si le concept est original, le moment choisi pour faire son entrée est délicat pour la start-up. Cette décision peut s’avérer quitte ou double, car si tout le monde est chez soi et bénéficie de plus de temps pour utiliser les services de streaming, le modèle Quibi est optimisé pour une utilisation dans les transports. Si la situation actuelle pourrait ne pas jouer en sa faveur, Jeffrey Katzenberg est confiant sur l’arrivée de son projet sur le marché : « En cette période difficile, nous avons une chance d’apporter du bonheur, de la joie et du rire entre les mains des gens ».

 

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