OPINION | L’intégration des économies nationales dans un système globalisé a représenté l’une des évolutions les plus importantes du siècle dernier, se traduisant par l’explosion des échanges entre les pays et par des exportations et importations qui représentent aujourd’hui plus de 50% de la production mondiale de richesses. Cette formidable expansion a toutefois créé des défis environnementaux face auxquels il est urgent d’apporter des réponses concrètes. La logistique est au cœur de ces enjeux et nous avons de vrais moyens d’agir.

Par Eddie Capel, CEO de Manhattan Associates


Si la croissance du commerce mondial peut être considérée comme un développement positif, répondant aux besoins de milliards de personnes dans le monde, elle soulève aujourd’hui de nombreuses questions. Des questions morales, éthiques et environnementales qui pourraient se résumer ainsi : « Même si nous avons toutes ces possibilités, est-ce pour autant que nous devons en profiter ? ».

Ces interrogations concernent la manière de consommer, mais aussi (et peut-être avant tout) la manière de gérer les chaînes logistiques – de plus en plus complexes – qui sous-tendent le commerce international.

Au cours des vingt dernières années, les Supply Chains ont bénéficié de gains immenses en termes de vitesse et d’efficacité, dans un contexte de contraction des marges et de recherche de performances toujours plus élevées. C’est grâce à ces gains que nous trouvons dans nos magasins des produits qui viennent du monde entier, ou que nous pouvons nous faire livrer dès le lendemain un article que nous achetons via notre smartphone.

L’optimisation des chaînes logistiques continue d’être toujours plus stratégique pour l’efficacité des entreprises et la satisfaction des consommateurs. Mais cette optimisation doit aujourd’hui prendre en compte des aspects environnementaux et sociétaux devenus prioritaires.  

 

Donner aux consommateurs les moyens d’acheter de manière plus responsable

Acheter en ligne n’a jamais été aussi facile et rapide qu’aujourd’hui. Mais les milliards d’achats réalisés sur internet sont loin d’être transportés de manière optimale, alors que nous avons une marge de manœuvre potentiellement immense pour améliorer les choses.

Que dire de ces situations typiques où des clients ayant fait des achats sur plusieurs jours (ou même sur une seule journée) voient défiler les livreurs à leur domicile… alors qu’une seule livraison groupée aurait été bien plus intelligente ?

Pourtant la technologie permet de le faire. Par exemple, il est tout à fait possible de permettre à un client de créer des commandes en mode « provisoire », de les modifier ou d’ajouter des articles jusqu’au moment du chargement dans le camion de livraison. Cette approche permettrait des économies considérables en termes de kilomètres parcourus et d’emballages, non seulement pour les livraisons mais aussi pour les retours de produits.

Il est essentiel de permettre aux clients d’agir directement sur les processus de préparation et de traitement de leurs commandes. Leur bon sens environnemental fera le reste.

 

Moins de vide dans les camions et dans les emballages

L’optimisation du chargement des camions est un autre sujet majeur. Il s’agit tout autant d’éviter que des camions prennent la route avec une remorque à moitié vide, que d’améliorer le chargement au niveau des palettes, et même au niveau des emballages.

Certains algorithmes permettent aujourd’hui d’augmenter jusqu’à +7% le taux de remplissage des camions. Ça n’a l’air de rien, mais pour un distributeur utilisant une flotte de plusieurs milliers de camions parcourant plusieurs millions de kilomètres chaque année, ces gains marginaux peuvent se traduire par une réduction très importante de l’empreinte carbone de l’entreprise.

Les technologies d’emballage intelligent et d’emballage à la demande permettent, quant à elles, de réduire significativement les colis inutilement surdimensionnés, et même de réduire au maximum l’air (espace vide) inutilement transporté dans un emballage. Là aussi, cela favorise un chargement optimisé et une diminution du nombre de camion sur les routes ou d’avions dans les airs

 

Transport plus intelligent et plus durable

Après le chargement, le transport. Les technologies d’optimisation des tournées ont permis des gains significatifs ces dernières années, notamment en définissant les itinéraires les plus pertinents en fonction de multiples facteurs (regroupement des points de livraison, consommation de carburant, etc.).

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle et le machine learning permettent d’aller encore plus loin dans l’optimisation en intégrant d’autres données. En prenant en compte, en temps réel, la météo, l’état du trafic, les données liées aux zones à faible émission des villes, mais aussi en étant capable d’accélérer les calculs de près de 80%, les outils de gestion du transport ne se contentent pas d’améliorer la performance de l’entreprise et la satisfaction des clients – ils agissent aussi au niveau de l’empreinte carbone.

 

Choisir les bons partenaires technologiques

Les outils informatiques sont de plus en plus performants et les puissances de calculs toujours plus élevées. Mais cela se traduit aussi par un impact beaucoup plus important en termes énergétique et environnemental.  

Le choix des partenaires technologiques est primordial pour s’assurer que cet impact est mesuré, contrôlé et optimisé. Choisir d’avoir son informatique dans le cloud apporte de grands avantages pour l’entreprise. Mais elle ne doit pas négliger l’engagement et la politique de son fournisseur en matière de développement durable.

 

Vers un futur plus durable

Le commerce mondial est vital pour le quotidien et le bien-être de milliards de personnes dans le monde. Les mouvements de marchandises ne seront jamais entièrement « verts », c’est évident. Mais cela ne signifie pas que qu’ils ne peuvent pas être plus vertueux. Alors que la COP26 vient d’avoir lieu, nous devons agir de manière responsable et proactive, et jouer un rôle actif pour un futur soutenable.

La préservation et la protection de l’environnement commencent par les petites décisions que nous pouvons tous prendre au quotidien. Parmi ces décisions, nous savons que celles liées à nos achats et notre mode de consommation sont déterminantes.

Permettre aux consommateurs de prendre des décisions d’achat plus responsables ; réduire toujours et encore les émissions de CO2 grâce au progrès de l’intelligence artificielle ; faire le choix de partenaires technologiques neutres en carbone ; et, plus généralement, concevoir des produits et des services contrés sur l’humain et la planète. C’est de cette manière que le commerce mondial peut continuer d’évoluer.


Par Eddie Capel, CEO de Manhattan Associates

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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