Connue pour ses cartes postales à distance, Fizzer, fondée en 2014, a adopté le “full-remote” pour tous ses collaborateurs. La start-up témoigne des bienfaits du télétravail permanent et généralisé. 

Disrupter le marché de la carte postale, il fallait oser. On devrait dire qu’ils fallait déjà surtout y penser. Fizzer s’y est attelé dès 2014. La start-up propose sur son site et son application d’envoyer des cartes personnalisées, depuis et vers n’importe quel endroit dans le monde pour un tarif unique. L’utilisateur peut choisir une carte à l’unité ou un pack puis il sélectionne son design parmi plus de 1 500 modèles proposés (chacun disponibles dans 7 langues), le personnalise avec ses photos et son message avant de le signer. Depuis ses bureaux en Normandie, la startup se charge ensuite d’imprimer, de mettre sous enveloppe puis d’envoyer chaque carte. En 2019, ce sont plus de 3 millions de cartes qui ont été envoyées en France ou dans le monde avec Fizzer, qui compte plus d’un million d’utilisateurs.


13 479 km : c’est la distance qui sépare les deux salariés les plus éloignés (Québec et les Philippines).

Un décalage horaire de 13h sépare deux collaborateurs installés à l’est des États- Unis et en Asie du Sud-Est.

Fizzer se démarque aussi pour son management. En effet, elle a adopté le full-remote, soit le télétravail intégral. “Le full-remote permet à chacun de travailler de manière plus efficace et favorise l’épanouissement de chacun, soutient déclare Baptiste Hamain, CEO de Fizzer. Assurer un tel équilibre entre vie privée et professionnelle a des impacts conséquents sur la productivité. Pour l’employeur, c’est également le moyen d’élargir son recrutement à l’international. Marco notre web developer travaille ainsi depuis chez lui au Canada.” Baptiste Hamain travaille d’ailleurs depuis Miami. Thibault Hagler, un des deux autres co-fondateurs est installé à Cracovie en Pologne. 

Travail asynchrone

Fizzer compte aujourd’hui 50% de ses 20 collaborateurs basés aux 4 coins de la planète. Ses équipes travaillent quotidiennement d’où et quand elles le souhaitent, sans contraintes géographiques. La startup a également la particularité de permettre à ses salariés de travailler en asynchrone, c’est à dire sur la plage horaire de leur choix.

8 : c’est le nombre de pays dans lesquels sont présents les salariés de Fizzer (France, Pologne, Canada, Thaïlande, Cambodge…), sur 3 continents au total.

Si le télétravail paraît plus propice pour les métiers du numérique (un ordinateur comme outil pour remplir ses missions), il se montre tout aussi approprié chez Fizzer pour les métiers “supports” tels que la comptabilité ou les ressources. Notamment, parce que ces fonctions là aussi s’appuient beaucoup surtout des outils en ligne. Comme l’explique Marine Porquet, Office Remote Manager : “L’entreprise s’appuie notamment sur des plateformes tels que Payfit pour la réalisation des fiches de paie, notes de frais ou congés, la mutuelle Alan qui permet des processus simplifiés et moins administratifs. La comptabilité est facilement gérée à distance avec un cabinet d’expert comptabilité avec des outils populaires comme Dropbox.”

Le télétravail n’empêche pas la cohésion 

Alors que les services RH ont tous les mots “team building” et culture d’entreprise à la bouche, est-il possible de créer un groupe soudé alors que ses employés sont éparpillés dans des fuseaux horaires différents ? Pour Fizzer, la réponse est “oui”. En s’appuyant sur des outils de visioconférence et de messagerie instantanée tels que Zoom et Slack, chacun est en contact permanent avec les membres de son équipe. De plus, deux séminaires sont organisés chaque année avec l’ensemble des salariés, l’un dans une capitale européenne et l’autre dans l’atelier normand de l’entreprise ou ailleurs en France. En plus de permettre d’échanger sur les temps forts à venir et de faire un bilan de l’activité, ils sont l’occasion de se retrouver pour un moment convivial. “Le full-remote nous permet de créer des liens encore plus forts que dans un bureau traditionnel, assure Baptiste Hamain. Nous organisons par exemple chaque semaine une “cafeteria virtuelle” durant laquelle nous échangeons durant une heure sur des thèmes variés (cinéma, cuisine, voyages…) hors travail afin de nous connaitre mieux.“

Ça vaut le coût

Un contrôleur de gestion avisé vous le dira : l’un des principaux intérêts de généraliser le télétravail est de limiter les frais fixes. Mais pour Fizzer, l’intérêt économique va plus loin. Selon la start-up, le full-remote est un garant de productivité : “Le télétravail requiert une forte autonomie. Chaque membre de l’équipe apprend à gérer ses projets de manière efficace. La fin du travail présentiel en bureau classique permet de se focaliser sur la rentabilité et la productivité avant tout et de mesurer principalement les résultats sans être conditionné par la mesure des heures de présence au travail”, analyse Baptiste Hamain. Et si le télétravail intégral était la meilleure parade au fléau du présentisme ? 

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